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La légalisation de la marijuana pourrait redonner vie aux petites municipalités

Une serre de cannabis peut atteindre des proportions industrielles, avec, souvent, des dizaines de milliers de plants rassemblés sous le même toit.

Les serres de cannabis s'ouvrent un peu partout dans le pays au fur et à mesure que l'entrée en vigueur de sa légalisation approche.

Photo : Getty Images / Uriel Sinai

La Presse canadienne

Partout au Canada, les entreprises de marijuana médicinale tâchent déjà d'augmenter leur capacité de production et d'augmenter leurs effectifs en vue de la légalisation du cannabis, le 1er juillet 2018. Elles ont besoin de beaucoup d'espace pour cultiver des milliers de plants, ce qui fait des régions rurales et des anciennes villes industrielles un choix naturel pour leurs activités.

Le plus grand producteur de cannabis canadien, Canopy Growth, a converti l'usine de chocolat abandonnée de Hershey, à Smiths Falls, en Ontario, en une installation qui emploie principalement des travailleurs de la communauté.

En Alberta, où la chute du prix du pétrole a porté un coup dur à l'économie, Aurora Cannabis construit une usine de production de près de 75 000 mètres carrés à Leduc.

La vallée de Cowichan, en Colombie-Britannique, appuie déjà le secteur du cannabis, indique Graham Whitmarsh, chef des opérations de Harvest One.

« Il y a un type de collectivité où je pense que ça convient très bien, surtout celles qui dépendaient par le passé de l'exploitation forestière », explique M. Whitmarsh, qui a par le passé conseillé le secteur pour des projets en Colombie-Britannique.

« Il s'agit d'un secteur d'activité tout à fait nouveau. Il va grossir pour devenir en bout de ligne quelque chose de substantiel et il ne dépend pas de ressources locales. Donc, ça cadre bien avec les collectivités », a-t-il ajouté.

Aux États-Unis, dans certaines régions, les petites villes ont profité de la légalisation de la marijuana. Le quotidien The Colorado Springs Gazette affirme que Wedgwick était au bord de la faillite avant que les distributeurs de cannabis n'obtiennent l'autorisation de s'y installer, en 2012. Depuis, la perception de taxes a financé la restauration de ses infrastructures en décrépitude.

À Adelanto, en Californie, la culture de plants de marijuana a provoqué une ruée vers les terres, ce qui a fait monter en flèche la valeur des propriétés, selon l'hebdomadaire LA Weekly.

Mais Lewis Koski, un conseiller auparavant responsable du contrôle de la marijuana au Colorado, invite les municipalités canadiennes à la prudence.

Il raconte que, chez lui, la seule taxe perçue sur la production de marijuana va entièrement dans les coffres de l'État et que les localités ne touchent à leur part du butin qu'après la vente des produits par leurs distributeurs. Si elles souhaitent imposer une taxe locale, elles risquent de nuire à leur avantage concurrentiel. M. Koski souligne d'ailleurs que le Colorado a investi la plupart des recettes dans la sensibilisation aux risques de la drogue, mais il admet toutefois que l'État a connu un essor du marché de l'emploi.

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