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Le chef héréditaire micmac de la Gaspésie songe à une poursuite pour déloger les pétrolières

Le Camp de la rivière regroupe de plus en plus de militants.

Le Camp de la rivière regroupe de plus en plus de militants.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

De passage au Camp de la rivière samedi, le chef héréditaire du Grand Conseil Micmac de la Gaspésie, Gary Metallic, a déclaré qu'il songe à entamer une démarche judiciaire pour s'opposer à l'exploration pétrolière dans la région.

Un texte de Léa Beauchesne et Laurence Royer

Alors que le conseil de bande local s'est détaché de l'action militante qui se déroule depuis le 6 août près des sites de forages de Junex, le chef traditionnel a quant à lui tenu réitérer son appui au mouvement anti-pétrole en se rendant en personne au campement pour y rencontrer les manifestants.

En tant que représentant des traditions micmaques, il souhaite créer une coalition entre tous les opposants à l'exploration pétrolière en Gaspésie.

On pense peut-être à une action judiciaire pour interpeller Québec à propos des supposés permis octroyés sur la terre de la Couronne aux compagnies pétrolières. Parce qu'il faut se rappeler : ce territoire n'a jamais été cédé [traduction libre].

Gary Metallic, chef héréditaire du Grand Conseil Micmac de la Gaspésie
Le chef héréditaire du Grand Conseil Micmac en Gaspésie, Gary MetallicAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef héréditaire du Grand Conseil Micmac en Gaspésie, Gary Metallic

Photo : Radio-Canada

Aucune démarche de reconnaissance des droits ancestraux ne serait en cours chez les Micmacs de la Gaspésie. Le professeur en droits autochtones de l'Université d'Ottawa, Jean-Paule Lacasse, explique que si une telle démarche est enclenchée, les Micmacs devront prouver par des faits historiques que leur occupation ancestrale était régulière.

Le camp prend de l'ampleur

Le campement érigé il y a près de deux semaines continue de grandir et d'accueillir de nouveaux militants dont le nombre atteignait une cinquantaine samedi.

Pour le moment, la Sûreté du Québec surveille sporadiquement les lieux, mais la situation pourrait changer puisque Junex sera en cours lundi à Québec pour une prolongation de sa demande d'injonction.

Les policiers surveillent sporadiquement le campement.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les policiers surveillent sporadiquement le campement.

Photo : Radio-Canada

De leur côté, les militants présents sur le site estiment qu'ils demeurent dans leur droit. Le porte-parole d’Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron, indique qu’une huissière, accompagnée par un agent de la Sûreté du Québec, s'est rendue au campement mercredi afin de leur présenter la demande d’injonction de Junex.

J'ai rencontré Mathieu Lavoie, vice-président aux opérations de Junex. Puis ce qu'il m'a dit, c'est qu'ils nous l'ont servie pour qu'on sache que si jamais on bloque le chemin, bien cette injonction-là va nous concerner.

Pascal Bergeron, porte-parole d'Environnement Vert Plus

Le mouvement de contestation a débuté le 6 août dernier alors que des militants masqués ont érigé une barricade pour empêcher l'accès au site Galt no 4 de Junex. Le Camp de la rivière a été mis sur pieds en parallèle, à quelques kilomètres de la barricade, et s'est tout de suite positionné comme un rassemblement pacifique.

Après avoir constaté des bris aux installations de Junex de l'autre côté de la barricade, la Sûreté du Québec a démantelé l'installation lundi soir et un membre de la nation Anishnabe de l'Ontario a été arrêté. Les militants du Camp de la rivière ont pu poursuivre leurs activités puisqu'ils ne nuisaient pas à la compagnie directement.

Freddy Stoneypoint a quant à lui été remis en liberté en attendant son retour en cours le 13 novembre prochain. L'étudiant de 29 ans de l'Université Carleton milite pour les Autochtones depuis plusieurs années. Il a notamment fait partie du mouvement de la mobilisation contre les célébrations du 150e anniversaire de la Confédération.

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