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Lisée réclame la suspension de l'Entente sur les tiers pays sûrs

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, avec les membres de son caucus à la dernière fin de session parlementaire
Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, avec les membres de son caucus à la dernière fin de session parlementaire Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

EXCLUSIF – Le chef du Parti québécois prend les grands moyens dans l'espoir d'obtenir l'attention des premiers ministres du Québec et du Canada au sujet des demandeurs d'asile. Vendredi, Jean-François Lisée leur a fait parvenir une lettre officielle visant à mettre un terme à cette crise devenue, selon lui, un problème « d'acceptabilité sociale ».

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Dans sa requête, il réclame la suspension de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. « […] son maintien, écrit-il, entraîne des conséquences indignes de ce à quoi peuvent s’attendre les Québécois en matière d’accueil des réfugiés. »

C’est cet accord qui conduit de nombreux demandeurs d’asile à traverser la frontière de façon irrégulière. Selon ses termes, ces personnes doivent, sauf exception, faire leur demande d’asile dans le premier des deux pays où ils se trouvent, soit les États-Unis. S’ils tentent de se rendre légalement au Canada pour demander l'asile, ils sont refoulés aux États-Unis. Leur demande est refusée, car l'Entente prévoit que ce sont aux États-Unis d'en faire l'évaluation.

Présentement, nombre d'Haïtiens contournent donc la frontière légale pour entrer au Canada en traversant à un point de passage non reconnu, comme un sentier. Une fois ici, l’accord ne s’applique plus et il devient possible pour eux, grâce à un règlement fédéral, de demander le statut de réfugié au pays.

Précision : Dans une version antérieure de ce texte, l'explication sur l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs était imprécise. Nous l'avons clarifiée.

En conférence de presse jeudi, M. Lisée déjà demandé la suspension de l'Entente, mais il estime qu’une lettre officielle a plus de poids et espère que les premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau y donneront une suite favorable.

« Le problème que ça pose, c’est qu’on a l’impression que la frontière n’existe pas. Sans cette entente, les gens se présenteraient aux postes frontaliers », a expliqué le chef de l’opposition officielle en entrevue à Radio-Canada. « Elle a des conséquences qui sont néfastes. […] C’est le temps de regarder en face et de dire que ce n’est pas une bonne décision. »

Selon l’article 10 de l’Entente signée en 2002, « chacune des parties peut, par avis écrit donné à l’autre, suspendre l’application du présent accord pour au plus trois mois ».

« Un problème d’acceptabilité sociale »

Deux jours avant la première sortie publique de son chef sur le sujet, la porte-parole en matière d’immigration, Carole Poirier, s’était montrée moins ferme sur les points de passage illégaux. Elle demandait avant tout à ce que le gouvernement délivre un « permis de travail pour une durée indéterminée » afin de permettre aux demandeurs d’asile en attente de travailler.

Jean-François Lisée croit avoir maintenant complété le message. « Il y a un problème d’acceptabilité sociale, c’est très au clair au Québec face à ces migrants, affirme-t-il. Si on peut faire en sorte qu’un certain nombre d’entre eux subviennent à leurs besoins, travaillent et aient des revenus en attendant de savoir s’ils peuvent rester ou partir, je pense que ça va aider. »

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a fait parvenir une lettre aux premiers ministres du Canada et du Québec sur la question des demandeurs d'asile haïtiens.Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a fait parvenir une lettre aux premiers ministres du Canada et du Québec sur la question des demandeurs d'asile haïtiens. Photo : Radio-Canada

Une campagne d’information

Dans sa lettre, M. Lisée somme les gouvernements fédéral et québécois de déployer « de toute urgence une campagne d’information » pour informer les personnes cherchant l’asile que « la majorité des demandeurs actuels verront leur requête rejetée ».

Ce message semble du moins avoir déjà été entendu par le premier ministre québécois. En mêlée de presse au Congrès annuel de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard a indiqué que les moyens de communication nécessaires seront mis en place auprès des communautés haïtiennes.

Radios, journaux, délégations… Québec souhaite rappeler aux demandeurs d’asile, indique M. Couillard, que leur « acceptation n’est pas un fait accompli ».

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