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  • Archives
  • L’adoption de la Charte de la langue française en 1977

    Asma Nur a 19 ans. Elle est au secondaire et espère devenir infirmière. Elle fait du bénévolat auprès des enfants du Boys & Girls Club de McCauley, à Edmonton, afin d'acquérir des aptitudes professionnelles qui, elle l'espère, lui serviront dans sa future carrière.

    Radio-Canada

    Le 26 août 1977, la Charte de la langue française, mieux connue sous le nom de « loi 101 », est adoptée à l'Assemblée nationale. Après des années de lutte pour la primauté du français dans la province, Québec accouche d'une politique linguistique des plus élaborées. Retour en archives sur cette journée qui passera à l'histoire.

    Ce soir, au Téléjournal, le Québec est officiellement unilingue

    Le présentateur Paul-Émile Tremblay

    Le 26 août 1977, le présentateur Paul-Émile Tremblay annonce l’adoption de la Charte de la langue française au Téléjournal de fin de soirée. La loi 101 a été adoptée quelques heures plus tôt, à 18 h, après quatre mois de débats à l’Assemblée nationale du Québec. Le présentateur détaille le vote : 54 voix « pour » et 32 « contre », soit tous les députés libéraux, unionistes ainsi que le créditiste devenu indépendant Camil Samson.

    De Québec, le journaliste Richard Vigneault résume cette journée historique. Il cite le père de la loi 101, Camille Laurin : « Désormais les Québécois sont en mesure de se préparer des lendemains qui chantent ». Ce dernier a été ovationné par la galerie, bondée pour l’occasion. Le journaliste revient aussi longuement sur le discours de troisième lecture du premier ministre René Lévesque, qu’il décrit comme empreint de modération.

    Selon le premier ministre, la loi 101 conserve aux anglophones du Québec le statut de minorité choyée

    Le journaliste Richard Vigneault

    Émission spéciale, 26 août 1977

    À l’instar des lois linguistiques qui l’ont précédée, la Charte de la langue française suscite de nombreuses controverses. Elle attise les passions et fait l’objet de contestations successives devant les tribunaux. Dans une émission spéciale diffusée le jour de l’adoption de la loi 101, Radio-Canada présente une rétrospective des politiques linguistiques au Québec. Dans son long reportage, le journaliste Claude-Jean Devirieux revient sur les contestations autour des lois 63 et 22, tant dans la population que parmi la classe politique. Puis, il s’attarde au projet de loi 101.

    Ce projet de loi confirme que le français est la langue officielle du Québec. La Charte aura pour but d’abolir une partie des privilèges de la minorité anglophone. Notamment, le libre choix de la langue d’enseignement.

    Le journaliste Claude-Jean Devirieux

    Le libre choix de la langue d’enseignement est sans contredit le point le plus chaud de toutes ces politiques linguistiques. Pour la loi 101, le journaliste évoque également la menace d’exode de sièges sociaux pour conserver l’anglais comme langue de travail. La question de l’immigration des autres provinces, traitée au même niveau que celle de l’étranger, soulève aussi les passions entre Pierre Elliott Trudeau et le gouvernement péquiste.

    40 ans plus tard, le débat s’est apaisé, mais n’a jamais complètement disparu de l’actualité. Et comme à chaque anniversaire, on souhaite faire une rétrospective de cette loi et en analyser les effets dans la société d’aujourd’hui.

    Les politiques linguistiques au Québec

    • Première véritable initiative législative en matière de langue au Québec, le projet de loi 63 suscite un fort mécontentement.
    • La Loi pour promouvoir la langue française au Québec, la loi 63, est adoptée sous le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand, le 20 novembre 1969. Bien qu’elle n’aborde principalement que la question de la langue d’enseignement, il s’agit alors de la politique linguistique la plus étoffée jamais adoptée au Québec.
    • Adoptée le 30 juillet 1974, la Loi sur la langue officielle, aussi appelée loi 22, remplace la contestée Loi pour promouvoir la langue française au Québec de 1969.
    • Elle s’inspire en partie des recommandations de la commission Gendron et témoigne de la volonté de concilier les aspirations de la majorité francophone avec les droits revendiqués par la minorité anglophone et les immigrants.
    • Avant même son adoption, le projet de loi 22 fait l’objet de vives critiques. Des députés libéraux anglophones affichent leur dissidence. Le Parti québécois soumet, en vain, un projet de loi annonciateur de certaines des grandes orientations de la future Charte de la langue française. Des groupes de pression, tant anglophones que francophones, manifestent leur désaccord avec vigueur.
    • Le 19 juillet 1974, le projet de loi 22 est adopté à 92 voix contre 10. Deux députés libéraux dissidents, deux députés créditistes et les six députés péquistes.
    • Le 1er avril 1977, le ministre d’État au Développement culturel, le docteur Camille Laurin, dépose à l’Assemblée nationale un livre blanc sur la politique québécoise de la langue française
    • Le projet de loi sur la langue française est déposé quatre mois après l’élection qui a porté au pouvoir le Parti québécois pour la première fois.
    • Le livre blanc devient officiellement projet de loi le 27 avril. Après 34 jours de débats en Chambre, la Charte de la langue française, ou loi 101, est adoptée le 26 août 1977.
    • Pour élaborer son livre blanc, Camille Laurin s’entoure de conseillers, tels le sociologue et écrivain Fernand Dumont, le sociologue Guy Rocher, l’ancien président de l’Office de la langue française, Gaston Cholette, et Henri Laberge.
    • Le 26 août 1977 est adoptée la Charte de la langue française, communément appelée « loi 101 ». Plus qu’une simple loi, elle apparaît comme un véritable projet de société, un acte d’affirmation linguistique et identitaire sans précédent dans l’histoire du Québec.
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