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Université franco-ontarienne: le gouvernement dit oui

La ministre ontarienne des Affaires francophones, Marie-France Lalonde
Radio-Canada

Le gouvernement de l'Ontario confirme qu'il ira de l'avant avec la recommandation de créer une université française de « taille modeste » au centre-ville de Toronto.

Le conseil de planification, qui avait été formé par la province pour étudier la faisabilité du projet sous la présidence de l'ex-commissaire aux langues officielles Dyane Adam, souhaite que la nouvelle université accueille ses premiers étudiants dès 2020.

 

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, espère que ce sera le cas, mais n'en fait pas la promesse.

C'est un moment historique. Il va y avoir une université franco-ontarienne en Ontario pour la première fois.

Marie-France Lalonde, ministre des Affaires francophones

La ministre Lalonde espère que le projet de loi à cet effet sera adopté avant les élections provinciales de juin prochain.

L'Ontario est la province qui compte la plus importante population de francophones à l'extérieur du Québec, soit plus de 610 000. Plus de 430 000 résidents de la région de Toronto parlent français, fait valoir le gouvernement. Or, à l'heure actuelle, l'Ontario a trois universités bilingues (Ottawa, Laurentienne et Glendon), mais aucun établissement universitaire purement francophone*.

Demande suffisante?

Le nombre d’étudiants devrait atteindre plus de 1000 étudiants équivalents à plein temps (EPT) dès 2023-24, et plus de 2000 étudiants EPT après une dizaine d’années d’existence (2028-29).Source : rapport du Conseil de planification pour une université de langue française en Ontario Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Toutefois, nombre des étudiants attendus à la nouvelle université viendraient, du moins au départ, d'autres universités et de l'étranger, selon le conseil de planification.

Par ailleurs, pour réduire les coûts, le nouvel établissement, qui serait appelé l'Université de l'Ontario français, partagerait des locaux et du personnel administratif avec le Collège Boréal à Toronto.

Son budget : environ 40 millions de dollars par année, estime le rapport. Le conseil de planification espère par ailleurs que le fédéral finance la moitié des coûts de démarrage de la nouvelle université, estimés à 83,5 millions de dollars sur 7 ans.

Une université en trois temps

La nouvelle université pourra compter sur l'appui des universités Ryerson et d'Ottawa pour sa création, selon le conseil de planification.

Le corps professoral serait composé de 18 membres dès le démarrage en 2018-2019, pour s’élever à 46 membres lors de l’accueil des premières cohortes d’étudiants en 2020-2021, et atteindre quelque 102 membres après onze ans d’existence en 2028-2029.Projections du nombre de membres du corps professoral Photo : Radio-Canada / Rapport pour une université de langue française en Ontario

Les premiers programmes seraient multidisciplinaires, portant sur les thèmes suivants : « pluralité humaine, environnements urbains, économie mondialisée et cultures numériques ».

  • 2018-2020 : démarrage du projet d'université, formation d'un conseil des gouverneurs, embauche d'une dizaine de professeurs;
  • 2020-2021 : accueil des premiers étudiants;
  • 2028-2029 : la nouvelle université atteindrait sa maturité et pourrait former un réseau provincial grâce à des partenariats avec d'autres institutions d'études postsecondaires.

Le rapport Adam :

Des décennies de revendication

Depuis des dizaines d'années, des membres de la communauté franco-ontarienne militent pour la création d'une université de langue française en Ontario.

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO), l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) avaient souhaité notamment la désignation d'un emplacement physique pour la future université et la création d'un conseil des gouverneurs.

Initialement, toutefois, ces groupes voulaient une université française dès 2018.

Réactions mitigées

La réaction de France Gélinas, députée du NPD et porte-parole de l'opposition aux Affaires francophones

France Gélinas, députée du NPD et porte-parole aux Affaires francophones, affirme que la proposition faite lundi n’est pas satisfaisante. « Ce qu’on a, présentement, c’est une recommandation de la docteure Dyane Adam de créer un campus principal à Toronto avec Boréal et que ce campus-là offre des services en français d’éducation universitaire dans le centre sud-ouest. Ce n’est pas ce qu’on veut! Ce que l’on veut, c’est une université pan-ontarienne! »

Gila Martow, porte-parole des Affaires francophones pour le Parti progressiste-conservateur.

Du côté des conservateurs, Gila Martow, elle aussi porte-parole aux Affaires francophones, suggère que cette nouvelle proposition du gouvernement libéral n'est rien de moins qu'une promesse électorale.

« On a une élection dans neuf mois. […] Est-ce que c’est seulement une promesse électorale vide? Ou est-ce vraiment quelque chose qui peut passer avec le gouvernement libéral? […] Ça fait 14 ans qu’ils sont au pouvoir. À neuf mois de l’élection, ils commencent à faire des promesses », selon elle.


*L'Université de Hearst est francophone, mais est affiliée à l'Université Laurentienne de Sudbury

Toronto

Éducation