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L'accès à l'avortement est de plus en plus difficile en Nouvelle-Écosse

Une salle dans une clinique d'avortement

Une salle dans une clinique d'avortement

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Nouvelle-Écosse est devenue l'une des provinces canadiennes où l'accès à l'avortement est le plus restreint, selon des défenseurs du droit à l'avortement.

Dans cette province, les femmes doivent obtenir une référence d'un médecin et subir des tests avant de fixer un rendez-vous pour un avortement, ce qui peut s'avérer long pour cette intervention urgente. De plus, la province ne couvre pas les frais des interruptions de grossesse réalisées à l'aide de médicaments.

Par ailleurs, il n'existe pas en Nouvelle-Écosse de cliniques privées ou externes pour les avortements; ils sont pratiqués seulement dans les hôpitaux. La clinique Morgentaler, où les femmes devaient payer de leur poche l'intervention, a fermé ses portes en 2003.

L'unité d'interruption de grossesse au Queen Elizabeth II Health Sciences Centre de Halifax, où plus de 85 pour cent des avortements dans la province ont lieu, ne fixe des rendez-vous que pour les femmes qui sont au moins enceintes de huit semaines.

Alors que peu de médecins prescrivent la pilule abortive Mifegymiso, un médicament onéreux qui n'est pas couvert par l'assurance universelle de la province, les femmes qui souhaitent interrompre leur grossesse sont forcées d'attendre.

Darrah Teitel, de l'organisation Action Canada pour la santé et les droits sexuels, estime que la Nouvelle-Écosse est l'un des pires endroits au pays pour subir cette intervention.

Mme Teitel croit d'ailleurs que la politique en place en Nouvelle-Écosse est inconstitutionnelle, en vertu de l'arrêt Morgentaler de la Cour suprême.

« Les femmes de la Nouvelle-Écosse sont forcées d'endurer ces délais et il n'y a pas la moindre raison pourquoi les avortements ne devraient pas être obtenus sans l'autorisation d'un médecin comme c'est le cas partout au pays », a-t-elle expliqué.

La province a déjà été l'un des endroits de la région où il était le plus facile d'obtenir un rendez-vous pour un avortement, mais dans les trois dernières années, le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard ont modifié leurs politiques pour rendre plus accessible l'intervention.

Il y a cinq ans, Melanie Mackenzie est tombée enceinte. Sa pilule contraceptive n'avait pas fonctionné et la femme, qui avait 29 ans à l'époque, voulait se faire avorter.

Elle était allée voir son médecin de famille, qui l'a avertie d'un délai d'attente. Elle a finalement dû patienter deux mois pour son intervention, alors qu'elle était enceinte de 12 semaines.

« C'était les pires deux mois de ma vie. Tout ça avait l'air d'une punition », a-t-elle confié.

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