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Que sera l’athlétisme sans Usain Bolt?

Usain Bolt, auteur d'un 9,58 aux mondiaux de Berlin

Photo : Getty Images / ANTONIN THUILLIER/AFP

Radio-Canada

« Pour moi, Usain Bolt est le meilleur sprinteur de tous les temps, sans aucun doute », déclare un Bruny Surin convaincu. Selon l'ex-coureur canadien, l'athlétisme souffrira grandement lorsque le champion jamaïcain prendra sa retraite.

Celui qui détient depuis 2008 la marque mondiale du 100 m a mis la barre si haut qu’il faudra probablement attendre quelque temps avant de voir émerger un successeur de sa trempe. Surin croit que le Canadien Andre De Grasse pourrait être le prochain à dominer les sprints, mais arriver à 9,6 ou 9,5 [secondes] au 100 m, c’est une autre histoire.

« Sans Bolt, l’athlétisme sera en déclin. Même avec lui, il y a plusieurs compétitions qui ont disparu et d’autres qui ont lieu dans de plus petits stades, se désole le médaillé d’or du 4 x 100 m aux Olympiques d’Atlanta en 1996. Les gens achètent des billets pour Bolt. »

Je me risque à dire qu’il va y avoir un trou avant le prochain Usain Bolt.

Bruny Surin

Sprinteur atypique

À la retraite depuis un an, Surin couvrait pour Radio-Canada les mondiaux juniors à Sherbrooke en 2003. Son premier contact avec Bolt l’a convaincu : ce jeune au physique inhabituel pour un sprinteur allait un jour battre le record du monde au 100 m, voire le courir sous la barre des 9,7 secondes.

Il a formulé cette prédiction, que la plupart des gens autour de lui qualifiaient d’utopique, à la suite de son premier contact avec le Jamaïcain. « Juste le fait de l’avoir regardé, de voir sa posture, d'écouter comment il me parlait en entrevue… Ce gars-là a confiance en lui. S’il fait bien son travail, il va réussir. »

À Sherbrooke, Bolt mesurait déjà 1,95 m (6 pi 5 po), mais il n’avait pas encore acquis toute la masse musculaire qui allait lui permettre de marquer les esprits aux Jeux olympiques de Pékin, cinq ans plus tard. Il courait aussi un peu désaxé, selon Surin, ce qui portait à croire qu’il pouvait encore s'améliorer.

Tous les outils

Ce qui fait du triple champion olympique sur 100 et 200 m un athlète spécial, c’est surtout son charisme, estime Surin. « Les gens l’adorent parce que quand tu vas voir une de ses courses, il va y avoir un spectacle. Il ne va pas battre un record chaque fois, mais tu sais que l’argent que tu vas dépenser [va te donner] du divertissement. »

« Avant les JO de 2008, il avait dit : "Je vais courir le 100 m en 9,6 secondes. Les gens trouvaient que c’était n’importe quoi, mais il a livré la marchandise. Dans le stade, c’était le party, se souvient-il. Depuis, les amateurs suivent ses compétitions avidement, parce qu’ils savent que quelque chose de spécial peut se produire à tout moment. Il y a un buildup qui se fait [autour des courses de Bolt]. »

Sur la piste, au-delà de sa grande taille, c’est sa force psychologique qui lui donne une longueur d'avance sur ses opposants, croit Surin. Sa confiance infinie en lui, conjuguée aux doutes qu’il installe dans la tête des autres sprinteurs en piste, le démarque et le caractérise.

Andre de Grasse

Andre de Grasse

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

De Grasse, un futur champion?

Même s’il ne croit pas que De Grasse atteindra le niveau d’excellence de « l'Éclair », Bruny Surin se réjouit de son éclosion dans les deux dernières années.

« La première fois que je l’ai vu, aux Championnats canadiens, à Edmonton, en 2015, il m’a surpris. »

Le Québécois ne pensait pas que De Grasse ferait le poids contre des athlètes plus matures physiquement que lui. Alors âgé de 20 ans, l’homme de Scarborough avait remporté les grands honneurs du 100 m.

Il a ensuite gagné cette épreuve aux Jeux panaméricains de Toronto, puis s'est fait connaître du monde entier avec trois médailles aux Jeux de Rio l'année suivante.

Mercredi, il a annoncé qu’il devait mettre une croix sur les Championnats mondiaux  (Nouvelle fenêtre)– sa dernière chance de battre Bolt avant sa retraite – à cause d’une blessure.

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