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Dans les lacs, la truite s'adapte aux changements climatiques, selon une étude

Une truite de lac.

La truite de lac ferait preuve d'une remarquable capacité à s'adapter aux réchauffements des eaux dans lesquelles elle évolue.

Photo : Matthew Guzzo / Université du Manitoba

Radio-Canada

Des chercheurs de l'Université du Manitoba ont découvert que certains poissons de lac comme la truite grise changent de comportement en fonction des changements climatiques, ce qui lève le voile sur ce que cela pourrait signifier pour l'avenir de ces espèces et leurs ressources alimentaires.

Pendant des années, les scientifiques ont signalé le changement de comportement alimentaire de certains poissons comme les truites grises lorsque la température de l'eau venait à changer. Cependant, ces observations n'avaient encore jamais été appuyées par des preuves concrètes, du moins jusqu'à récemment.

Les conclusions de leur étude commencée il y a 11 ans dans la Région des lacs expérimentaux dans le nord-ouest de l'Ontario révèlent que les truites grises font preuve d'une remarquable capacité à s'adapter aux changements de la température de l'eau.

« Ces résultats sont importants pour comprendre comment la truite grise et d'autres poissons sensibles à la température s'adapteront aux changements climatiques », estime Matthew Guzzo, un étudiant en doctorat au département des sciences biologiques à l'Université du Manitoba et principal auteur de l'étude.

« La truite réagit rapidement aux changements de la température de l'eau. Aussitôt que la température devient trop élevée, le poisson quitte les eaux peu profondes, et biologiquement plus productives pour s'aventurer dans les parties les plus profondes du lac où la nourriture se fait plus rare, explique Matthew Guzzo. Et lorsqu'un prédateur de cette envergure est contraint de changer de régime, cela a des conséquences non seulement sur lui, mais sur toute la chaîne alimentaire. »

M. Guzzo et les autres coauteurs de l'étude, Paul Blanchfield, chercheur à Pêches et Océans Canada, et Michael Rennie, directeur de recherche en écologie et pêche en eau douce à l'Université Lakehead, ont ainsi découvert que c'est la température et non la recherche de nourriture qui dicte les mouvements des truites.

Une espèce sentinelle

Les truites sont une espèce dite sentinelle. Ce que le canari est au fond de la mine, la truite l'est pour les lacs boréaux.

Paul Blanchfield, Pêches et Océans Canada

« L'étude ne porte pas sur le changement climatique dans son ensemble, mais montre qu'un poisson peut s'y adapter. Le comportement n'est pas immuable, il n'est pas statique », explique Matthew Guzzo.

« Nous montrons que les truites de lac continuent de vivre dans ces endroits qui se réchauffent en s'adaptant au mieux dans une situation critique, ajoute-t-il. Reste que nous ne savons pas encore ce que cela signifie pour leur avenir ni celui des autres poissons des eaux froides. »

« Notre étude confirme l'importance des ressources que l'on trouve près des rivages au printemps dans les petits lacs boréaux pour les truites grises et montre comment, les années particulièrement chaudes, l'accès à ces ressources peut être limité », souligne Michael Rennie.

« Ce qui ressort de ces observations est que le réchauffement climatique devrait résulter d'une baisse de la croissance de la population des truites lorsque les conditions climatiques sont mauvaises », dit-il.

Les auteurs de l'étude estiment que le fruit de leurs recherches pourrait avoir un effet important sur les poissons et leur capacité à s'adapter aux changements climatiques.

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Changements climatiques