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Les municipalités s'activent pour bloquer l'accaparement des terres

Un tracteur sur un champ cultivé

68 municipalités du Bas-Saint-Laurent ont adopté une résolution afin de freiner l'accaparement des terres.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Plus de la moitié des municipalités du Bas-Saint-Laurent se mobilisent afin d'empêcher les investisseurs de spéculer sur les terres agricoles. Depuis juin, 68 conseils municipaux ont entériné une résolution visant à limiter à 100 hectares par année la superficie de terres agricoles qui peuvent être achetées par une société ou un particulier.

Un texte de Julie Tremblay

En plus des municipalités, six MRC sur huit ont elles aussi entériné cette résolution, proposée par l'Union des producteurs agricoles et la Fédération de la relève agricole du Québec. Les deux organisations souhaitent que les municipalités joignent leur voix à la leur devant « l'absence de volonté politique » du gouvernement provincial.

« Une ferme moyenne au Québec c'est 100 hectares. Ce qu'on propose, c'est qu'un individu ou une compagnie ne [puisse] pas acheter plus que 100 hectares par année. Ça éviterait qu'il y ait de la spéculation », explique le directeur général de l'Union des producteurs agricoles du Québec, Charles-Félix Ross.

« Ce n'est pas le genre d'agriculture qu'on veut »

Le maire de Sainte-Anne-de-La Pocatière, Rosaire Ouellet, affirme pour sa part que ce que fait Pangea, « ce n'est pas le genre d'agriculture qu'on veut sur notre territoire ». Il considère que si l'entreprise veut vraiment diversifier l'agricuture, elle doit acheter des terres qui ne sont pas encore en culture :

« On dit à ces gens-là : si vous voulez vraiment diversifier l'agriculture, venez nous voir, asseyez-vous avec nous, on va vous amener des idées, des projets et on va vous trouver des fonds de terre. »

Un champs de salades frisées rouges

Un champs de salades

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Hausse importante du prix des terres

En 2015-2016, le prix des terres a augmenté de 48 % au Bas-Saint-Laurent.

C'est un record, c'est la région où le prix des terres a le plus augmenté. Est-ce que c'est relié à Pangea? Nous on croit que oui.

Une citation de Charles-Félix Ross, directeur général, UPA

Pour l'une de ses transactions, à Saint-Germain-de-Kamouraska, Pangea aurait payé près de 60 % plus cher que le prix du marché, soit près de 3000 $ l'hectare, selon les estimations de l'UPA qui a comparé deux transactions qui ont été faites à huit mois d'intervalle.

Le président-directeur général de Pangea, Serge Fortin, affirme cependant que « personne n'achèterait une terre 60 % plus cher » et que son entreprise a payé le juste prix :

« Je pense que ce ne sont pas deux terres comparables. [..] Non seulement l'une a la moitié de la superficie de l'autre, mais la terre prise en comparaison avait quand même 25 % de boisé et du boisé à une valeur moindre qu'une valeur agricole », affirme-t-il.

Actuellement, Pangea affirme posséder 600 hectares de terres au Bas-Saint-Laurent, et elle souhaite acquérir une superficie totale de 1000 hectares au cours des prochaines années.

Un champs de céréales.

Un champs de céréales.

Photo : Getty Images / AFP/Pascal Pavani

Des investissements qui dérangent

Pour freiner ces transactions de terres agricoles, l'UPA poursuit ses représentations auprès du Fonds de solidarité FTQ et de la Caisse de dépôt et placement du Québec afin qu'ils cessent de soutenir Pangea, entreprise dans laquelle ils ont investi 10 millions de dollars chacun le printemps dernier.

Pangea constitue une « concurrence déloyale » pour les agriculteurs de la relève, selon l'UPA, qui considère illogique que les épargnants québécois investissent dans cette entreprise.

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