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Le plan militaire de Pyongyang pourrait porter atteinte à la crédibilité de Washington

Deux personnes font face à un écran diffusant les nouvelles concernant la nouvelle menace nord-coréenne. (Tokyo, Japon)

Deux personnes font face à un écran diffusant les nouvelles concernant la nouvelle menace nord-coréenne. (Tokyo, Japon)

Photo : Reuters / Toru Hanai

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'armée nord-coréenne a dévoilé, jeudi, les détails de son projet pour le lancement de quatre missiles vers le territoire américain de Guam. Ces tirs pourraient mettre les États-Unis dans une position délicate, car ils viendraient mettre à l'épreuve l'efficacité de leur stratégie de défense dans la région de l'Asie-Pacifique, selon des experts.

Située au large des Philippines, à quelque 3400 kilomètres au sud-est de la capitale nord-coréenne, l'île de Guam, un territoire américain, comprend deux bases militaires importantes. Le territoire abrite également 162 000 insulaires.

Des bombardiers lourds à longue portée, des chasseurs et des sous-marins s’y trouvent et participent sur une base régulière à des démonstrations stratégiques de forces. Les bombardiers (B-1) en question sont ceux qui irritent Pyongyang en survolant la Corée du Sud.

Afin de riposter à cette présence, le plan présenté par l’armée de la Corée du Nord consiste donc à envoyer simultanément quatre missiles afin qu’ils survolent les préfectures japonaises de Shimane, d'Hiroshima et de Koichi.

Les projectiles voleraient durant 17 minutes et 45 secondes sur une distance de 3356,7 km pour s’écraser en mer, à 30 ou 40 km de Guam, soit à l’extérieur des eaux territoriales américaines.

Des analystes sont d’avis qu’une telle salve obligerait Washington à tenter d’intercepter les missiles, sans quoi sa crédibilité serait entachée.

« C'est une menace coercitive pour mettre fin aux vols de B-1. À la différence des menaces floues et incendiaires de Trump, celles de la Corée du Nord sont coercitives, claires et précises, et présentent un risque crédible d'escalade. Il est difficile d'y répondre. »

— Une citation de  Adam Mount chercheur principal du Centre du progrès américain en matière de politique nucléaire et de défense.

Il s’agirait en effet d’un couteau à double tranchant, estiment les experts, puisque si un missile survivait à la tentative américaine, l'efficacité des systèmes de défense balistique américains serait remise en cause.

Vue en hauteur d'une plage de l'île de Guam et d'immeubles le long de la côte.

L'île de Guam, dans le Pacifique, est menacée de tirs de missiles par la Corée du Nord

Photo : Reuters / Eriko Sugita

Guam, une cible centrale

Le territoire de Guam est un point-clé de la stratégie mise en place par les États-Unis afin d’asseoir leur influence dans l’océan Pacifique.

« L’importance géographique régionale de l’île de Guam continue de s’accroître alors que Washington intensifie ses actions militaires face aux aspirations de la Chine et d’autres préoccupations telles que la Corée du Nord », indiquait le lieutenant-colonel Robert A. Crisostomo dans un projet de recherche du United States Army War College produit en 2013.

Les États-Unis ont notamment équipé Guam d’un puissant bouclier antimissile, le THAAD (Terminal High Altitude Area Defense). Guam peut aussi compter pour sa défense sur le système de missiles intercepteurs Standard Missile-3 (SM-3), dont dispose aussi, incidemment, le Japon.

Ce système emploie la force brute, soit l’équivalent d’un camion de dix tonnes lancé à environ 1000 km/h, afin de détruire sa cible en entrant en collision avec elle. Il peut sortir de l’atmosphère terrestre et intercepter des missiles balistiques à haute altitude.

Son fabricant, Raytheon, assimile cette technique au fait « d’intercepter une balle avec une autre balle ».

« Le Japon et les États-Unis agissant ensemble, la probabilité d’une interception devrait s’accroître, mais il est également possible qu’ils ratent certains missiles. »

— Une citation de  Takashi Kawakami, spécialiste des questions de défense et professeur à l’Université Takushoku.
 

Les tensions sur la péninsule coréenne tendent à s'aggraver au moment des exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington et les prochains commencent autour du 21 août.

Tempérant mercredi les derniers propos rudes de Donald Trump envers le régime de Kim Jong-un, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a affirmé ne pas croire à une attaque imminente vers Guam et a exprimé l'espoir que la diplomatie prenne le dessus dans la crise.

« L'interprétation nord-coréenne de la rhétorique de Washington diffère de l'interprétation occidentale des menaces habituelles de Pyongyang. Pour le Nord, les propos incendiaires de Trump sont une question de vie ou de mort », relève Hong Hyun-ik, analyste à l'Institut Sejong.

Avec les informations de AFP

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