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Les informations confidentielles de plusieurs patients trouvés au dos d’une ordonnance

Un homme montre un papier à la caméra

Eddie Soltani et l'ordonnance en question

Photo : Radio-Canada / Lisa Xing/CBC News

Radio-Canada

Un homme de Toronto a remarqué, au dos d'une ordonnance, qu'il y avait les informations confidentielles de dizaines d'autres patients.

Un texte de Philippe de Montigny

Celui-ci est préoccupé pour la vie privée des patients du médecin de famille qui a émis ladite ordonnance.

La femme d’Eddie Soltani avait un rendez avec son médecin de famille, Dr Michael Lai, au centre-ville de Toronto, le mois dernier.

Lorsqu’ils se sont rendus dans une pharmacie pour obtenir les médicaments, l’époux a remarqué qu’au dos de l’ordonnance figuraient les noms, les dates de naissance et les numéros d’assurance maladie d’une soixantaine de personnes.

Une photo d'une ordonnance

L'ordonnance en question

Photo : Radio-Canada

M. Soltani s'est immédiatement demandé s’il s’agissait d’une liste de patients du Dr Lai. Malheureusement, il n’a pas eu de réponse ferme à cette question.

J’étais nerveux. J’avais entre les mains des informations qui ne devraient pas être en ma possession. Et mon épouse est une patiente dans cette clinique. Qu’en est-il de ses informations personnelles? Sont-elles bien protégées?

Eddie Soltani

M. Soltani a d’abord contacté le département des fraudes à l’Assurance-santé, qui a répondu selon lui qu’il ne s’agissait pas d’un cas de fraude, et ensuite Service Ontario, qui l’a référé au Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario. Il affirme avoir appelé le bureau du Commissaire, qui lui aurait dit ne pas pouvoir enquêter sans recevoir de plainte officielle.

Une feuille de papier floutée

La liste des patients, au dos de l'ordonnance, a été floutée pour des raisons de confidentialité

Photo : Radio-Canada

« Ça me dépasse. Je fais tous en mon pouvoir pour protéger mes informations personnelles. Oui, je protège ces morceaux de plastique, mais qui protège ces informations en coulisses? », demande-t-il.

Le bureau du Commissaire a déclaré par courriel qu’il n’a aucune trace de cette conversation avec M. Soltani mais que, dans un cas comme celui-ci, la protection des renseignements des patients serait une priorité.

Nous aurions contacté le médecin pour découvrir comment une telle erreur s’est produite et empêcher que ça ne se reproduise. Nous nous assurerions aussi que tout patient touché par la fuite en soit informé

Tiffanie Ing, porte-parole, bureau du Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario

Mme Ing ajoute que le bureau du Commissaire n’a pas besoin d’une plainte officielle pour agir et que tous les renseignements reçus sont traités de manière égale.

Le portrait d'une femme

Ann Cavoukian

Photo : Radio-Canada

« Absolument inapproprié »

Ann Cavoukian, une ancienne commissaire à la vie privée, affirme que, même sans plainte officielle, « des actions devraient être entreprises » pour informer les patients touchés dans cette affaire.

Les renseignements personnels sur la santé n’appartiennent à nul autre que vous-mêmes et votre médecin. Alors, si quelqu’un d’autre y a accès, c’est absolument inapproprié

Ann Cavoukian, ancienne commissaire à la vie privée de l’Ontario

Mme Cavoukian ajoute que ces renseignements peuvent en dire long sur une personne et peuvent affecter leur carrière et d’autres aspects de leur vie.

Nous avons tenté de contacter Dr Lai, qui n’a pas nié les allégations de M. Soltani mais qui a tout de même refusé de nous accorder une entrevue.

« Ça doit être une erreur. Je suis désolé. Aucun commentaire », a affirmé le médecin, avant d’entrer dans sa clinique.

L’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario affirme que le médecin de famille n’a pas d'antécédents disciplinaires et qu’il n’a reçu aucune plainte qui le concerne. L’Ordre a refusé de commenter cette atteinte présumée à la protection de la vie privée.

Toronto

Santé