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Les entreprises canadiennes prêtes à s'adapter à une renégociation de l'ALENA

L'usine de Terrebonne Au Dragon Forgé

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

Radio-Canada

Les entreprises canadiennes ont les yeux rivés sur Washington alors que commencent les discussions en vue de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Devant les visées protectionnistes de l'administration Trump, certaines d'entre elles se préparent au pire et envisagent de transférer une partie de leur production aux États-Unis.

Un texte d'Olivier Bachand

Au fil des ans, le fabricant de pièces d'acier Au Dragon Forgé, de Terrebonne, a soudé une relation solide avec les Américains. Aujourd'hui, 85 % du chiffre d'affaires de l'entreprise dépend du commerce avec les États-Unis.

Dans ces circonstances, la renégociation de l'ALENA sera suivie attentivement.

C'est sûr qu'il y a de l'incertitude, c'est sûr qu'on est seulement à un tweet que tout ça change.

Jean-François Boursier, chef de la direction financière du Groupe ADF

L'entreprise ne s'inquiète pas trop pour l'instant, puisqu'elle a l'habitude des mesures protectionnistes au sud de la frontière. En vertu du Buy American Act, l'acier utilisé dans les projets d'infrastructure publics doit déjà provenir des États-Unis.

C'est pourquoi Groupe ADF a construit une usine à Great Falls, au Montana, il y a quelques années. « Avec cette usine et nos employés aux États-Unis, s'il y a des projets d'infrastructure publics, on est capables de soumissionner », affirme M. Boursier.

À l'heure actuelle, un peu plus de 400 employés travaillent dans les installations de l'entreprise à Terrebonne.

Entrevue avec Carl Grenier

La grande majorité des pièces qui y sont fabriquées sont aussi destinées au marché américain, mais à des projets du secteur privé.

Si jamais des tarifs étaient imposés sur l'acier provenant du Canada, et qu'ils plombaient la compétitivité du Groupe ADF en sol américain, l'entreprise pourrait délocaliser une partie de sa production au pays de Donald Trump.

On peut agrandir l'usine de Great Falls si le besoin se faisait sentir, si on voyait qu'il y avait une plus grande pression. Mais au moment où on se parle, ce n'est pas dans nos plans à court terme.

Jean-François Boursier

Le coup d'envoi officiel des pourparlers entre les États-Unis, le Canada et le Mexique est donné à 9 h 30, à Washington, avec les discours d’ouverture des trois pays.

Les discussions de cette semaine sont dirigées par le représentant américain au Commerce américain, Robert Lighthizer, qui devrait adopter une position très dure, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le ministre mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo.

Cette première de sept rondes de négociations de l’ALENA prend fin dimanche.

Un pied au Canada, l'autre aux États-Unis

D'autres entreprises envisagent aussi de s'établir en sol américain pour échapper à d'éventuelles mesures protectionnistes.

C'est le cas de Khrome, dont l'usine de Drummondville fabrique des composantes destinées aux systèmes de transport en commun, comme des sièges pour les trains de banlieue.

L'immense majorité de ses revenus, soit 95 %, provient de contrats conclus avec les Américains.

La renégociation de l'ALENA est un incitatif supplémentaire pour ouvrir une nouvelle usine aux États-Unis, surtout si de nouvelles mesures protectionnistes viennent changer la donne.

On a déjà un plan actuellement de s'installer et de produire nos systèmes aux États-Unis, mais c'est sûr que tout ça viendrait accélérer cette stratégie-là, pis on n'aurait certainement pas le choix de faire des transferts de production du Canada vers les États-Unis.

Martin Dufour, PDG de Khrome

L'homme d'affaires, qui possède aussi une firme d'ingénierie, veut embaucher du nouveau personnel au sein de ses deux entreprises qui sont en pleine croissance, mais l'incertitude actuelle refroidit ses ardeurs. « C'est sûr qu'on n'est pas à pleine vitesse. On ne va pas à la vitesse de croisière. »

Inquiétudes dans l'industrie du camionnage

L'industrie du camionnage serait frappée de plein fouet par de nouvelles barrières tarifaires et des transferts de production en sol américain, qui feraient baisser le volume de marchandises transportées au sud de la frontière.

Au Groupe Robert, le tiers du chiffre d'affaires est tributaire des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis.

« Si on n'a pas de produits à exporter, ou disons une grosse diminution, notre flotte de camions va être moins nombreuse pour aller aux États-Unis », indique le vice-président aux affaires de l'entreprise, Jean-Robert Lessard.

L'avenir de milliers d'entreprises et de leurs employés est maintenant entre les mains des négociateurs canadiens.

Donald Trump, président des États-Unis  

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