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Des réalisatrices américaines réclament l'imposition de quotas

De gauche à droite, les réalisatrices Gwyneth Horder-Payton, Liza Johnson, Rachel Goldberg, Meera Menon, Steph Green, Alexis Ostrander et Maggie Kiley lors d'une conférence le 9 août 2017

De gauche à droite, les réalisatrices Gwyneth Horder-Payton, Liza Johnson, Rachel Goldberg, Meera Menon, Steph Green, Alexis Ostrander et Maggie Kiley lors d'une conférence le 9 août 2017

Photo : Getty Images / Frederick M. Brown

Radio-Canada

Tout comme l'organisme Réalisatrices équitables au Québec, des réalisatrices américaines s'inquiètent de la faible représentation des femmes derrière la caméra. Elles pensent que des quotas sont maintenant nécessaires pour atteindre la parité.

« Je ne veux jamais me dire qu'on m'embauche parce que je suis une femme, mais peut-être qu'en ce moment on a besoin de quotas, a déclaré Maggie Kiley, qui a réalisé un épisode d'American Horror Story et quatre épisodes de Guidance en 2016, lors d'une conférence de presse de la chaîne FX organisée lors des rencontres de l'Association des journalistes en télévision (TCA).

S'il faut passer par là, alors il faut passer par là.

Rachel Goldberg

Rachel Goldberg aussi a réalisé un épisode d'American Horror Story et plusieurs courts-métrages.

La réalisatrice Rachel Goldberg

La réalisatrice Rachel Goldberg

Photo : Getty Images / Frederick M. Brown

Les chiffres du dernier rapport annuel sur la diversité à Hollywood de l'université californienne UCLA montrent que les minorités visibles qui composent 40 % de la population américaine ne représentent que 10 % des réalisateurs.

Le chiffre est semblable pour les femmes, dont la proportion est de plus de 50 % dans la société. Seulement 10 % des réalisateurs sont des réalisatrices.

Les participantes à la rencontre ont raconté que les studios de télévision leur demandent plus d'expérience que ce qu'ils demandent aux réalisateurs hommes. On leur dit souvent avant de leur donner une chance « Oh, il faut que vous ayez déjà réalisé un épisode de télé, on ne peut pas être votre premier » ou « Faites-en encore un », si elles ont fait un court-métrage. La plupart du temps, on ne demande aux réalisateurs que d'avoir fait un court-métrage.

Nous ne sommes pas débutantes […], nous a juste besoin que quelqu'un nous donne une chance.

Rachel Goldberg

Rachel Goldberg ajoute que Ryan Murphy, le producteur d'American Horror Story, n'a pas hésité à lui confier la réalisation d'un épisode de la série. « Ça a changé ma vie. »

Des réalisatrices québécoises ont aussi tiré la sonnette d'alarme en juin 2016 en soulignant le manque de femmes derrière la caméra. L'organisme Réalisatrices équitables s'inquiétait de la sous-représentation des femmes dans plusieurs secteurs culturels, notamment en création de jeux vidéo et en réalisation.

Un programme pour améliorer la diversité

Ryan Murphy et la chaîne FX ont mis en place l'an dernier Half Initiative. L'objectif du programme est d'augmenter le nombre de femmes et de minorités visibles en réalisation. FX affirme qu'avec ce programme, la chaîne a fait passer la proportion de réalisatrices de 12 % en 2015 à 51 % l'an dernier.

L'affiche de la série « American Horror Story »

L'affiche de la série « American Horror Story »

Photo : FX

Steph Green, qui a réalisé un épisode de Scandal et un de Luke Cage, témoigne que des producteurs lui demandent toujours avec un air sceptique si elle peut réaliser des séries ou des films d'action.

Oui, je peux faire des films d'action, oui je travaille avec du (faux) sang ou j'ai déjà filmé des cascades.

Maggie Kiley

En entrevue avec l'AFP, la réalisatrice donne plusieurs exemples de sexisme qu'elle a dû subir au fil des années. Elle raconte qu'en repérage dans une maison avec un assistant, on ne s'adressait qu'à lui. De plus, il n'est pas rare qu'on tienne pour acquis qu'elle est la maquilleuse lorsqu'elle se présente sur un plateau.

La réalisatrice américaine Maggie Kiley

La réalisatrice américaine Maggie Kiley

Photo : Getty Images / Frederick M. Brown

Des quotas indispensables

Ces réalisatrices pensent que l'imposition de quotas est nécessaire pour que les femmes puissent simplement avoir une première chance. Selon elle, c'est aussi un passage obligé pour changer les mentalités. « C'est pour que les gens s'habituent à voir des femmes diriger un tournage », conclut Meera Menon, une réalisatrice qui vient de tourner un épisode de Snowfall, une série sur l'épidémie de crack à Los Angeles.

L'ONF met des mesures en place

En mars 2016, l'Office national du film (ONF) a annoncé son engagement à investir 50 % de son budget de production dans des films réalisés par des femmes.

Et en mars dernier, l'ONF a annoncé que l'organisme visait la parité homme-femme pour de nombreux postes de création d'ici 2020.

Avec les informations de Agence France-Presse

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