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Vente aux enchères de cornes de rhinocéros en Afrique du Sud

Plusieurs hommes soutiennent un rhinocéros endormi dont la corne a été coupée.
Un rhinocéros sous tranquilisant après qu'on a coupé sa corne. Photo: Reuters
Reuters

La première et très controversée vente aux enchères de cornes de rhinocéros a commencé mercredi, en Afrique du Sud.

John Hume, le plus gros éleveur privé du pays, propose 264 cornes à la vente après avoir obtenu de la justice sud-africaine la levée du moratoire imposé depuis 2009 par le gouvernement sur le commerce intérieur de la corne.

Le commerce international de la corne de rhinocéros, comme celui de l'ivoire, reste interdit par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), un traité de l'ONU.

Mais vu qu'il n'existe pas de marché pour ce produit en Afrique du Sud, les organisations de protection de la nature soupçonnent que les cornes vendues aux enchères aboutiront illégalement sur les marchés chinois ou vietnamien, principaux débouchés pour les cornes issues du braconnage.

Plus d'un millier de rhinocéros sont tués chaque année par les braconniers dans les parcs nationaux et les réserves privées d'Afrique du Sud, sur une population de 20 à 25 000 animaux, soit 80 % du cheptel mondial.

John Hume, qui élève quelque 1500 rhinocéros blancs dans sa ferme située au sud-ouest de Johannesburg et en prélève les cornes tous les deux à trois ans en anesthésiant les bêtes, a d'ailleurs fait la promotion de son site d'enchères en mandarin et en vietnamien.

La corne, utilisée notamment en poudre pour la médecine traditionnelle asiatique, se vendrait au marché noir jusqu'à 60 000 $ le kilo, plus cher que l'or ou la cocaïne.

À lui seul, John Hume posséderait un stock de six tonnes de cornes, dont il met 500 kg aux enchères lors de cette première controversée.

Les éleveurs de rhinocéros sud-africains soulignent que l'opération consistant à prélever les cornes des animaux est indolore : composées de kératine, elles repoussent ensuite. Ils disent que l'argent de leur vente permettra d'améliorer la lutte contre le braconnage et la protection de l'espèce, aujourd'hui menacée.

Mais ces arguments sont balayés par les défenseurs de la nature qui notent que ces moyens bénéficieront surtout aux rhinocéros d'élevage, mais pas aux animaux sauvages qui seront à l'inverse davantage exposés.

Les éleveurs affirment aussi que la reprise des ventes légales permettrait d'inonder le marché et donc de faire chuter les prix, rendant le trafic moins rentable et le braconnage moins attrayant.

Mais leurs affirmations ne sont pas étayées par des faits, et les opposants à la légalisation du commerce font remarquer que le fait que le kilo d'ivoire ne coûte « que » 2000 euros (plus de 2900 $ CA) n'empêche pas le massacre des éléphants.

Ils notent aussi que la Chine et le Vietnam constituent à eux deux un marché de 1,5 milliard de personnes qu'il ne sera jamais possible de satisfaire, alors même que les initiatives se sont multipliées ces dernières années pour convaincre ces pays de combattre plus efficacement le trafic d'espèces menacées.

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