•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Maurice Filion, ancien DG des Nordiques, s'éteint à 85 ans

Maurice Filion s'éteint. Le reportage de Marie-Maude Pontbriand

L'ancien directeur général des Nordiques de Québec Maurice Filion est décédé à l'âge de 85 ans, vendredi soir.

Natif de Montréal, Filion a été embauché par les Nordiques dès leur fondation en 1972 et il a rapidement grimpé les échelons, passant de recruteur à entraîneur-chef et devenant finalement directeur général lors de l'été 1974.

Maurice Filion fait ensuite la transition dans la Ligue nationale de hockey (LNH) en même temps que les Nordiques, à la suite de l'écroulement de l'Association mondiale de hockey en 1979.

« Un flair » exceptionnel

L'ex-propriétaire et PDG des Nordiques, Marcel Aubut, dit ne conserver que de bons souvenirs de la quinzaine d'années qu'il a passées aux côtés de Maurice Filion.

Il se remémore autant son côté humain et charismatique que ses aptitudes pour comprendre le jeu. « Je n’ai jamais vu une personne avec autant de flair », illustre Marcel Aubut.

Ce n’était pas dans le temps des grandes technologies où tu as cinq ou six personnes qui travaillent sur des statistiques. Ces hommes de hockey-là avaient tout simplement un sixième sens, celui de comprendre le hockey.

Marcel Aubut, ex-propriétaire et PDG des Nordiques de Québec

L'homme se souvient aussi des qualités d'orateur de son premier directeur-gérant lorsqu'il avait affaire aux journalistes ou aux joueurs. S'ils ont véu « de belles histoires » ensemble, ils ont aussi traversé des tempêtes, rappelle Marcel Aubut.

« C’est lui qui a fait le travail le plus dur : celui du départ de deux légendes des Nordiques et du hockey en général, Peter Stastny et Michel Goulet. »

Maurice Dumas a suivi de près la carrière de Maurice Filion en tant que journaliste sportif au quotidien Le Soleil. Il retient qu’il a dû prendre de dures décisions, comme celle d'échanger deux légendes du hockey, Peter Stastny et Michel Goulet.

« L'équipe, à ce moment-là, était sur la pente descendante. Les deux avaient demandé si c'était possible de les échanger à des équipes qui avaient des chances d'aller plus loin ou de faire les séries éliminatoires », se rappelle Maurice Dumas.

Moi je dirais que Maurice Filion a été un bon directeur général pour les Nordiques et puis je pense qu'il a laissé aux amateurs de hockey de Québec de bons souvenirs.

Maurice Dumas, journaliste sportif à la retraite

Dans le « top 5 des meilleurs DG »

L'ex-chroniqueur sportif Michel Villeneuve a couvert les Nordiques dès le milieu des années 1970. Au fil du temps, Maurice Filion est devenu plus qu'un interlocuteur : il est devenu un ami. Encore dernièrement, M. Villeneuve lui téléphonait de temps en temps.

« Il a toujours été droit comme une barre! Jamais une version à un journaliste, une autre version à un autre [...] C'était un homme vrai », souligne-t-il.

Il était aussi un recruteur hors pair, selon M. Villeneuve. « Dans l'Association mondiale, il a donné leur chance à plusieurs joueurs dont personne ne connaissait le nom. »

Fait trop souvent oublié selon l'ex-chroniqueur, Maurice Filion a été le premier québécois francophone à décrocher un poste de directeur général dans une équipe de la LNH. « À la grande époque des Nordiques, je ne suis pas gêné de dire que Maurice Filion était dans le top 5 des meilleurs directeurs-gérants du hockey. »

Maurice n'a jamais reçu le crédit pour les qualités d'homme de hockey qu'il était.

Michel Villeneuve, chroniqueur sportif à la retraite

Toujours impliqué dans le sport

Après 14 saisons passées à titre de directeur-gérant des Nordiques, Maurice Filion perd ses fonctions à l'été 1988. Il hérite alors du poste de vice-président des opérations hockey.

Il assure ensuite l'intérim après le congédiement de Martin Madden en février 1990, avant de quitter pour de bon les Nordiques à l'été 1990.

Filion demeure impliqué dans le monde du sport québécois comme président de l'équipe de football de l'Université Laval et comme préfet de discipline de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il prend définitivement sa retraite en 2005.

Le trophée remis par la LHJMQ au directeur général par excellence porte d'ailleurs son nom depuis 2006.

Avec les informations de La Presse canadienne

Sports