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« Cultiver la confiance » : des légumes en vente libre sur l’île d’Orléans

Les consignes et les prix sont écrits sur une ardoise dans La p'tite cabane de la Ferme Poulin-Turcotte

Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand

Radio-Canada

Depuis le début du mois de juillet, un petit kiosque de légumes pique la curiosité des passants à Sainte-Famille sur l'île d'Orléans. Dans la cabane en bois d'à peine quelques mètres carrés, il n'y a pas de vendeur : les gens calculent eux-mêmes leur facture. « Ici, on cultive aussi la confiance », ont écrit les propriétaires.

Un texte d'Alexandre Duval

À « La p’tite cabane », sur le chemin Royal, tout le concept repose sur l’honnêteté de la clientèle. La copropriétaire de la Ferme Poulin-Turcotte l’admet : elle ne tient pas un inventaire rigoureux de ses légumes en vente libre.

« À l'oeil, ça balance et je me dis que si quelqu'un part avec des légumes sans payer, c'est parce qu'il en avait vraiment besoin! », lance tout doucement Marjolaine Turcotte.

La p’tite cabane a été construite sur un coup de tête. Au début de l’été, Marjolaine Turcotte croyait livrer des paniers de légumes à 200 familles, mais ce sont plutôt 175 abonnements qu’elle a enregistrés.

Il lui restait donc un surplus de légumes à écouler. « Il fallait trouver un plan B », dit-elle. En juin, le temps commençait à presser.

Les propriétaires de la Ferme Poulin-Turcotte et La p'tite cabane

Les propriétaires de la Ferme Poulin-Turcotte et La p'tite cabane

Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand

Souvenir d’un reportage vu à la télé

C’est là qu’elle s’est souvenue d’un reportage de Radio-Canada qui traitait de la vente des produits maraîchers en libre service. En 2013, l'émission L'épicerie avait notamment abordé le phénomène déjà bien implanté au Vermont.

Je vais paraphraser mon chum : on a fait un shift de nuit [pour arriver à implanter la cabane]! On a travaillé vraiment fort pour s'adapter.

Marjolaine Turcotte, copropriétaire de la Ferme Poulin-Turcotte
La Ferme Poulin-Turcotte mise sur l'honnêteté du public avec son kiosque de légumes en vente libre.

La Ferme Poulin-Turcotte mise sur l'honnêteté du public avec son kiosque de vente libre de légumes

Photo : Radio-Canada

L’idée était aussi porteuse pour la Ferme Poulin-Turcotte pour des raisons logistiques. « On fait toutes les opérations de l'entreprise [...] Pour nous, ce n'était pas une option d'être là pour répondre aux gens. »

Une cabane qui fait des heureux

Depuis l’ouverture de La p’tite cabane, le 7 juillet, les curieux ont été nombreux à s’y arrêter. Si l’absence d’un vendeur peut être intrigante de prime abord, les consignes sont simples et clairement écrites sur une ardoise à l’intérieur.

« Choisissez vos produits; calculez votre facture; glissez le montant juste en argent comptant dans la boîte près de la porte. »

Le concept semble plaire aux clients rencontrés par Radio-Canada. « Je trouve ça génial. C'est facile d'arrêter et prendre quelque chose dont on a besoin à la maison! », dit Marie-Michelle Simard.

Je trouve ça vraiment extraordinaire. Ça me convient énormément. En fait, je viens ici avant d'aller à l'épicerie alors je suis sûre d'avoir des légumes de qualité!

Réjeanne Camirand, cliente
Réjeanne Camirand fait ses emplettes à La p'tite cabane

Réjeanne Camirand fait ses emplettes à La p'tite cabane

Photo : Radio-Canada

Outre les paiements, Marjolaine Turcotte retrouve souvent des délicatesses dans la boîte de paiement.

« En plus de la caisse, en fin de journée, on reçoit de beaux petits mots! »

Une année de défis

Marjolaine Turcotte affirme que son surplus de légumes à écouler à La p’tite cabane est moins grand qu’elle l’avait prévu au début de la saison. C’est la faute de Dame Nature.

Le temps humide et froid était propice aux maladies. Comme on cultive sans pesticide, ça a donné une surcharge de travail.

Marjolaine Turcotte, copropriétaire de la Ferme Poulin-Turcotte

« Il a fallu faire de la taille dans nos plants de tomates, entre autres, pour assurer une bonne aération. »

Malgré tout, son offre répond à la demande actuelle. « Quand vous passez sur l’île, arrêtez voir notre P’tite cabane! ».

D'après les informations de Marie Maude Pontbriand.

Société