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Boxe identitaire et groupes nationalistes « décomplexés » à Québec

Entrevue avec Maryse Potvin, professeure et sociologue, spécialiste du racisme et de l'extrême droite à l'UQAM
Radio-Canada

Les groupes identitaires associés à l'extrême droite sont « de plus en plus décomplexés » et n'hésitent plus à s'afficher ouvertement. Et c'est peut-être mieux ainsi, estime le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV).

Un texte de Carl Marchand

« Je préfère qu’ils viennent dans l’espace public, qu’on les combatte sur les idées. Je ne veux pas de groupes d’extrême droite qui vont agir dans l’anonymat et la clandestinité. Tant mieux qu’ils viennent dans l’espace public », lance Herman Deparice-Okomba, directeur général du CPRMV.

Ça fait partie des règles de la démocratie. Si on veut les écouter, qu’ils s'organisent en formation politique. Qui va les juger? Ce sera les Québécois. À la fin, je pense que les Québécois vont les sanctionner.

Herman Deparice-Okomba, directeur général du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence

Herman Deparice-Okomba, directeur général du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violenceHerman Deparice-Okomba, directeur général du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence Photo : Courtoisie / CPRMV

L'organisme dit recevoir de plus en plus d'appels à leur sujet. De 70 l'an dernier, le nombre atteint maintenant plus de 150, ajoute M. Deparice-Okomba. Dans une vingtaine de cas, on faisait état de « menaces sérieuses à la sécurité publique ou de personne. »

« Les gens appellent parce qu’ils ne tolèrent plus ce discours. Les Québécois réagissent en les dénonçant, en nous demandant de faire quelque chose », analyse-t-il.

« Pépinières de la haine »

Raphaël Lévesque alias « Raf Stomper » devant le logo d'un club de boxe identitaireRaphaël Lévesque alias « Raf Stomper » devant le logo d'un club de boxe identitaire Photo : Facebook / Raf Stomper

Atalante-Québec tenterait également de créer un club de boxe identitaire. L’un de ses leaders, Raphaël Lévesque, qui utilise le pseudonyme Raf Stomper sur Internet, a affiché une photo sur les réseaux sociaux avec le logo du club Phalange en arrière-plan.

Joint au téléphone, M. Lévesque a refusé de discuter de la question avec un journaliste de Radio-Canada.

« Lorsqu’on me parle de club identitaire, ça commence à m’inquiéter. On a vu en Europe des groupes extrémistes qui vont créer ces groupes-là qui vont devenir des pépinières de la haine. Ça demande à ce qu’on soit davantage vigilants », insiste Herman Deparice-Okomba.

« J’ai l’impression que ça pourrait être légitime pour les instances municipales d’empêcher que ce club-là existe », renchérit Maxime Fiset, agent en prévention au CPRMV.

L'entrevue d'Anne-Marie Dussault avec Jean-Marc Léger, président et fondateur de Léger

Lorsqu’il est question d’ouvrir un club qui s’appelle la Phalange, qui est baptisé comme un groupe fasciste des années 1930, je ne pense pas que ce soit une manière légitime de gagner sa vie, je pense qu’il s’agit d’une méthode pour faire de la propagande et entraîner des personnes violentes.

Maxime Fiset, agent en prévention au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence

Discours haineux : pas de retour du projet de loi

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, perçoit elle aussi une montée de l'intolérance.

« On la voit sur les médias sociaux, on la voit dans la société. On a tous un travail pour la dénoncer, pour ne pas accepter que de tels propos puissent sévir, parce que des propos de haine mènent parfois à la violence, et ça, c’est tout à fait inacceptable dans une société libre et démocratique », a-t-elle commenté au micro de Première heure.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, parle au micro lors d'une conférence de presse.La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pas question cependant de tenter de légiférer afin de contrer les discours haineux. Un projet de loi en ce sens n'a pas rallié toutes les formations politiques à l'Assemblée nationale au printemps 2016. Ses opposants craignaient qu'il restreigne la liberté d'expression.

« À court terme, ce n’est pas dans les cartons, parce qu’on revient à ces mêmes débats », indique la ministre Vallée.

Avec les informations de Maxime Corneau

Québec

Société