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Internet des objets : la ruée vers l’or des mégadonnées se fait à Montréal

Frédéric Bastien se tenant debout devant l'entrée des bureaux de mnubo.

L'entreprise mnubo analyse en temps réel les mégadonnées des objets connectés.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Radio-Canada

Plus de 50 milliards d'objets seront connectés à Internet d'ici 2020. Les mégadonnées produites par ces objets constituent des mines d'or d'information pour les entreprises. Mais encore faut-il avoir les outils pour les filtrer et les analyser. C'est ce que propose la montréalaise mnubo, pionnière de l'Internet des objets.

Un texte de Thomas Lafontaine

« Tu as connecté ton produit, so what? Maintenant, tu fais quoi? » Simple, directe et un brin provocatrice, cette question de Frédéric Bastien, pdg de mnubo, est au cœur de l’entreprise qu’il a cofondée en 2012.

De nombreux fabricants d’objets connectés sont en effet démunis lorsque vient le temps de donner du sens à la quantité gargantuesque d’informations produites par leurs appareils. La plateforme développée par mnubo, SmartObjects, propose aux manufacturiers d’analyser en temps réel leurs données.

La donnée brute est vraiment inutile. Elle est sale, mal organisée. Notre produit nettoie, organise les données brutes, puis il apprend d’elles. Il détecte des patterns, des anomalies. Et il fait tout ça automatiquement.

Frédéric Bastien, pdg de mnubo

Grâce aux informations extraites des mégadonnées, mnubo aide les entreprises à faire des choix stratégiques dans l’amélioration de leur produit, que ce soit des thermostats intelligents, des aspirateurs-robots, des bornes de stationnement Bixi ou des turbines hydroélectriques.

Affiche publicitaire de l'entreprise mnuboAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Éventuellement, presque tout ce qu'il va y avoir dans une maison, dans une usine, dans une entreprise sera connecté à Internet », affirme Frédéric Bastien.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Des méganuages pour héberger les mégadonnées

Pour entreposer et analyser les données, l’équipe de mnubo utilise l’informatique dans les nuages (cloud computing). Le développement de l’Internet des objets est intimement lié aux capacités des infrastructures infonuagiques.

Le nom de l’entreprise porte d’ailleurs la marque de cette dépendance. « Nubo » signifie « nuage » en espéranto, une langue universelle; « m » renvoie aux machines.

L’extension du réseau Internet à celui des objets en tous genres soulève toutefois des craintes. L’entreprise Darktrace, spécialisée en cyberdéfense, affirmait ainsi que l’Internet des objets deviendrait l’Internet des vulnérabilités dans ses mises en garde 2017 sur la cybersécurité (Nouvelle fenêtre).

Frédéric Bastien estime, au contraire, qu’il est plus difficile de pirater des objets connectés lorsque leurs données sont entreposées sur des nuages.

Aujourd’hui, c’est plus sécuritaire de mettre tes données sur un nuage que sur ton propre serveur. Les trois plus gros serveurs infonuagiques au monde (Amazon Web Sources, Microsoft Azure et Google Cloud Platform) investissent des dizaines de millions de dollars chaque année pour sécuriser leur nuage.

Frédéric Bastien, pdg, mnubo

Les mégadonnées au cœur des innovations

Actif en télécommunications depuis plus de 20 ans, Frédéric Bastien a pu suivre de près l’évolution des technologies sans fil.

« J’étais dans l’équipe du début de Fido, qui a été, en 1996, la première à commercialiser un cellulaire 2G qui n’était pas une Pagette », se rappelle l’entrepreneur, qui venait à l’époque de terminer ses études à l’École polytechnique de Montréal.

Si le développement des cellulaires a transformé les façons de communiquer, l’Internet des objets risque de transformer les façons de produire des industries. Les mégadonnées collectées deviendront la norme afin d’optimiser les produits et les services, ou encore pour innover et se démarquer des concurrents.

Les demandes sont fortes pour ces technologies en émergence, mais la main-d’œuvre est encore trop rare. À Montréal, où se trouve un des plus gros écosystèmes mondiaux de l’intelligence artificielle, les entreprises s’arrachent les personnes formées en science des données.

« C’est la job la plus recherchée, confie Frédéric Bastien. Un data scientist [scientifique de données] ou quelqu’un qui a un diplôme en apprentissage machine, il a une job en un claquement de doigts. »

Employés travaillant dans des bureaux à aire ouverteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Près du quart des employés de mnubo ont été recrutés à l'étranger pour combler les besoins de l'entreprise en matière de mégadonnées et d'intelligence artificielle.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

La composition de l’équipe de mnubo représente bien la place qu’occupe Montréal sur la scène internationale dans la ruée vers l’or des mégadonnées. Sur les 45 employés que compte l’entreprise, 19 nationalités sont représentées.

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