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Des sénateurs demandent la libération de trois militants inuits de Terre-Neuve-et-Labrador

Des membres des « Gardiens du territoire », dont Jim Learning [à droite] qui s'opposent au projet de Muskrat Falls à Terre-Neuve-et-Labrador.

Des membres des « Gardiens du territoire », dont Jim Learning [à droite] qui s'opposent au projet de Muskrat Falls à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : CBC/Bailey White

Radio-Canada

Cinq sénateurs réclament la libération de trois manifestants qui ont été arrêtés plus tôt ce mois-ci pour avoir refusé de respecter une injonction leur interdisant toute manifestation sur le chantier de Muskrat Falls au Labrador.

Dans une lettre ouverte à l’intention de Dwight Ball, premier ministre de Terre-Neuve et du Labrador, les cinq sénateurs – Wanda Thomas Bernard, Lilian Dyck, Sandra Lovelace Nicholas, Murray Sinclair et Kim Pate – soutiennent que les activistes ont refusé de se plier à la demande d’injonction à cause de leurs inquiétudes quant aux impacts du projet hydroélectrique sur les communautés innues et inuites de la région.

Nous sommes estomaqués et déçus de constater que la réponse de la province quant aux inquiétudes [formulées par les activistes] et aux lacunes soulevées lors des consultations a été de jeter en prison ceux qui les évoquent

Extrait de la lettre ouverte de cinq sénateurs à l'intention du premier ministre terre-neuvien, Dwight Ball

Les cinq sénateurs expriment également leur soutien aux revendications des militants, qui se désignent eux-mêmes comme les « Gardiens du territoire », pour la réalisation d’une étude d’impact sur le projet.

« Nous demandons aux autorités provinciales de libérer les ''Gardiens du territoire'' et de leur accorder un espace où ils pourront soumettre leurs questions sur le projet de même que leurs requêtes sur une étude d’impact évaluant toutes les composantes du projet de Muskrat Fall », écrivent-ils dans la lettre.

Les trois activistes, Majorie Flowers, Jim Learning et Eldred Davis ont été arrêtés le 21 juillet et envoyés dans un pénitencier de Saint-Jean.

Des manifestants réclamant la libération de Majorie Flowers, Jim Learning et Eldred Davis, trois activistes qui s'opposent au projet hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador.

Des manifestants réclamant la libération de Majorie Flowers, Jim Learning et Eldred Davis, trois activistes qui s'opposent au projet hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador.

Photo : CBC/Eddy Kennedy

Jim Learning n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. En 2013, il avait déjà été incarcéré après une manifestation contre le projet hydroélectrique du Bas-Churchill. En plus de refuser de signer les documents juridiques nécessaires à sa libération, M. Learning avait entamé une grève de la faim.

Un plaidoyer en faveur d'un « meilleur leadership politique »

Dans une entrevue accordée à la radio de CBC, la sénatrice Kim Pate a expliqué qu’elle et ses collègues ont choisi d’écrire leur lettre parce qu’ils jugent que le gouvernement terre-neuvien n’en a pas fait assez pour prévenir l’escalade des tensions au point où des gens sont maintenant arrêtés pour avoir choisi de manifester.

La sénatrice a aussi indiqué qu’elle n’avait pas été convaincue par l’explication du ministre terre-neuvien de la Justice, Andrew Parsons, selon laquelle il n’était en mesure d’intervenir dans le dossier ni d’interférer avec le système de justice. « C’est complètement inadéquat de laisser ça entre les mains des cours de justice. Nous avons besoin de leadership politique », a-t-elle déclaré.

La sénatrice Kim Pate signe une lettre ouverte avec quatre autres de ses collègues où elle réclame la libération de trois activistes de Terre-Neuve-et-Labrador.

La sénatrice Kim Pate signe une lettre ouverte avec quatre autres de ses collègues où elle réclame la libération de trois activistes de Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : CBC/Ashley Burke

Kim Pate croit que les craintes des manifestants, de même que celles de la population, sur le projet de Muskrat Falls sont justifiées et avance que ses collègues sénateurs sont du même avis.

La sénatrice précise que cette lettre ouverte ne vise pas à critiquer la décision d’appliquer l’injonction par la cour, mais plutôt à interpeller le premier ministre Ball sur la question.

Kim Pate rappelle que le premier ministre terre-neuvien avait lui-même exprimé des réserves sur le projet hydroélectrique en 2012 et qu’il devrait donc être préoccupé par le traitement réservé aux manifestants.

« Tout le monde, pas juste les ''Gardiens du territoire'', devrait s’inquiéter de voir comment nous en sommes arrivés à une situation où le gouvernement provincial soutient aveuglément un projet dont le coût environnemental, humain, social et financier ne cesse d’augmenter », a-t-elle conclut.

 

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