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Bim Lafontaine, ex-Dieu du Ciel!, brasse maintenant à Toronto, à Godspeed Brewery

Le portrait d'un homme

Luc « Bim » Lafontaine

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

CHRONIQUE - Lorsque j'ai appris qu'un ancien maître-brasseur de la microbrasserie montréalaise Dieu du Ciel! allait ouvrir son brewpub à Toronto, Godspeed Brewery (Nouvelle fenêtre), je savais que j'allais m'y rendre dès ses débuts.

Je savais que j’allais aimer ce que j’allais y boire. Après tout, Luc « Bim » Lafontaine est relativement connu dans le monde de la microbrasserie au Canada. Ce n’est pas pour rien qu’une longue file s’était formée devant son commerce en après-midi le 1er juillet dernier. M. Lafontaine y vendait de la bière pour la toute première fois.

 

@godspeedbeer is open. #toronto #beer #softopen #ontario #microbewery #dieuduciel #ddc

Une publication partagée par Continents & Condiments (@continentscondiments) le 7 Juil. 2017 à 21h48 PDT

 

Ce qui était moins certain, c’était mon appréciation du volet gastronomique de l’offre de Godspeed Brewery.

Manger dans un bar peut être parsemé d’embuches difficiles à digérer (littéralement). Mais quand j’ai appris que le chef Ryusuke Yamanaka (ex-Momofuku) était en charge des cuisines, j’étais plus qu’intrigué.

Les Ontariens ne sont pas sans savoir que les règles de la province sur les permis d’alcool et de microbrasserie sont plutôt bizarres.

Pour avoir le droit de faire sa propre bière, la vendre sur place et rester ouverte après 21 heures, toute microbrasserie doit avoir un restaurant. C'est pourquoi, plusieurs microbrasseries ont des restaurants médiocres.

Pour la brasserie Godspeed, c'est tout le contraire.

La salle à manger du restaurant Godspeed BreweryAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La salle à manger

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

De Montréal à Toronto en passant par Tokyo

Il faut dire que « Bim » et le chef Yamanaka sont sur la même longueur d’onde : maîtriser les bases et se concentrer sur des saveurs subtiles. Ce sont des préceptes de base de l’artisanat japonais.

Tout ce qui se fait à Godspeed Brewery est influencé par l’art culinaire japonais.

Il y a quelques années, M. Lafontaine a quitté Dieu du Ciel! pour se diriger vers Tokyo.

Je suis devenu brasseur en chef à Dieu du Ciel! en 2007. […] J’ai quitté en 2012, j’ai quitté pour le Japon, dans le but d’y ouvrir une brasserie.

Une citation de :Bim Lafontaine, brasseur, Godspeed Brewery

Entre M. Lafontaine et le Japon, c’est une histoire d’amour – au propre et au figuré.

Le décor d'un restaurantAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Godspeed Brewery: Le logo de la brasserie est en évidence

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

« J’ai première fois que j’y suis allé, c’est en 2004. Entre 2004 et 2012, il n’y a pas une seule année où je n’y suis pas allé. J’ai pris toutes mes vacances au Japon. J’ai rencontré ma femme, entretemps, en 2008, à Montréal, au Mondial de la bière (qui elle-même est Japonaise, NDLR). J’ai eu l’intention d’aller y vivre dès le début », explique-t-il.

M. Lafontaine est donc parti vers Tokyo pour y vivre. Après plusieurs péripéties, des essais et des erreurs, des embuches et des compromis, il a ouvert une microbrasserie.

Mais non satisfait de son travail à Tokyo, le maître-brasseur est rentré au pays.

D'immenses cuvesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Godspeed Brewery: La bière est brassée sur place

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Et c’est à Toronto que ça s’est fait. « Parce qu’il y avait une opportunité! »

M. Lafontaine devait, à la base, ouvrir avec un partenaire torontois. Après le désistement de ce dernier, le maître-brasseur a ajouté « propriétaire de restaurant » à son curriculum vitae.

« Je n’ai jamais compris pourquoi Toronto, une des plus grandes villes de tout le continent, n’avait absolument rien à offrir côté microbrasseries. Il faut dire que les premières discussions au sujet de Toronto, je les ai eues en 2010-2011. C’est avant Bellwoods. Il devait y avoir trois ou quatre brewpubs dans toute la ville », explique-t-il.

La manière japonaise de faire les choses

Parfaire son art, chaque jour. L’art de la subtilité. Exécuter les bases avec perfection. Dédier sa vie à son artisanat. Chercher la délicatesse. Au Japon, c’est tout ce qu’il y a de plus normal.

C’est à partir de cette philosophie que M. Lafontaine crée ses bières.

Son menu en apporte la preuve. Il n'y a rien d’éclaté : pas de West Coast IPA à 11 % d’alcool ou de bière sûre aromatisée au poivre rose et au chou frisé.

La façade et la terrasse de Godspeed BreweryAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La façade et la terrasse de Godspeed Brewery

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

« Les bonnes bières, les styles classiques, mais bien exécutés, c’est la prochaine étape, dans le monde de la bière artisanale. (…) On trouve beaucoup de bières trop amères, qui ne sont pas équilibrées, sur le marché. La grosse mode, c’est la Vermont Style IPA. Il y a même les « Milkshake IPA ». Je ne comprends pas pourquoi. Je suis pour l’équilibre. Pour les bières faciles à boire », décrit-il.

Je dois avouer être amateur de stouts avant tout. Celle de Godspeed me remplit de joie. Simple et parfaitement exécutée.

Le portrait d'un homme qui porte une casquetteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef de Godspeed Brewery, Ryusuke Yamanaka

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

La stout

  • bière brassée à partir de grains hautement torréfiés
  • couleur foncée
  • goût de café ou de cacao

Dans le verre et dans le plat, même philosophie

Le menu du chef Yamanaka reflète ce désir de simplicité.

Du poulet fritAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le poulet frit style karaage de Godspeed Brewery

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Un poulet frit (karaage) croquant, juteux, chaud, salé, simple, satisfaisant.

Une saladeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Salade de champignons au beurre et vinaigrette umeboshi

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Une salade de roquette, trois champignons différents sautés au beurre, un peu d’algues, des won-ton frits pour plus de croquant, et une vinaigrette d’umeboshi.

Un plat de boeufAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tataki de boeuf, pâte yuzu-poivre, daikon râpé, ponzu faite maison

Photo : Radio-Canada / Cédric Lizotte

Un tataki de bœuf avec, en accompagnement, du daikon râpé et une pâte yuzu-poivre, en plus d’un ponzu fait maison. Servi à la bonne température. Simple, mais pas toujours facile à exécuter!

Un ragoût de bœuf et de miso rouge – le bœuf bourguignon japonais. Rond en bouche, et des saveurs profondes.

À mon goût, c’est peut-être le resto le plus rafraîchissant de toute la ville. Il est impossible de trouver la majorité des plats qui y sont servis ailleurs en ville. L’exécution est constante. Et les prix sont parfaitement abordables. C’est sans parler du décor post-industriel et du service souriant.

Je savais que j’allais aimer les bières de M. Lafontaine. Je ne savais pas que j’allais adorer les plats de M. Yamanaka.

Godspeed est au coin de la rue du restaurant Lake Inez. Little India deviendrait-elle une destination?

Cultures culinaires  

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