•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Semaine de la fierté à Moncton : « Toujours beaucoup de travail à faire »

Un défilé de la fierté LGBTQ+

Le défilé de la Semaine de la Fierté au coin des rues Main et Lutz à Moncton, en 2016

Photo : Gracieuseté / André Richard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La semaine de la fierté de Moncton, au Nouveau-Brunswick, commence samedi. Dix-sept ans après le premier défilé, le soutien populaire pour la communauté LGBTQ+ a décuplé, mais le combat de cette dernière pour ses droits est encore loin d'être gagné.

Les événements publics tenus par la communauté LGBTQ+ seront toujours d'actualité tant que des membres de cette communauté restent marginalisés, soutient Charles MacDougall, porte-parole de l'organisme Rivière de la fierté du Grand Moncton.

« Pour plusieurs gens, c’est un espace où ils peuvent s’affirmer, s'exprimer comme ils veulent sans avoir peur des répercussions. Pour d’autres, c’est un endroit pour briser l’isolement social, pour rencontrer d’autres personnes qui s’identifient comme eux, ou qui vivent des expériences similaires. »

Selon lui, c'est aussi une formidable plateforme pour se donner une voix au niveau politique. « Pour d’autres, c'est de faire connaitre leurs opinions, ce qu’ils veulent changer dans les systèmes qui nous entourent. »

Le coup d’envoi pour la Semaine de la fierté du grand Moncton est donné samedi à 11 h avec la levée du drapeau à l’hôtel de ville de Dieppe. Une balade à vélo est organisée en après-midi.

De plus, des activités sportives, des spectacles et des jeux marqueront cette semaine. Elle se concluera samedi prochain, jour du défilé de la fierté.

Le défilé de Moncton, 17 ans d'histoire

Plus de 3000 personnes ont assisté au défilé de la fierté à Moncton en 2016, selon les organisateurs.

Le premier défilé l'an 2000 n'avait rassemblé qu'une centaine de personnes, se souvient Art Vautour-Toole, qui était membre du comité organisateur.

Les invités de Tout un samediAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Art Vautour-Toole (à gauche), Sarah Jayne Doiron (centre) et Charles MacDougall (quatrième de gauche) étaient parmi les invités d'Anne Godin à l'émission Tout un samedi, le 19 août.

Photo : Radio-Canada / Tout un samedi

« À Moncton, on n'avait jamais célébré [...] avec une parade. Moi, j'étais tanné d'aller en dehors de la ville pour célébrer la fierté. »

Selon lui, même le club gai de la ville ne les a pas appuyés. « On s'est dit "Okay, on va le faire", mais le monde ne voulait pas », dit-il à une table ronde de l'émission radio Tout un samedi, d'ICI Acadie.

Au fil des années, Art Vautour-Toole, qui a 60 ans aujourd'hui, a subi son lot de préjugés. « J'en ai perdu des vitres, dans ma maison. [Ils cassaient] nos vitres. »

Personne ne pouvait sortir et dire : "Je suis gai". Même dans ce temps là, "tapette" était un mot populaire.

Une citation de : Art Vautour-Toole

Il s'est même marié avec une femme, pour demander un divorce trois ans plus tard.

« Je sentais que je ne vivais pas ma vie, mais de sortir et de dire que j’étais gai, dans les [années 1970], tu ne le disais pas. [...] On vivait deux vies. »

Pas un combat gagné d'avance

Art Vautour-Toole voit que plusieurs hommes hétérosexuels ne comprennent pas qu'il n'a pas les mêmes droits qu'eux, encore aujourd'hui. Il explique, par exemple, que les couples hétérosexuels peut se tenir par la main dans les lieux publics sans que personne ne les montre du doigt, mais non les membres de la communauté LGBTQ+.

« J’ai 60 ans, j’ai vécu à Moncton pour 40 ans, mais je n’ai jamais descendu la rue en tenant la main de mon mari. »

Charles MacDougall trouve qu'aujourd'hui, plusieurs jeunes de sa génération n'ont pas connu les combats de leurs prédécesseurs.

Il y a un problème intergénérationnel où les jeunes comme moi, on ne réalise pas que les générations antérieures se sont battues, ont vécu des moments de discrimination, d’inconfort.

Une citation de : Charles MacDougall, Rivière de la fierté du Grand Moncton

« C’est plus facile lorsqu’on pense au plan global, mais c’est sûr que je connais des gens de ma génération qui se sont fait éjecter de leur famille, qui ne parlent plus à leur tante, leur oncle, qui ont perdu des amis », dit-il.

Charles MacDougall, de Rivière de Fierté du Grand MonctonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Charles MacDougall, de Rivière de Fierté du Grand Moncton

Photo : Radio-Canada

Il apporte pourtant une nuance à sa propre situation.

« Je crois quand même que le fait que je suis un homme blanc, assez jeune, ça aide. »

Aujourd'hui, le travail se situe plutôt au niveau des personnes les plus marginalisés, selon lui. « Il y a toujours beaucoup de travail à faire avec les personnes transgenres, non binaires », conclut M. MacDougall.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !