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59 000 $ est le coût annuel par itinérant à Toronto

Un homme dort sur un banc de parc, ses effets personnels tenant dans quelques sacs.

Un homme dort sur un banc de parc, ses effets personnels tenant dans quelques sacs.

Photo : Getty Images / Dean Purcell

Radio-Canada

Chaque personne sans-abri à Toronto coûte en moyenne 59 000 dollars annuellement en services de tous genres, selon une étude de l'Université McGill.

Un texte de Fannie Bussières McNicoll

Les chercheurs concluent qu'il faudrait réorienter certaines dépenses dans des programmes de prévention pour lutter contre l'itinérance de manière plus efficace.

Une équipe de chercheurs, chapeautée par l'Université McGill, a fait l'exercice de calculer tous les coûts liés à l'itinérance. Ils ont démontré que si l'on additionne les frais entraînés par les visites à l'hôpital, les prestations d'aide sociale, les interventions policières, les traitements contre la toxicomanie et les services juridiques, la facture grimpe à 59 000 dollars par année par personne sans-abri souffrant de problème de santé mentale à Toronto.

Une équipe de chercheurs a suivi pendant deux ans, entre 2007 et 2009, plus de 900 personnes vivant dans la rue et avec un problème de santé mentale dans cinq villes canadiennes, soit Toronto, Montréal, Vancouver, Winnipeg et Moncton.

Pour réduire ces coûts, les gouvernements devraient investir davantage en amont, selon le docteur Sylvain Roy, neuropsychologue au Centre de santé communautaire Inner City de Toronto.

Il faut offrir les services nécessaires très tôt pour prévenir l'itinérance. Si l'on attend trop, ce qui reste, c'est les hôpitaux, les prisons et les centres d’urgence pour les sans-abri.

Une citation de Sylvain Roy
Le Dr Sylvain Roy, neuropsychologue au Centre de toxicomanie et de santé mentale et médecin au Centre de santé communautaire Inner City

Dr Sylvain Roy, neuropsychologue au Centre de toxicomanie et de santé mentale et médecin au Centre de santé communautaire Inner City

Photo : Radio-Canada / Jean-François Benoit

L’étude, dirigée par le Dr Éric Latimer de l’Université McGill, met en lumière le fait qu’une partie importante des frais associés à l’itinérance sont liés à la judiciarisation et à l’hospitalisation des personnes itinérantes qui souffrent d’un problème de santé mentale. Selon M. Roy, il serait possible de faire une meilleure utilisation de ces montants.

« Si on pouvait aider ces gens vulnérables directement dans leur communauté au lieu de [les faire] venir dans les hôpitaux, on sauverait énormément d'argent qui pourrait être réutilisé dans un fonds pour le logement, pour les services dans la communauté », d’expliquer M. Roy.

Les chercheurs ont découvert que les coûts associés aux différents services octroyés à ces personnes variaient grandement d'une ville à l'autre. Les coûts liés aux interventions des policiers et des tribunaux étaient plus élevés à Toronto que dans les autres villes, alors qu'à Montréal et à Vancouver, les hospitalisations en psychiatrie étaient plus dispendieuses qu'ailleurs. Par contre, à Montréal, on a remarqué que l'on investissait davantage dans les logements sociaux.

Le logement abordable, c'est un peu la clé de voûte pour lutter contre l'itinérance, selon Gaétan Héroux, membre de la Coalition ontarienne contre la pauvreté. À son avis, le manque de logements sociaux est un problème particulièrement aigu à Toronto.

« Le problème, c'est qu’on n'a pas de logements sociaux. Il faut avoir un programme national opéré par le fédéral, les provinces, et la Ville, et qu'on bâtisse des logements sociaux », selon lui.

Gaétan Héroux, membre de la Coalition ontarienne contre la pauvreté

Gaétan Héroux, membre de la Coalition ontarienne contre la pauvreté

Photo : Radio-Canada / Jean-François Benoit

Les chercheurs ont exclu le coût des médicaments, en raison de la difficulté à obtenir ces données, mais ils estiment qu'ils ajouteraient 3000 dollars en moyenne à la facture annuelle de l'itinérance.

35 000 personnes environ passeront la nuit dehors au Canada ce soir, et 235 000 ont été en situation d’itinérance à un moment ou l'autre dans la dernière année.

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