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Des médecins enregistrés par leurs patients

Un médecin devant un patient avec un cellulaire

L'organisation qui protège les médecins de la faute professionnelle dit que les médecins n'ont rien à craindre, mais certains médecins sont mal à l'aise de se faire enregistrer.

Photo : CBC / Andy Hincenbergs

Radio-Canada

L'Association canadienne de protection médicale (ACPM) recommande aux médecins d'élaborer des politiques d'enregistrement lors des visites médicales au sein de leurs cliniques, alors qu'un plus grand nombre de patients les enregistrent avec ou sans leur consentement.

Au Canada, le consentement n'est pas nécessaire pour enregistrer une autre personne.

Selon le directeur général de l'ACPM, le Dr Douglas Bell, certains médecins ne savent pas comment réagir quand des patients disent vouloir enregistrer en audio ou en vidéo. « Nous commençons à recevoir de plus en plus d'appels sur les enregistrements par les patients », dit-il.

Le Dr Bell reconnaît que certains d'entre eux peuvent se sentir « mal à l'aise » d'être enregistrés par leurs patients, mais sans pour autant rejeter complètement cette avenue.

Il précise cependant que le risque de responsabilité pour les médecins canadiens demeure « minime », à moins qu'ils ne fournissent des conseils inappropriés. Autrement, l'enregistrement a ses avantages.

Si vous avez un patient avec un diagnostic important, disons un cancer, il n'entend vraiment rien de ce que vous dites après le mot "cancer". Ici, l’enregistrement de conseils est vraiment utile pour le patient.

Le directeur général de l'ACPM, le Dr Douglas Bell

L'ACPM suggère qu’un médecin qui accepte d'être enregistré par un patient reçoive une copie de l'audio ou de la vidéo pour l'ajouter au dossier médical.

L'enregistrement suggère un manque de confiance

La Dre Odile Kowalski a été enregistrée au moins une fois sans le savoir. Elle n'autoriserait pas un patient à l'enregistrer.

Mais la médecin de famille de Laval, au Québec, affirme toujours veiller à ce que ses patients reçoivent par écrit les informations importantes dont ils ont besoin avant de quitter son bureau.

Le Dr Vik Bansal, qui traite habituellement des patients âgés à l'hôpital Sunnybrook de Toronto, affirme lui aussi éprouver un malaise à l'idée d'être enregistré sans son consentement.

Tout en reconnaissant que les enregistrements pourraient être utiles pour ses patients, le docteur Bansal s'inquiète de l'endroit où le fichier audio ou vidéo pourrait se retrouver. « Il peut aller sur un flux Twitter, il peut aller sur YouTube. Je n'en ai aucune idée », s’inquiète-t-il.

YouTube peut supprimer une vidéo lorsqu'une personne estime que sa vie privée a été violée. Il faut cependant que celle-ci soit identifiable, ce qui peut parfois être une question d'opinion.

Le Dr Vik Bansal suggère à son tour de plutôt fournir aux patients toute l'information disponible sur leurs soins, mais par voie électronique, précise-t-il.

Sunnybrook fait partie d'un nombre croissant d'hôpitaux et de cliniques canadiens qui partagent des données personnelles sur la santé et des résultats de tests en temps réel avec leurs patients grâce à des sites Web ou des applications téléphoniques sécurisés.

Avec les informations de CBC

Société