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Occupation du site de Junex : la présence d'Autochtones pourrait changer la capacité d'action des policiers

Route bloquée au puits Galt no 4, à 20 km de Gaspé

Route bloquée au puits Galt no 4, à 20 km de Gaspé

Photo : Daphné-Anne Olepika Takpanie Ignée

Radio-Canada

Des membres de communautés micmaques pourraient faire partie des occupants du site du puits Galt no 4 de Junex, ce qui aurait pour effet de changer la capacité d'action des policiers.

Un texte d'Émilie Hamon, d’après les informations de Léa Beauchesne

Des sources ont confirmé, jeudi, que des membres de communautés autochtones se trouvaient parmi le groupe de manifestants. Impossible toutefois de savoir de quelles communautés il s’agit, ni de savoir combien de personnes les représentent.

L’intervention policière pourrait donc devenir plus délicate si des Micmacs sont sur place puisque ces derniers seraient alors sur « leur territoire ancestral ».

En 2003, les Micmacs du Québec ont signé une entente de principe dans le cadre du processus de revendications territoriales globales avec les gouvernements fédéral et provincial. Cette entente ne spécifie pas précisément quel territoire serait visé par une éventuelle entente. Le territoire traditionnel identifié par les Micmacs englobe presque toute la péninsule gaspésienne.

Depuis dimanche, un groupe anonyme occupe le site de forage du puits Galt no 4 de Junex, situé entre Gaspé et Murdochville. Les manifestants, qui se définissent comme « des protecteurs et protectrices de l'eau », réclament la fin immédiate de tous les travaux d’exploitation gazière et pétrolière en Gaspésie, et plus particulièrement ceux en cours à la propriété Galt de Junex, un des projets d’exploration les plus avancés au Québec.

Le site Galt est situé en territoire non organisé dans la MRC Côte-de-Gaspé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le site Galt est situé en territoire non organisé dans la MRC Côte-de-Gaspé.

Photo : Radio-Canada

Une première communication et un autre appui

Des premières communications entre les militants et les communautés micmaques ont eu lieu jeudi. Un membre de la communauté micmaque de Listuguj a rendu visite aux militants et a établi un premier contact avec eux, qu’il a décrit comme cordial.

Les premières communications du groupe de militants - qui restent anonymes, notamment en étant cagoulés - indiquaient que ses membres avaient entrepris le barrage pour réaffirmer la souveraineté de la nation micmaque sur ce territoire. Le groupe s’était par la suite rétracté, après que les trois communautés micmaques de la Gaspésie aient affirmé ne pas avoir été mises au courant de la démarche et ne pas l'appuyer.

À la suite de cet entretien, le représentant de Listuguj s’est rendu à la nation micmaque de Gespeg en compagnie d’une représentante du groupe de manifestants pour entamer une discussion.

Les trois chefs des communautés micmaques de la Gaspésie, Gesgapegiag, Gespeg et Listuguj, qui n’ont toujours pas donné leur appui aux militants, iront les visiter au barrage vendredi.

Gary Metallic pose devant la caméra avec un habit de construction.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef héréditaire du Grand Conseil Mi'gmac (un gouvernement traditionnel de Listuguj), Gary Metallic, est un militant connu dans la province.

Photo : Facebook

Le chef héréditaire du Grand Conseil Mi’gmaq, un gouvernement traditionnel de Listuguj, Gary Metallic, a quant à lui annoncé qu’il donnait son appui tant et aussi longtemps que l’action restait pacifique.

Toujours beaucoup de questions après la quatrième journée

Des policiers de la Sûreté du Québec ont à nouveau visité le site. Un hélicoptère a également survolé les lieux. Il s’agirait d’un hélicoptère de la SQ avec à son bord des représentants de la compagnie Junex. Personne n’aurait pu apercevoir les militants, qui se seraient cachés.

Des sources affirment par contre avoir pu observer que les militants ont utilisé la machinerie de Junex pour construire les barricades, notamment des tracteurs pour pousser de la terre et transporter des billots de bois.

Junex n’a toujours pas émis d’autre commentaire que celui donné il y a quelques jours indiquant que les dirigeants sont au fait de la situation, mais qu'ils ne souhaitent pas commenter davantage.

Une douzaine d’écologistes membres du groupe Environnement Vert Plus campent toujours aux abords de la route 198, en aval du site des militants, pour les soutenir.

Apprendre du passé

Le porte-parole du groupe Environnement vert plus, Pascal Bergeron, craint une action juridique de Junex. Il explique qu'il y a trois projets de forage actifs en Gaspésie, soit Haldimand, Galt et Bourque. « C'est le deuxième forage qui est occupé et pour lequel on demande l'arrêt des travaux. »

En 2015, des militants avaient bloqué le chemin d'accès vers un puits de Pétrolia. La compagnie avait rapidement obtenu une injonction et les manifestants avaient été délogés.

Qu'est-ce que le gouvernement attend pour arrêter les travaux puis faire passer la question des hydrocarbures devant un bureau d'audiences publiques sur la gouvernement?

Pascal Bergeron, porte-parole, Environnement vert plus

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Société