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L'ENFFADA était à Winnipeg pour apprendre

Une femme tient des fleurs et une photo représentant Christine Wood, une jeune femme autochtone de Winnipeg portée disparue au printemps 2016. Les restes de Mme Wood ont été retrouvés près d'un an plus tard, dans un champ de la région.
Une femme tient des fleurs et une photo représentant Christine Wood, une jeune femme autochtone de Winnipeg portée disparue au printemps 2016. Les restes de Mme Wood ont été retrouvés près d'un an plus tard, dans un champ de la région. Photo: La Presse canadienne / John Woods
Radio-Canada

Les commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) ont passé les trois derniers jours à Winnipeg à essayer de faire le lien entre les lois canadiennes et le droit coutumier autochtone. Les commissaires ont reconnu humblement qu'elles ont appris beaucoup.

Il s'agissait de voir les liens entre la violence qui s'est abattue sur les femmes des Premières Nations et la situation juridique des Autochtones, issue du colonialisme canadien à leur égard.

« C'est notre éducation qui demeure à faire », a avoué la commissaire en chef, Marion Buller.

Selon elle, le thème central des échanges des derniers jours est « l'importance des femmes, des filles et du besoin de les protéger ».

« Nous avons découvert de nouvelles façons de vivre en paix les uns avec les autres... mais ce sont en fait des façons connues depuis longtemps », a-t-elle ajouté.

En somme, indique la commissaire Buller, l'objectif consiste à améliorer le travail de l'Enquête et des commissaires en tirant parti d'une meilleure connaissance du droit coutumier autochtone.

À cette fin, ces travaux préparatoires de l'ENFFADA ont été diffusés en ligne.

« Nous devons modifier nos croyances et en finir avec les perceptions erronées », estime Mme Buller.

Une autre commissaire, Michèle Audette, a confirmé les propos de sa collègue : l'ENFFADA effectuera ses travaux « par la lentille de ces lois ancestrales ».

La commissaire en chef, Marion Buller, affirme que l'ENFFADA maintient le cap.La commissaire en chef, Marion Buller, affirme que l'ENFFADA maintient le cap. Photo : Radio-Canada

Progrès rapides

Les commissaires ont par ailleurs dû répondre à plusieurs questions pressantes à propos de la structure financière de l'enquête et de l'avancement des travaux.

L'équipe de l'ENFFADA aurait ainsi dépensé « de 8 à 10 % » de son budget de 53 millions de dollars, a indiqué Marion Buller.

La commissaire en chef a également évoqué l'octroi d'une aide financière offerte aux gens désirant témoigner lors des audiences, ainsi qu'aux personnes les accompagnant, sans toutefois donner un montant précis.

Faut-il consacrer davantage de temps aux travaux préparatoires? Ou faut-il plutôt accélérer les choses? « Bien des gens m'ont dit que nous n'allions pas assez vite », a confirmé Mme Buller.

« Nous prévoyons continuer de suivre notre échéancier, mais nous voulons que nos travaux se déroulent mieux, à la lumière des témoignages recueillis cette semaine [à Winnipeg]. »

La commissaire Qajaq Robinson a pour sa part eu une réflexion plus directe : « Les pauses ou les remises à zéro, lorsqu'on vous impose un calendrier, sont très difficiles. Et c'est un problème qui nécessite des discussions supplémentaires. »

C'est une enquête qui est unique; c'est la première fois dans l'histoire du Canada que nous avons une enquête du genre. Et nous parlons non pas d'un seul peuple autochtone, mais de plusieurs Premières Nations, des Métis, des Inuits, les femmes incarcérées, les femmes à deux esprits, etc. Nous avons donc une diversité intellectuelle et émotionnelle majeure [...] et nous devons nous conformer à 14 décrets pour pouvoir ensuite remettre des recommandations.

Michèle Audette, commissaire

« Nous allons tellement vite... pourquoi croyez-vous que des gens nous quittent? », a-t-elle ajouté.

L'ENFFADA doit notamment s'arrêter à Maliotenam, au Québec.

Une enquête qui divise

Annoncée par le gouvernement de Justin Trudeau, l'ENFFADA suscite la controverse depuis sa mise sur pied, et ce, avant même le début officiel des audiences.

Les Premières Nations sont divisées sur la structure à adopter lors des travaux de l'Enquête; on reproche parfois à cette dernière le format des audiences, les lieux où celles-ci doivent se tenir et même la composition du groupe des commissaires devant chapeauter l'enquête.

Depuis sa mise en place, l'Enquête est accablée par les démissions, les débats sur l'ampleur de son mandat et par un problème d'image auprès des nations autochtones.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées 

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