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La Colombie-Britannique fourbit ses armes judiciaires contre Trans Mountain

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Des tuyaux d'oléoduc en arrière-plan d'un tournesol fâné

Des tuyaux d'oléoduc en arrière-plan d'un tournesol fâné

Photo : Getty Images / Andrew Burton

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Colombie-Britannique embauche un conseiller spécial externe chargé de fournir à la province des munitions dans sa contestation judiciaire du projet d'oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan.

Un texte de Sébastien Tanguay

Répétant que Victoria utilisera « tous les moyens à sa disposition pour empêcher la construction de l'oléoduc », la province exige aussi le statut d'intervenant dans les causes qui concernent Trans Mountain à la cour fédérale.

Victoria a annoncé l'embauche de l'ancien juge à la Cour suprême de la Colombie-Britannique Thomas Berger à titre de conseiller judiciaire spécial. Il sera chargé d'apporter des armes pour contester le projet et de soutenir les procès déjà intentés contre des tiers partis opposés au projet, notamment certaines Premières Nations.

« Kinder Morgan n'a pas respecté ses obligations envers l'environnement et les Autochtones », a affirmé jeudi matin George Heyman, le ministre britanno-colombien de l'Environnement, au côté du procureur général de la province, David Eby.

Le pipeline Trans Mountain a été construit en 1953. Les travaux proposés par Kinder Morgan feraient passer la capacité de l'oléoduc de 300 000 à 890 000 barils de pétrole par jour. Sa longueur existante de 1150 km s'étend du comté de Strathcona près d'Edmonton jusqu'à Burnaby près de Vancouver. Le coût de son élargissement est de 7,4 millions de dollars. Kinder Morgan souhaite que la nouvelle canalisation soit en mesure de fonctionner d'ici la fin 2019.

Travaux retardés

Le ministre Heyman a également évoqué la catastrophe de Deepwater Horizon pour expliquer le refus de son gouvernement d’accepter l’oléoduc.

L’explosion de cette plateforme de forage au large de la Louisiane, en avril 2010, avait déclenché la plus grande catastrophe écologique de l’histoire américaine.

Nous avons le devoir d'aider notre population à faire face à cette menace.

George Heymna, ministre britanno-colombien de l'Environnement

De l'avis du ministre, il sera impossible que l'entreprise de transport pétrolier puisse commencer les travaux à la date prévue, soit le 12 septembre.

« Sur les terrains privés qui appartiennent à Kinder Morgan, oui. Mais sur les terres publiques et les territoires autochtones où les communautés s'opposent le projet, il n'en est pas question », a répété le ministre.

Tracé de l'oléoduc Trans Mountain de l'entreprise Kinder MorganAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tracé de l'oléoduc Transmountain de l'entreprise Kinder Morgan.

Photo : Radio-Canada

La Colombie-Britannique a également exigé le statut d'intervenant dans les causes qui concernent l'oléoduc en litige entendu par la cour fédérale, un statut également demandé plus tôt cette année par l'Alberta.

Si les deux provinces obtiennent ce statut, ils pourront participer aux audiences de l'Office national de l'énergie, qui a approuvé le projet, ce qui est contesté par plusieurs partis.

Les villes de Vancouver et de Burnaby, là même où Trans Mountain doit terminer sa course, s’opposent notamment à l’oléoduc.

Le gouvernement de Justin Trudeau a quant à lui approuvé le projet, après que le précédent gouvernement britanno-colombien eut lui-même accepté l’expansion de l’oléoduc.

Réaction de Kinder Morgan

La compagnie Kinder Morgan a dit dans un communiqué « prendre au sérieux les commentaires de la Colombie-Britannique » et dit « vouloir revoir attentivement leur plan. »

Le président de l’entreprise, Ian Anderson, affirme être « prêt à travailler avec la province dans sa poursuite d'obtention des permis nécessaires. »

« Nous avons entrepris des consultations extensives et significatives avec les Premières Nations, les communautés et la population. Nous poursuivons nos efforts et nos relations alors que nous approchons du début des travaux de construction en septembre », soutient M. Anderson.

Il ajoute que le projet d'expansion de l'oléoduc a subi une analyse et une revue sans précédent. Il a reçu l'aval du gouvernement du Canada, assujetti à 157 conditions de l'Office national de l'énergie et 37 conditions liées au certificat environnemental.

Les environnementalistes jubilent

Certains groupes environnementaux n'ont pas tardé à réagir à l'annonce de la province.

« Cette annonce est un premier pas sérieux et considérable vers l'accomplissement de leur promesse », a dit Tim Pearson, directeur des communications au Sierra Club BC. Il rappelle l'engagement des néo-démocrates, répété pendant la campagne électorale, de faire stopper le projet de Kinder Morgan.

Engager Thomas Berger démontre que la province souhaite considérer toutes les avenues légales possibles.

Tim Pearson, directeur des communications au Sierra Club BC

« C'est un grand pas en arrière pour Kinder Morgan qui avait confirmé à ses investisseurs et abondamment dans les médias que la construction commencerait le 1er septembre », a déclaré Sven Biggs, de Stand.Earth. « Cela envoie un message aux investisseurs qui s'intéressent à la Colombie-Britannique, qu'ils devront s'entendre avec les Premières Nations avant de lancer un projet dans la province. »

Andrew Weaver, le chef du Parti vert, a également exprimé qu’il était content que le gouvernement annonce une protection plus stricte pour l’environnement. Son parti s’oppose à l’expansion du pipeline et il dit que ce n’est pas un message entièrement négatif aux investisseurs.

En Colombie-Britannique, l’investissement dans les ressources naturelles est bienvenu, mais nous recevons mal les décisions faites de manière pyramidale.

Andrew Weaver, chef du Parti vert de la Colombie-Britannique.

Selon M. Weaver, si le gouvernement fédéral ne reconnaît pas les opposants et impose la construction du pipeline, cela pourrait entraîner une crise constitutionnelle.

La Colombie-Britannique fait fuir les investisseurs, dit l'opposition

Le leader de l'opposition, Rich Coleman, a réagi par voie de communiqué : « L'annonce du NPD dit aux investisseurs que la Colombie-Britannique est fermée aux affaires et aux investissements et est prête à abandonner une injection de 20 milliards de dollars dans l'économie provinciale. »

« Les Britanno-Colombiens devraient s'inquiéter que le NPD qualifie d'incomplètes les consultations avec les Premières Nations alors que le gouvernement fédéral les avait jugées appropriées avant de donner son feu vert. »

« Les cinq conditions à remplir par Kinder Morgan exigées par la Colombie-Britannique assuraient le respect de l'environnement, des Premières Nations et un gain économique équitable à la province », affirme Rich Coleman.

Le leader de l'opposition libérale croit que cette annonce illustre une fois de plus que le NPD « n'a pas de plan de création d'emplois », citant également son opposition au développement du gaz naturel liquéfié et au barrage du site C dans le nord de la province.

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