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Passagers coincés dans un avion : l'aéroport et Air Transat se renvoient la balle

Le vol TS157, un Airbus A330 en provenance de Bruxelles, avec à son bord 336 passagers, s’est posé à Ottawa plutôt qu’à Montréal en raison d'orages violents.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'aéroport international d'Ottawa et la compagnie Air Transat se renvoient la balle au lendemain du changement de parcours d'un avion, dans lequel des passagers sont restés coincés pendant des heures. L'appareil en provenance de Bruxelles devait atterrir à Montréal, mais a été dérouté vers Ottawa en raison d'orages violents.

Dans un communiqué rendu public mardi matin, la compagnie aérienne évoque « une situation exceptionnelle » hors de son contrôle et affirme que le personnel de l’aéroport d’Ottawa « n’a pas été en mesure de [...] fournir des passerelles ou escaliers qui auraient permis [aux] passagers de quitter [les] appareils pris au sol, et à l’appareil en provenance de Bruxelles d’être ravitaillé en eau potable, celle-ci étant épuisée à la fin du vol ».

Le transporteur explique cette longue attente « par la congestion sur la rampe de l’aéroport d’Ottawa ainsi que les délais de ravitaillement en carburant [des] appareils ». « Le manque de carburant dans l’appareil effectuant le vol TS157 explique aussi l’absence de climatisation à bord pendant un certain moment », poursuit le communiqué d’Air Transat.

« Nous sommes sincèrement désolés des inconvénients que cette situation hors de notre contrôle a pu causer à nos passagers », s'est contenté de conclure la compagnie aérienne, sans offrir d'excuses aux passagers. L'un d'entre eux, Maryanne Zéhil, entend bien exiger un dédommagement de la part d'Air Transat, une fois remise de ses émotions.

Nous sommes plusieurs à avoir pris la décision que Air Transat, plus jamais!

Maryanne Zéhil, passagère coincée à bord de l'appareil d'Air Transat

Pour les autorités de l’aéroport cependant, des autobus étaient prêts au cas où le transporteur voulait débarquer les passagers. Il s'agit d'une « décision qui n'a pas été prise [par le transporteur] », précise Krista Kealey, relationniste de l'aéroport d'Ottawa.

L’aéroport international d’Ottawa nie également avoir demandé à Air Transat de rester sur la piste, rappelant que les équipages sont responsables d'aviser les tours de contrôle lorsqu'ils sont prêts à prendre la piste.

Du côté du pilote, ses pouvoirs sont limités une fois que son appareil se trouve au sol, explique Jean Lapointe, pilote de ligne et expert en aviation civile. Selon lui, le pilote peut notamment faire ouvrir les portes afin que l'air circule dans la cabine. Des rubans colorés sont alors mis en place pour prévenir les chutes du haut de l'avion.

Entrevue avec le pilote de ligne Jean Lapointe, et Jacob Charbonneau, cofondateur et PDG de Vol en retard

L’appareil, un Airbus A330 avec 336 passagers à bord, s’est posé à Ottawa après 17 h. Les passagers n'ont pas été en mesure de descendre de l'avion. L'un d’entre eux a fait un appel au 911 pour pouvoir sortir de l'avion et des mesures d'urgence ont été déployées.

Des vols d'Air France, d'Air Canada et d'Emirates, entre autres, en provenance de plusieurs pays d'Europe et du Moyen-Orient ont également été déroutés à Ottawa. Ils sont restés de deux à trois heures sur la piste avant de prendre leur envol vers leur destination finale, soit Montréal ou Toronto.

Accélérer l'adoption du projet de loi C-49

Au bureau du ministre fédéral des Transports, on assure que ce genre de situation ne pourra plus se reproduire une fois qu'un projet de loi déposé par Marc Garneau au printemps sera adopté.

Le projet de loi C-49 obligera les compagnies aériennes, après trois heures d'immobilité sur une piste, à fournir aux passagers de l'eau, de la nourriture et la possibilité de débarquer de l'appareil lorsque c'est sécuritaire. Le texte obligera les compagnies aériennes à expliquer aux passagers les raisons des retards.

« Lorsque les voyageurs achètent un billet d'avion, ils s'attendent avec raison à ce que la compagnie aérienne respecte ses engagements, a déclaré Karen McCrimmon, secrétaire parlementaire du ministre Garneau dans un communiqué. Quand elle ne le fait pas, les voyageurs devraient connaître leurs droits et bénéficier d'une indemnité claire, transparente et exécutoire. De plus, certaines normes minimales de traitement devraient être établies. »

Les députés qui siègent au comité permanent des transports comptent étudier le projet de loi dès le début de septembre, avant la reprise des travaux parlementaires. L'adoption du projet de loi C-49 pourrait ainsi être accélérée.

Les États-Unis ont pour leur part adopté une loi similaire depuis au moins sept ans, rappelle Jacob Charbonneau, cofondateur et président-directeur général de Vol en retard, un organisme qui vient en aide aux passagers dans leurs démarches de réclamation auprès des compagnies aériennes.

Par exemple, les passagers peuvent descendre d'un appareil immobilisé sur le tarmac pendant plus de trois heures, lors d'un vol intérieur. L'attente s'étire jusqu'à quatre heures dans le cas d'un vol à l'étranger, précise M. Charbonneau. Si l'attente dépasse les deux heures, le transporteur doit fournir de l'eau et de la nourriture aux voyageurs.

Dédommagement possible?

« La raison du retard est importante » quand vient le temps d'exiger un dédommagement auprès de son transporteur aérien, dit Jacob Charbonneau de Vol en retard.

« Un retard causé par la météo ne donne pas nécessairement de dédommagement, nuance-t-il. Le fardeau de la preuve revient à Air Transat de démontrer que tout a été fait pour éviter les délais. »

Son organisme examinera plusieurs pistes pour aider les passagers à obtenir une compensation.

Avec les informations de La Presse canadienne

Ottawa-Gatineau

Justice et faits divers