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Inquiétudes dans la communauté gaie après plusieurs disparitions mystérieuses

L'affiche pour la rencontre lgbt à Toronto, avec inscrit dessus : veillez les uns sur les autres.

L'affiche pour la rencontre qui s'est déroulée à Toronto, avec inscrit dessus : veillez les uns sur les autres.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus de 200 membres de la communauté gaie de Toronto ont rencontré mardi soir la police de la métropole pour l'aider à élucider la disparition récente de deux hommes gais. Andrew Kinsman et Selim Esen n'ont plus été vus depuis juin et avril, mais la police n'a encore établi aucun lien entre leurs disparitions.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le centre communautaire 519 de la rue Church dans le village était plein à craquer. De nombreuses personnes, des hommes en très grande majorité, s'étaient déplacées pour entendre des enquêteurs qui étaient venus les rassurer et leur donner des conseils de sécurité.

La police a d'abord dissipé les rumeurs selon lesquelles ces deux récentes disparitions étaient liées avec celles de trois autres hommes gais dans le quartier au début de la décennie. Skandaraj Navaratnam, 40 ans, Abdulbasir Faizi, 44 ans et Majeed Kayhan, 59 ans, ont disparu entre 2010 à 2012 après avoir été vus dans le quartier Church et Wellesley.

Les murs de la salle communautaire étaient d'ailleurs placardés d'affiches portant les photos des cinq disparus. Une vingtaine de personnes se sont levées lorsque le modérateur de la soirée a demandé à la salle s'il y en avait qui connaissait personnellement MM. Kinsman et Esen.

Photos en mosaïque de Selim Esen et d'Andrew Kinsman.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les deux hommes disparus : Selim Esen (à g.) et Andrew Kinsman.

Photo : Police de Toronto

Plusieurs hommes se sont dits très inquiets, en particulier ceux qui approchent la cinquantaine, parce que tous ces hommes disparus sont âgés de plus de 40 ans. La police affirme toutefois que rien ne prouve qu'il y ait un lien entre toutes ces disparitions, mais elle continue son enquête à leur sujet.

Dans son allocution, l'inspecteur Peter Code a expliqué qu'il n'avait aucune preuve qu'un crime a été commis ou que les disparitions des deux Torontois ont un lien en commun. Il reconnaît qu'il ne pourrait de toute façon pas donner des détails sur l'enquête, parce que ceux-ci pourraient s'avérer être de précieuses pièces à conviction lors d'une éventuelle arrestation.

L'inspecteur Code a néanmoins demandé l'aide de la communauté.

N'assumez jamais que nous savons tout ce que vous savez, venez nous voir si vous pensez à un détail, un indice qui pourrait nous aider dans notre travail.

Une citation de : Peter Code, inspecteur

Il a en outre précisé que son service avait ajouté des ressources humaines additionnelles pour créer un contingent d'enquêteurs entièrement dédié à l'enquête sur toutes ces disparitions.

Le superintendant Tony Riviere du poste 51 a remercié la communauté LGBT de s'être mobilisée. Il explique que « l'abondance des informations recueillies dans la communauté a forcé [son] service à créer une unité d'enquête spéciale sur cette affaire ».

Mais il a répété que rien ne permettait de conclure pour l'instant que ces deux dernières disparitions sont de nature criminelle. Il souligne que l'unité compte en outre rouvrir de vieilles enquêtes qui n'ont rien donné dans le passé.

Le superintendant Tony Riviere du poste 51Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le superintendant Tony Riviere du poste 51

Photo : Radio-Canada

L'un des organisateurs de la rencontre, Greg Downer, explique qu'il y a probablement des témoins dans le village gai qui ont vu des choses sans s'apercevoir d'un danger quelconque ou sans savoir que ce genre d'information pourrait être utile à la police.

Nous devons être intelligents, parce qu'il y a quelque chose d'abominable qui s'est peut-être produit dans le quartier et nous devons être plus prudents.

Une citation de : Greg Downer, l'un des organisateurs de la rencontre

Il ajoute que la communauté doit toutefois surmonter ses peurs et ne pas tomber dans la désinformation.

M. Downer se dit par ailleurs confiant que la rencontre a permis de rassurer la communauté et de recueillir de nouvelles informations au sujet de Kinsman et d'Esen ou encore de rectifier certains faits. Les disparitions des deux hommes ont donné lieu aux rumeurs les plus folles au cours des derniers mois, comme celle portant sur la présence d'un tueur en série dans le village.

des gens de la communauté lgbt de Toronto se rencontre autour de tablesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

De nombreuses personnes, des hommes en très grande majorité, s'étaient déplacées pour rencontre les policiers.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Certains ont relevé le devoir de se serrer les coudes et d'être solidaires dans la communauté gaie après des années d'aliénation. Quelques-uns ont dressé un parallèle avec la disparition de femmes autochtones au Canada, tandis que d'autres ont rappelé que les deux hommes étaient portés disparus, mais qu'ils n'étaient pas forcément morts. Chaque intervention était ponctuée de chaleureux applaudissements.

Des membres de la famille d'Andrew Kinsman ont aussi profité de l'occasion pour donner des détails sur l'homme de 49 ans afin de tenter d'amasser des informations à son sujet pour aider les policiers à le retrouver. Ils ont aussi fait allusion à tous les hommes gais qui ont disparu et dont on n'est toujours sans nouvelles. La famille de Selim Esen était en revanche absente, parce qu'elle habite en Turquie.

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