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Des vêtements connectés montréalais bientôt dans l’espace

Une photo de Pierre-Alexandre Fournier, souriant, devant une toile très colorée.

Pierre-Alexandre Fournier a cofondé Hexoskin en 2006 avec son associé Jean-François Roy.

Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Radio-Canada
Mis à jour le 

Quand il a cofondé Hexoskin en 2006, Pierre-Alexandre Fournier était loin de se douter que ses vêtements intelligents allaient finir par équiper les astronautes de la Station spatiale internationale. Onze ans plus tard, son entreprise a pourtant fait un pas de géant vers le marché convoité de l'équipement sportif de haut niveau et elle s'apprête à décoller vers l'espace.

Un texte de Karl-Philip Vallée

Hexoskin est parmi les jeunes entreprises montréalaises qui ont connu le plus de succès dans les dernières années. Née d’un projet modeste imaginé par Pierre-Alexandre Fournier et Jean-François Roy, l’entreprise a connu une expansion qu’envient sans doute beaucoup de jeunes pousses, comptant aujourd’hui 25 employés et une trentaine d’actionnaires.

Au cœur de ce succès : les vêtements intelligents conçus par Hexoskin pour mesurer toutes sortes de signes vitaux et de mouvements du corps.

« Nous avons d’abord démarré l’entreprise en pensant nous concentrer sur l’intelligence artificielle en santé, puis nous avons vu un besoin de créer des objets pour capter les données, explique Pierre-Alexandre Fournier. Ces objets sont devenus des vêtements par la suite. »

Une photo montrant une camisole bleue sur un mannequin en plastique avec, en arrière-plan, des employés qui travaillent à l'ordinateur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un prototype de camisole intelligente sur laquelle travaillent les employés d'Hexoskin.

Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Un électrocardiographe, un capteur de respiration et un capteur de mouvement, brodés à même les chandails d’entraînement, permettent d’effectuer les mesures en temps réel. Les données sont transmises à un appareil mobile par le biais d’un émetteur situé dans une poche, sur le côté.

Les vêtements d’Hexoskin peuvent mesurer, entre autres, le rythme cardiaque, le nombre de respirations par minute, le volume d’air dans les poumons, la consommation maximale d’oxygène (VO2 max), le nombre d’enjambées par minute et même la qualité du sommeil.

Ces données et de nombreuses autres sont consignées dans un dossier électronique personnel qui présente le tout sous forme de graphiques et de tableaux afin de permettre à l’utilisateur de suivre sa progression dans le temps.

« Nous avons mené plusieurs études de validation pour comparer avec des appareils médicaux et nos clients ont mené des études indépendantes, précise M. Fournier. Les résultats montrent que nos données sont très fiables. »

Athlètes, astronautes, militaires

« Nos clients sont surtout des athlètes d’élite et des professionnels de la recherche en santé, mais nous avons aussi des consommateurs passionnés qui se sont procuré des vêtements », indique M. Fournier, qui a lui-même participé à des compétitions de natation en tant qu’athlète et entraîneur dans le passé.

Les sœurs Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe, qui ont brillé aux derniers Jeux olympiques d’hiver, à Sotchi en 2014, ont été parmi les premières athlètes à bénéficier des sept années de travail qu’a nécessité la conception des vêtements d’Hexoskin.

Les données fournies par les appareils mis au point par M. Fournier et son équipe sont une mine d’or pour les sportifs qui cherchent à optimiser leur entraînement, mais elles peuvent aussi servir à d’autres professionnels. Hexoskin compte parmi ses clients des services policiers, des forces militaires et même des agences spatiales.

Une photo montrant trois employés d'Hexoskin en train de travailler à l'ordinateur, devant une baie vitrée très lumineuse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hexoskin compte aujourd'hui 25 employés.

Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

« Nous travaillons actuellement avec l’Agence spatiale canadienne et la NASA pour amener notre technologie de vêtements biométriques dans la Station spatiale internationale en 2018, explique Pierre-Alexandre Fournier. Nous avons très hâte de voir la fusée décoller. Ce sera un grand événement pour toute l’équipe! »

La fabrication de vêtements pour des astronautes présentait toutefois un défi important puisque Hexoskin devait intégrer beaucoup plus de capteurs au tissu, selon M. Fournier. L’équipe a aussi dû suivre les normes qui s’appliquent aux vêtements qui s’envolent vers l’espace.

Et le grand public?

Malgré ce défi spectaculaire, Pierre-Alexandre Fournier garde les deux pieds sur terre. « Nous sommes très heureux de participer au grand projet de l’exploration spatiale, mais notre premier objectif est de [venir en aide aux] familles dans lesquelles un des membres veut améliorer sa santé, et de rendre la santé plus accessible à tous. »

Un mur sur lequel est inscrit Hexoskin en lettres bleues. En avant-plan, un employé travaille sur un ordinateur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hexoskin travaille aujourd'hui à concevoir des vêtements intelligents pour soigner des personnes malades à distance.

Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

Pour 399 $ US (environ 505 $ CA), n’importe qui peut donc se procurer une camisole intelligente sur le site d’Hexoskin. « Les vêtements sont très confortables, assure M. Fournier. Nos clients nous disent souvent qu’ils oublient qu’ils les portent. » Les vêtements se lavent sans risque à la machine, pour peu que l’on retire l’émetteur intégré.

L’entreprise s’affaire par ailleurs à développer des produits qui permettront à terme d’offrir plus de services de santé à la maison, tant en personne qu’à distance, afin d’améliorer la vie des personnes à la santé fragile et du grand public.

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