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L'accès à Internet encore minime pour les prisonniers canadiens

Au Canada, les prisonniers doivent se contenter d’ordinateurs dépourvus de connexion, dans un temps alloué par les services correctionnels.

Au Canada, les prisonniers doivent se contenter d’ordinateurs dépourvus de connexion, dans un temps alloué par les services correctionnels.

Photo : Getty Images / Scott Olson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que de plus en plus de pays permettent aux prisonniers d'utiliser Internet, le Canada tire de l'arrière en privant les détenus d'un accès au web, estime l'enquêteur correctionnel du Canada.

Au Canada, les ordinateurs personnels sont interdits dans les pénitenciers depuis 2002. Les ordinateurs de bureau sont autorisés, à condition de respecter une série de contraintes, allant de la mémoire vive au nombre de haut-parleurs.

Les prisonniers doivent donc se contenter d’ordinateurs dépourvus de connexion, dans un temps alloué par les services correctionnels.

« Sachant tout l’argent investi dans le système des services correctionnels fédéraux », le Canada ne devrait pas accuser un tel retard, estime Ivan Zinger, enquêteur correctionnel du Canada.

Accorder l’accès à Internet aux prisonniers permettrait d’améliorer la sécurité publique, explique-t-il.

« Cela peut faciliter leur réintégration [dans la société] et peut être un bon outil pour s’éduquer et alléger du même coup le fardeau du personnel des services correctionnels », note M. Zinger, qui s’est entretenu avec des spécialistes des technologies de l’information.

Un détenu qui peut naviguer sur le web, même s’il s’agit d’un réseau informatique privé (Intranet), a plus de chance de pouvoir suivre des formations, de développer des connaissances, d'augmenter ses chances de se trouver un emploi au terme de sa sentence, et de diminuer le risque de récidive, estiment-ils.

1 ordinateur pour 63 prisonniers

Au pays, le ratio est d’un ordinateur pour 63 prisonniers, alors qu'il passe à environ un poste par 114 détenus dans les pénitenciers des Prairies.

« Même l’Ukraine est plus en avance [sur la question] que le Canada », déplore M. Zinger.

Aux États-Unis, les détenus ont le droit de consulter leurs courriels depuis 2009, mais tout le contenu échangé fait l’objet d’une surveillance des autorités.

Sur les postes sans connexion Internet, ils peuvent suivre des formations, avoir accès à du matériel éducatif et à toute la documentation juridique, indique Justin Long, porte-parole du Bureau fédéral des prisons.

Du côté de l'Union européenne, plusieurs prisons permettent aux détenus de se connecter, mais la navigation est contrôlée. La Belgique a même son propre système, « PrisonCloud », qui donne aux prisonniers un accès limité à Internet depuis leurs cellules, ce qui leur permet entre autres de télécharger des films – y compris du contenu pornographique – et de faire des appels.

Des raisons de sécurité

À la suite du rapport 2015-2016 de l’enquêteur correctionnel, le Service correctionnel du Canada (SCC) a promis de remédier à la situation en explorant de « potentiels projets pilotes de messagerie contrôlée, de tablettes et d’ordinateurs portables dans un environnement sécurisé ».

Mais le projet en serait toujours à la phase exploratoire. Aucun programme pilote n’a encore vu le jour.

« Pour des raisons de sécurité, les ordinateurs à la disposition des prisonniers ne donnent pas accès aux systèmes de sécurité du SCC, à des réseaux externes ni à Internet », explique Sara Parkes, porte-parole du Service correctionnel du Canada.

Pour Ivan Zinger, l’argument de la sécurité ne tient pas la route.

Je crois qu’il y a toujours d’autres solutions. Il suffit d’être prudent et de s’assurer que le système ne puisse être détourné à des fins illégales ou inappropriées.

Une citation de : Ivan Zinger, enquêteur correctionnel du Canada

« Mais si la surveillance est efficace et [qu’un prisonnier] parvient tout de même à détourner le système, alors il faut l’en priver », résume-t-il.

L’accès à un réseau sécurisé pourrait par ailleurs faciliter la vie au sein de la prison en permettant aux détenus de gérer leurs finances, de se renseigner sur toute question d’ordre juridique, voire de payer leurs repas à la cafétéria.

Avec les informations de CBC

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