•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cimetière musulman : Québec vend un terrain à la communauté

Les détails avec Stéphanie Tremblay
Radio-Canada

C'est la fin d'une longue saga. Les musulmans de Québec auront finalement leur cimetière. Le maire de Québec, Régis Labeaume, annonce que la Ville vendra un terrain au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).

Le terrain en question est situé au sud de la rue Frank-Carrel, à côté du cimetière Belmont. Il est d’une superficie de 5706 mètres carrés et le prix de vente est de 270 000 $.

Un lieu de sépulture y sera aménagé, tout comme un chemin d'accès de quelques mètres. « Ce sera un cimetière pour l'éternité », s'est réjoui le responsable par intérim du projet, Boufeldja Benabdallah.

Il estime que ce terrain permettra d'accueillir les défunts de la communauté pendant au moins 50 ans.

 

Un projet ficelé à toute vitesse

« Le comité exécutif de la Ville de Québec a voté le projet hier après-midi », a confirmé Régis Labeaume. « Aucune modification ne sera requise en termes de zonage. »

Le maire fait ainsi référence au projet de cimetière qui a été rejeté à Saint-Apollinaire, il y a trois semaines, au terme d’un référendum portant justement sur une question de zonage.

Après cette défaite amère pour le CCIQ, Québec « s’est remise au travail afin de trouver un terrain possédant le zonage adéquat et a fait une proposition au CCIQ que celui-ci a acceptée ».

Nous croyons, à la Ville de Québec, que chaque être humain a droit à un choix de sépulture dans la dignité et en harmonie avec ses croyances personnelles.

Régis Labeaume, maire de Québec

Les choses se sont réglées rapidement entre la Ville et le CCIQ. Le maire dit avoir téléphoné uniquement vendredi dernier aux responsables du CCIQ pour leur proposer ce lot.

Un terrain déjà convoité

Il y a près de 10 ans, le CCIQ avait convoité ce même terrain pour y établir un cimetière. Le lot appartenait alors au cimetière Belmont. « La transaction entre les parties ne s’était pas réalisée en raison de diverses contraintes techniques et surtout réglementaires », a rappelé Régis Labeaume.

En 2015, la Ville a toutefois acquis des lots excédentaires, ce qui a permis à la transaction annoncée vendredi de voir le jour.

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi ce projet n'a pas vu le jour plus tôt, Régis Labeaume a laissé entendre que ce n'était qu'une question de temps.

À la suite de l’attentat de Québec, le 29 janvier dernier, le maire avait fait la promesse qu’un tel lieu de sépulture serait mis en place pour la communauté musulmane de la région. Lors des funérailles de trois des six victimes, à Québec, il avait pris le micro et avait lancé « vous aurez ce cimetière musulman ».

Mais à l'époque, les représentants du CCIQ étaient déjà en pourparlers avec Saint-Apollianire, a indiqué Régis Labeaume lors de la conférence de presse de vendredi. Ce n'est qu'après l'avortement de ce projet que Québec est revenue à la charge.

Promesse tenue

Les membres de la communauté ont donc chaleureusement remercié le maire d'avoir tenu parole. « Merci, monsieur le maire, pour avoir tenu votre promesse », a lancé le président du CCIQ, Mohamed Labidi.

« C’est un grand jour que vit la Vieille Capitale, la ville de Québec, c’est un jour historique », a-t-il dit, ajoutant que la communauté musulmane est à la recherche d'un tel terrain depuis plus de 20 ans.

L'annonce de vendredi a aussi été reçue comme un « soulagement » par Boufeldja Benabdallah. Visiblement ému, M. Benabdallah a laissé entendre que ce projet n'était pas qu'une question de bureaucratie.

Il n’y a pas que des mots techniques que l’on doit prononcer, il y a aussi de la sympathie que l’on doit exprimer.

Boufeldja Benabdallah, coordonnateur par intérim du projet de cimetière musulman

Selon lui, les musulmans de Québec pourront enfin « mourir en paix » dans la région. Jusqu'ici, leurs dépouilles devaient être enterrées dans la région de Montréal ou même à l'étranger.

Québec

Société