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Trump : piège pour un président seul

Donald Trump, vue de côté à la Maison-Blanche le 26 juillet 2017.

Plusieurs dirigeants ont quitté le comité-conseil présidentiel des exportations pour dénoncer diverses mesures prises par Donald Trump.

Photo : AFP / Mark Wilson

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la fin de ce qui a été la pire semaine de sa présidence, et après seulement sept mois à la Maison-Blanche, Donald Trump se retrouve plus isolé que ne l'a jamais été un président des États-Unis. En fait, il commence de plus en plus à ressembler au roi Lear de la pièce de Shakespeare, seul et coupé des siens, les longs monologues étant remplacés par des tweets.

Ça a été la pire semaine de sa présidence, parce qu’il a perdu son autorité morale en choisissant de mettre sur le même pied des militants néonazis et du KKK et les manifestants qui s’opposaient à eux à Charlottesville. Comme s’il pouvait vraiment y avoir beaucoup de « bonnes personnes » qui choisissent de passer un samedi après-midi à manifester avec des néonazis et des suprémacistes blancs.

C’était au point où les leaders militaires du pays ont cru bon de rappeler aux troupes que les événements de Charlottesville étaient intolérables et qu’il ne devait y avoir aucune place pour de telles idées dans les forces américaines. Ce qui était tout de même étonnant, vu les prises de position du commandant en chef.

Mais ça a surtout été une mauvaise semaine parce que son parti, qui avait été remarquablement fidèle malgré les hauts et les bas de Donald Trump, a commencé à l’abandonner. Ce dimanche, aucun membre de la direction du parti n’a accepté l’invitation des grands réseaux pour les traditionnelles émissions d’affaires publiques.

Des gens qui l’avaient appuyé très publiquement jusqu’ici, comme le sénateur Bob Corker, président du comité des affaires étrangères, ont commencé à dire que le président Trump n’avait peut-être pas la « stabilité ni la compétence » nécessaires pour accomplir ses fonctions.

Le départ de Bannon

À la Maison-Blanche, le départ du stratège en chef, Steve Bannon (Nouvelle fenêtre), n’est que le dernier en date après celui du conseiller aux affaires de sécurité nationale, du chef de cabinet, de son adjoint, du secrétaire de presse et de deux directeurs des communications. Jamais n’a-t-on vu de telles portes tournantes en quelques mois seulement.

Reste à voir si ce sera aussi les portes tournantes dans les politiques du président. Le départ de M. Bannon marque aussi celui du principal conseiller de M. Trump de la tendance « America First », soit la ligne dure sur l’immigration, les accords de libre-échange et la non-intervention dans les affaires internationales.

Premier signe de son départ, la nouvelle politique sur l’Afghanistan. M. Trump disait pendant la campagne électorale qu’il fallait abandonner ce combat coûteux et largement inutile. Aujourd’hui, il rejoint l’avis de ses généraux. Ce qui n’est pas surprenant, mais qui marque encore une volte-face pour son administration.

Cela arrive alors que se manifestent des signes inquiétants pour M. Trump : il y a des signes évidents que sa base électorale commence à s’effriter. Un sondage publié ce week-end montre que son appui est maintenant à moins de 40 % des électeurs, dans certains des États traditionnellement démocrates qui ont donné la victoire à M. Trump comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan.

Mais ce n’est pas fini pour Trump…

Sauf qu’il serait bien imprudent de penser que Donald Trump n’a plus de ressources. Par exemple, il a assez bien réussi à faire dévier le débat sur Charlottesville en controverse sur la présence de statues de héros sudistes de la guerre de Sécession. Et 62 % des Américains, dans un sondage, appuient le président pour dire qu’on devrait les laisser en place.

Mais, surtout, malgré toutes les difficultés du président, les démocrates semblent incapables de tirer profit de la situation. C’est en partie parce que le parti semble incapable de se renouveler et que ses dirigeants semblent être une gérontocratie échappée de l’ex-Union soviétique. À la Chambre des représentants, les deux leaders du parti, Nancy Pelosi et Steny Hoyer, ont respectivement 77 et 78 ans. Au Sénat, Chuck Schumer et Dick Durbin sont un peu plus jeunes, mais à eux deux, ils siègent au Congrès depuis 70 ans. Les électeurs sont bien en droit de se demander où est la relève…

Ils sont aussi en droit de se demander où sont les solutions des démocrates. À part se réjouir de l’incapacité des républicains de démanteler le programme d’assurance maladie, l’Obamacare, ils n’ont aucune idée de ce qu’ils devraient faire pour empêcher le président de lui couper les vivres et de le laisser imploser.

Reste que Donald Trump sort passablement affaibli de tous les événements des derniers jours. Il a prouvé que le problème à la Maison-Blanche ne vient pas de son entourage, de ses conseillers ou d’une mauvaise stratégie de communication. Les problèmes viennent de M. Trump lui-même et de personne d’autre. Et dans son parti comme auprès de sa base, c’est ce qui risque de lui faire le plus mal.

Le président américain Donald Trump de dos, se dirigeant vers l'hélicoptère présidentielle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président américain Donald Trump à son arrivée à l'Aéroport régional d’Hagerstown au Maryland, le 18 août 2017.

Photo : AFP / Saul Loeb

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