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Le bar rayé sous haute surveillance

Un bar rayé
Un bar rayé Photo: Radio-Canada

Un permis de pêche scientifique au bar rayé est désormais disponible pour le bassin versant de la rivière Restigouche. Les prises seront conservées afin d'analyser la diète des poissons.

Un texte de Joane Bérubé

Le Conseil de gestion du bassin versant de la rivière Restigouche explique que cela permettra de vérifier si le bar est effectivement un prédateur du saumon de l’Atlantique.

Il a fallu plusieurs démarches et quelques semaines au Conseil de gestion du bassin versant pour obtenir ce permis scientifique.

Malheureusement, plusieurs camps de pêche ont déjà fermé leurs portes en raison du niveau d’eau qui est extrêmement bas.

« Il est peut-être un peu tard pour cette année, puisqu’il y a de moins en moins de pêcheurs sur les rivières pour lesquelles on a demandé un permis scientifique », souligne David LeBlanc, biologiste et directeur général du Conseil de gestion du bassin versant de la rivière Restigouche.

Même si l’étude ne fait que commencer, M. LeBlanc évalue qu’il y a cette année 10 fois plus de captures de bars rayés qu’en 2016.

Des bars plus nombreux, partout

L’an dernier, moins d’une dizaine de bars avaient été pêchés pendant la saison dans les rivières Matapédia et Restigouche. Cette année, depuis le début de l’été, 45 bars ont été pêchés, et la saison ne se termine qu’en septembre.

C’est sûr que faire face à un prédateur comme ça en rivière, c’est préoccupant. C’est un enjeu qui s’ajoute à tous ceux auxquels le saumon doit faire face.

David LeBlanc, biologiste et directeur général du Conseil de gestion du bassin versant de la rivière Restigouche

Un pêcheur a même attrapé un bar rayé à 97 kilomètres de l’embouchure de la Matapédia.

« On observe aussi récemment une répartition beaucoup plus grande de son aire de distribution, autour de la Gaspésie, en rivière », relève M. LeBlanc.

Un bar rayé, marqué à la rivière Miramichi, a été retrouvé dans la rivière Rimouski, et un autre a été repéré sur la côte sud de Terre-Neuve, rapporte M. LeBlanc. Le bar a aussi été pêché sur la Côte-Nord cet été.

Demandes de nouvelles mesures

Le Conseil de gestion du bassin versant souhaite que l’étude qui a cours cet été puisse être reconduite dès le début de la saison de pêche prochaine.

L’organisme demande aussi à Pêches et Océans que tous les bars rayés pêchés en rivière, peu importe leur longueur, soient conservés et disséqués.

Un pêcheur taquine le saumon sur la rivière Southwest Miramichi, au Nouveau-Brunswick.La pêche au saumon occupe une place importante dans l'économie de la Miramichi, au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Le bar rayé qui fréquente le versant gaspésien de la baie des Chaleurs fraie sur la rivière Miramichi, située en face sur les côtes du Nouveau-Brunswick. « C’est une situation plus critique que la nôtre du fait que le bar rayé se retrouve sur les frayères de la Miramichi au moment même où les saumoneaux quittent la rivière », explique David LeBlanc.

Des données semblent indiquer un impact important sur le taux de survie des saumoneaux au printemps lorsqu’ils sont en migration.

Il n’y a pas de preuve que le bar rayé se reproduit dans les rivières de la Gaspésie. Le poisson se reproduit en surface dans des cours d’eau profonds à débit très lent. « C’est une reproduction très différente du saumon, mais je ne crois pas que les cours d’eau soient susceptibles d’être des frayères », observe le biologiste.

Stock en reconstruction

Quelque 318 000 individus fréquentent la frayère de la Miramichi selon les données de 2016 de Pêches et Océans Canada, ce qui en ferait la population la plus importante depuis le début des années 1990.

Le ministère souligne qu’il a atteint son objectif de rétablissement de la population pour une 6e année consécutive.

Le bar rayé est une espèce indigène, dont l’état est toujours considéré comme préoccupant, puisqu’il n’y en a qu’une seule de répertoriée, soit celle de la Miramichi. Il n’y a plus de pêche commerciale depuis 1996. Les pêcheurs sportifs du sud du golfe peuvent conserver deux prises par jour jusqu’au 31 août.

L’espèce a été aussi réintroduite au nord du golfe Saint-Laurent. Le bar rayé du fleuve Saint-Laurent est protégé par la Loi sur les espèces en péril et par le Règlement de pêche du Québec. La pêche est interdite sur le territoire. Une étude est en cours pour évaluer la population.

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