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La situation des Autochtones au Canada sous la loupe de l'ONU

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rencontré des manifestants autochtones dans leur tipi, le 30 juin dernier.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rencontré des manifestants autochtones dans leur tipi érigé sur la colline Parlementaire à Ottawa le 30 juin dernier. Photo: La Presse canadienne / Justin Tang
Radio-Canada

La question des droits des peuples autochtones occupera le devant de la scène aujourd'hui, où le Canada doit défendre son bilan concernant la discrimination raciale devant un comité onusien. Des groupes civils ont déjà témoigné pour dénoncer la situation des Autochtones au pays.

Tous les pays signataires de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale doivent se soumettre périodiquement à un examen de deux jours mené par des experts indépendants à Genève.

Le Canada a signé le document en 1970 et une délégation, menée par le ministère du Patrimoine canadien, se présentera aujourd’hui pour défendre un bilan déjà critiqué par une dizaine d’organismes qui ont déjà envoyé des rapports au Comité onusien pour l'élimination de la discrimination raciale.

Lors de son dernier examen en 2012, le Canada avait été blâmé pour son « taux disproportionné » d’incarcération d’Autochtones. Le comité avait recommandé de réduire cette pratique.

« Les hommes autochtones représentent toujours 22 % de la population carcérale fédérale et les femmes autochtones, 31 %, dénonce Emily Hill, directrice au Aboriginal Legal Services de Toronto. Or, les Autochtones ne représentent qu’à peu près 4 % de la population totale du pays. »

Le comité onusien avait également suggéré que le Canada en fasse plus pour « éliminer la violence de toute sorte envers les femmes autochtones », notamment avec un meilleur financement pour des refuges d’urgence.

Selon un rapport soumis par Femmes autochtones du Québec et le Cercle national autochtone contre la violence familiale, « le gouvernement fédéral a indiqué qu’il finançait présentement 41 refuges au service des femmes et des filles des communautés autochtones. Selon les calculs du gouvernement, ces refuges ne sont accessibles que pour 55 % des 617 communautés à travers le Canada, laissant les femmes et filles de 45 % des communautés sans un accès à un espace de refuge. »

 

Les enjeux de l’accès à l’eau potable, du retrait des enfants autochtones de leurs familles, de l’accès à de meilleurs services de santé et d’éducation en plus de l’accès à des logements adéquats étaient aussi abordés dans le rapport de huit pages du comité en 2012.

Présent lundi matin avant l’audience de la délégation du gouvernement canadien, Craig Benjamin, d’Amnistie internationale, compte aborder l’enjeu des revendications territoriales autochtones.

Dans son rapport de 2012, le comité avait dénoncé l’attitude « rigide et antagoniste » du Canada lorsqu’il est question des enjeux territoriaux et les « coûts financiers importants » lors de litiges face aux groupes autochtones.

« Je vais donner au comité un exemple précis qui illustre bien ces problèmes, soit celui du barrage hydroélectrique du site C, dans le nord-est de la Colombie-Britannique », a expliqué Craig Benjamin.

Dans un communiqué écrit envoyé au comité onusien et signé par une douzaine d’organisations, dont Amnistie internationale Canada, il est indiqué « qu’une fois achevé, le barrage va inonder plus de 100 kilomètres de la vallée de la rivière de la paix et de ses affluents. »

« Le barrage du site C va dévaster un environnement naturel crucial sur lequel nous dépendons pour notre culture et notre mode de vie, explique Robyn Fuller, un conseiller pour la Nation de West Moberly qui témoignera devant le comité à Genève. Nous en avons franchement assez d’entendre le gouvernement canadien se vanter devant l’ONU de son bilan des droits de la personne, alors que nos droits sont violés quotidiennement. »

Il s’agira de la dixième audience du Canada devant le comité.

Avec les informations de CBC

Autochtones

Société