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  • Archives
  • Le sort des réfugiés haïtiens au Canada en 1974

    Le 60, 22 octobre 1974

    Les milliers de demandeurs d'asile haïtiens qui affluent à la frontière canadienne sont au cœur de l'actualité des dernières semaines. Entre 1967 et 1976, le Québec a connu une première vague migratoire d'Haïtiens. Retour en archives sur l'accueil réservé à ces migrants, fuyant pour la plupart le régime des Duvalier.

    Le 22 octobre 1974, le magazine Le 60 s’intéresse à la situation des Haïtiens réfugiés au Québec. La famille Duvalier règne alors depuis 17 ans en Haïti. Jean-Claude Duvalier a succédé à son père et maintient un régime autoritaire.

    C’est donc pour améliorer leur sort et, pour quelques-uns d’entre eux, fuir la répression que des milliers d’Haïtiens se sont réfugiés ici au Canada et plus précisément au Québec, où les conditions de vie sont meilleures, bien que parfois troublées par les tracasseries policières.

    Pierre Nadeau

    Le journaliste Pierre Nadeau s’entretient avec quelques réfugiés politiques installés à Montréal. Ils confient leur crainte de devoir retourner en Haïti. Leur inquiétude est légitime. 1500 Haïtiens sont menacés de déportation durant cette période, car ils sont en situation illégale au Canada. Parmi ces migrants, un homme, jeune père d’une Canadienne de 4 mois, dont l’épouse est une immigrante reçue avec tous ses documents en bonne et due forme.

    Devant cette vague migratoire d’envergure, le délai de traitement des demandes de résidence est énorme. De nombreux Haïtiens décident de rester au pays malgré l’échéance de leur visa de visiteur, ce qui en fait des immigrants illégaux.

    Le reportage se penche ainsi sur les droits et les devoirs du gouvernement canadien. Dans la communauté, on réclame un programme spécial pour faire face à cette situation particulière. Le journaliste Charles David parle du droit formel du gouvernement de rejeter un certain nombre d’immigrants, mais également du problème de conscience qui se pose.

    Le reportage se termine sur la déportation d’un réfugié politique qui a choisi de prendre le chemin de la France plutôt que de retourner à Haïti.

    Introduit en 1973, le programme de rectification de statut du gouvernement de Pierre Elliott Trudeau servira d’amnistie à de nombreux migrants, qui accéderont ainsi au statut d’immigrant reçu.

    Reste à voir à présent de quelle façon la vague migratoire de 2017 sera gérée par le gouvernement actuel.

    Haïti : de Papa à Bébé Doc

    • Pendant 28 ans et 5 mois, François Duvalier (de 1957 à 1971), puis son fils Jean-Claude (de 1971 à 1986), dirigent un régime autoritaire en Haïti.
    • En 1971, Haïti compte près de 5 millions d'habitants. Il détient alors le plus bas revenu par habitant de toute l'Amérique.
    • Jean-Claude Duvalier et son cabinet ministériel vont maintenir le climat de terreur instauré par François Duvalier, avec l'aide de l'armée et de la milice des « tontons macoutes ». Pendant leur règne, des milliers d'Haïtiens vont fuir leur pays et s'installer dans des grandes villes nord-américaines comme New York, Boston et Montréal.
    • Sous le règne de Jean-Claude Duvalier, le développement économique d'Haïti découlera principalement de la contribution directe ou indirecte des États-Unis.
    • Entre 1975 et 1980, l'aide internationale à Haïti passera de 60 à 100 millions de dollars. Malgré les subventions étrangères accordées au gouvernement, le pays va continuer à s'appauvrir.
    • Le 7 février 1986, vers 3 heures du matin, le président haïtien Jean-Claude Duvalier et ses proches quittent Haïti à bord d'un avion de l'US Air Force.
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