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Les redevances de l’éolien, cinq ans après

Trois éoliennes

Trois éoliennes

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Radio-Canada

Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine et Mont-Louis perçoivent depuis plus de cinq ans les redevances versées par les entreprises qui exploitent les parcs éoliens construits sur leurs territoires. Cet argent a, pour l'instant, surtout servi à financer la mise à niveau de leurs infrastructures.

Un texte de Joane Bérubé

Lorsqu’il a été mis en fonction, le parc éolien de Gros-Morne d’une puissance de 211,4 mégawatts était considéré comme le plus gros au Canada.

Ce parc de 141 éoliennes est situé dans l’arrière-cour des villages de Mont-Louis et de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine. Le parc a été construit dans le cadre du premier appel d'offres d'énergie éolienne pour l'achat de 1000 MW par Hydro-Québec Distribution.

 Parc éolien

Parc éolien

Photo : ICI Radio-Canada

Avec 105 éoliennes sur son territoire, Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine reçoit plus de 200 000 $ par année de Cartier Énergie, soit plus de 150 000 $ en redevances et le reste pour un Fonds de visibilité destiné à financer des projets pour la communauté.

Le seul montant des redevances représente 20% du budget annuel de la petite municipalité qui compte moins de 300 habitants.

C’est, en Gaspésie, la municipalité qui a le plus tiré profit de l’implantation des parcs éoliens, estime le maire Joël Côté.

Bonne santé financière

Dès le départ, la Municipalité a reçu 249 000 $ en droits de permis de la part de Cartier Énergie. Cet argent a servi à l’achat d’un camion de pompier.

Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Puis la Municipalité a utilisé une partie des redevances pour limiter l’augmentation des impôts municipaux après la mise à niveau du réseau d’eau potable. Chaque contribuable a ainsi évité une augmentation de 300 $ de sa facture municipale.

La Municipalité utilise de cette manière 60 000 $ des 150 000 $ qu’elle reçoit chaque année. Elle n’a pas dépensé le reste. Le surplus s’élève à plus de 450 000 $.

Ce bas de laine devrait toutefois servir sous peu.

Joël Côté, maire de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Joël Côté, maire de Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Le nouveau conseil municipal qui sera élu à l’automne devra y voir, croit Joël Côté.

« À partir du moment où le problème de l'eau s’est réglé, le service incendie s’est réglé, on peut regarder un peu comment on va investir. C’est sûr que des projets récréotouristiques probablement ce serait une bonne chose que la Municipalité pourrait faire », commente M. Côté.

Des projets

Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine est d’ailleurs engagée à reprendre possession du phare de Pêches et Océans Canada (MPO).

La remise en état lui coûtera 104 000 $. De même, la Municipalité a entamé des discussions avec le ministère qui pourraient la mener à devenir propriétaire du quai de la marina.

Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Rivière Madeleine

Photo : Radio-Canada

Joël Côté est bien conscient que depuis la construction du parc de Gros-Morne, les redevances versées par les promoteurs aux municipalités sont plus généreuses. « C’est sûr qu’il y en a qui ont mieux que nous, je suis content pour eux, mais nous, on était à cette étape-là du développement. Il y en a qui n’ont rien eu », rappelle-t-il en citant notamment les parcs de Murdochville.

Il souligne aussi l’apport de Cartier dans l’entretien des chemins de l’arrière-pays, notamment celui qui se rend au lac au Diable.

Un fonds pas toujours facile à gérer

À Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, le Fonds de visibilité de 44 000 $ est géré par Cartier. Les projets sont soumis au conseil municipal qui analyse les dossiers et détermine le financement.

L’argent a servi entre autres à réparer l’église, à des projets de la Société de gestion de la rivière Madeleine ou de l’Administration portuaire ou des clubs de motoneige. « On est une municipalité où il n’y a pas une tonne d’organismes à but lucratif », commente le maire.

Bureaux de Cartier Énergie à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Bureaux de Cartier Énergie à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine

Photo : Radio-Canada

Ce dernier souhaiterait que ce fonds puisse être administré par un comité indépendant de l’administration municipale, comme c’est le cas à Saint-Maxime-du-Mont-Louis.

Les conseillers, relève le maire, sont souvent des gens engagés dans la communauté, qui font partie d’organisations. « Ça amène des problématiques », observe Joël Côté.

Si Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine est en bonne santé financière et peut penser à des projets de développement grâce à l’éolien, Joël Côte rappelle qu’il s’agit malgré cela d’une communauté considérée comme dévitalisée, avec une population vieillissante et en déclin.

L’argent de l’éolien est donc doublement bienvenu.

Le cas de Saint-Maxime-du-Mont-Louis

Outre les redevances d’une trentaine d’éoliennes du parc de Gros-Morne, Saint-Maxime-du-Mont-Louis reçoit celles aussi du parc de 67 éoliennes de Nortland Power.

Saint-Maxime-du-Mont-Louis

Saint-Maxime-du-Mont-Louis

Photo : Radio-Canada

Grosso modo, la Municipalité reçoit des montants similaires, soit environ 160 000 $ en redevances et 45 000 en Fonds de visibilité, à ceux versés à Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine. Mont-Louis compte toutefois une population de plus de 1050 personnes.

Le maire de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, Serge Chrétien, est bien d’accord avec son voisin en ce qui a trait aux montants versés. « C’est ce qui était négocié à l’époque », commente M. Chrétien.

La Municipalité gère cet argent en l’investissant, comme Sainte-Madeleine, dans les infrastructures. « On a toujours une mise de fonds à mettre comme municipalité. Sur 100 000 $, si on à 25 % à donner, on se sert de l’argent de l’éolien pour investir là-dedans », explique le maire Chrétien.

Achat de camions, d’équipements, réparation de la salle communautaire, tous ces projets se financent sans que la ville ait besoin de demander une contribution supplémentaire à ses citoyens. L’an dernier, la Municipalité a tout de même augmenté le taux d’imposition de 2 ¢ par tranche de 100 $ de l’évaluation municipale d'une propriété.

Serge Chrétien, maire Saint-Maxime-du-Mont-Louis

Serge Chrétien, maire Saint-Maxime-du-Mont-Louis

Photo : Radio-Canada

Contrairement à Sainte-Madeleine-de-Rivière-Madeleine, Saint-Maxime-du-Mont-Louis n’engrange pas de surplus.

Il y a une limite à ça, c’est un contrat de 20, 25 ans. Après 25 ans, on ne sait pas ce qui va se passer, c’est le temps d’améliorer nos infrastructures.

Serge Chrétien, maire de Saint-Maxime-du-Mont-Louis

Ce n’est pas ça qui va nous aider à contrer le déclin démographique, poursuit-il, la solution, ce sont des emplois.

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