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Ottawa se penche sur l'utilisation de blindés canadiens en Arabie saoudite

Le Premier ministre Justin Trudeau dans une conférence de presse à Winnipeg

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau a affirmé suivre « l'affaire de près », en réaction à la controverse des véhicules blindés canadiens utilisés par l'Arabie saoudite dans la répression de la minorité chiite.

De passage à Winnipeg, M. Trudeau a dit que le gouvernement fédéral prend « très au sérieux ces allégations ».

« Je sais que la ministre [Chrystia] Freeland a condamné ces rapports et réagi immédiatement pour faire un suivi, pour voir qu’est-ce qui se passe et qu’est-ce qu’on peut faire », a déclaré Justin Trudeau.

« Nous nous sommes engagés, en tant que gouvernement, à être plus ouverts, à être plus transparents et plus redevables envers les Canadiens par rapport à des enjeux comme ceux-ci, et c’est exactement ce que nous allons faire », a-t-il ajouté, précisant qu’Ottawa allait effectuer un « suivi immédiat ».

Le quotidien The Globe and Mail rapportait vendredi que, selon des experts ayant examiné des images de récents combats, l'Arabie saoudite se sert de véhicules blindés canadiens contre des militants de la minorité chiite.

Dans une déclaration par courriel, Affaires mondiales Canada a réaffirmé qu'Ottawa s'attend à ce que les utilisateurs d'exportations canadiennes respectent les conditions prévues dans les permis.

« Si l'on découvre que des exportations canadiennes ont été utilisées pour commettre de sérieuses violations des droits de la personne, la ministre [Chrystia Freeland] interviendra », a-t-on écrit.

L'utilisation finale et l'utilisateur final des exportations, de même que la stabilité régionale et les droits de la personne, sont des considérations essentielles dans l'autorisation de licences pour l'exportation de biens militaires du Canada.

Affaires mondiales Canada

Des leçons à tirer

L’ancien agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) Michel Juneau-Katsuya estime qu'Ottawa prend la bonne décision en essayant de faire la lumière sur cette situation.

« On se doit de connaître le fin fond de l’histoire et à partir de la connaissance des faits, tirer les leçons nécessaires », a-t-il mentionné en entrevue, ajoutant cependant que les échanges commerciaux à l'international sont « toujours compliqués ».

On peut peut-être même avoir réussi à inscrire dans le contrat que l’équipement ne devrait pas être utilisé, mais on ne contrôle pas la direction ou le gouvernement vers qui ça va.

Michel Juneau-Katsuya, ancien agent du SCRS

« Est-ce que ça doit ou pas empêcher d’avoir des échanges commerciaux? C’est une décision qui doit être prise en Chambre », a-t-il conclu.

L'an dernier, la décision du gouvernement de Justin Trudeau d'honorer un contrat entre le royaume et une entreprise ontarienne avait soulevé un tollé.

On réclamait la résiliation de ce contrat d'une valeur de 15 milliards de dollars, conclu sous Stephen Harper, en raison des violations des droits de la personne reprochées au régime saoudien.

Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Stéphane Dion, s'était dit incapable d'empêcher les exportations d'équipement canadien sans preuve qu'il serait employé à mauvais escient.

Répression contre la minorité chiite

Au moins cinq personnes ont été tuées depuis mercredi dans une opération policière menée contre la population chiite dans la ville d’Awamiya. Selon les informations relayées sur les réseaux sociaux, des blindés fabriqués en Ontario ont été utilisés par les forces gouvernementales pour mater la minorité chiite.

Les experts consultés par Radio Canada International ont confirmé que les véhicules montrés dans les bulletins d'informations et les publications sur les réseaux sociaux ont effectivement été fabriqués en Ontario.

Amnistie internationale a demandé au gouvernement fédéral d'annuler le lucratif contrat de 15 milliards de dollars pour la vente de véhicules blindés légers.

Avec les informations de La Presse canadienne, et RCI

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