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Les Chippewas devront éponger les frais juridiques de la pétrolière Enbridge

Le chef de la Première Nation des Chippewas de la Thames, Myeengun Henry, près de l'endroit où le pipeline d'Enbridge traverse le cours d'eau, au nord de London.

Le chef de la Première Nation des Chippewas de la Thames, Myeengun Henry, près de l'endroit où le pipeline d'Enbridge traverse le cours d'eau, au nord de London.

Photo : Radio-Canada / Kate Dubinski

Radio-Canada

Le revers essuyé en Cour suprême du Canada par la Première Nation des Chippewas de la Thames s'accompagnera d'une note salée : le plus haut tribunal du pays ordonne à cette petite communauté autochtone de l'Ontario de payer les frais de justice de la pétrolière Enbridge.

En vertu du jugement rendu mercredi, Enbridge pourra inverser le flux et accroître la capacité de sa canalisation 9B, qui relie Sarnia et Montréal.

Le jugement dit qu'Enbridge remporte les frais juridiques, ce qui signifie que nous devons les payer.

Myeengun Henry, chef nouvellement élu des Chippewas de la Thames

Le chef Henry soutient que sa communauté doit déjà régler ses propres frais juridiques, qui s'élèvent à 600 000 $.

Dans une déclaration communiquée à CBC, la porte-parole d'Enbridge a affirmé que celle-ci n'avait pas indiqué à combien s'élèvent ses frais dans ce dossier. Ajoutant qu'Enbridge n'avait pas fini d'étudier le jugement, Suzanne Wilton a déclaré que la Cour suprême n'avait pas fixé le montant des frais. « Cela nécessiterait une requête, et rien n'a été fait », a ajouté Mme Wilton.

Les Chippewas de la Thames, dont le territoire est situé entre le lac Huron et le lac Érié, réclamaient de la Cour suprême qu'elle annule l'autorisation accordée par l'Office national de l'énergie (ONE) à Enbridge. Toutefois, les neuf juges ne se sont pas rendus aux arguments des Autochtones.

Les magistrats ont estimé que l'ONE avait consulté adéquatement la Première Nation des Chippewas de la Thames, qu'il avait « suffisamment apprécié les effets potentiels du projet sur les droits des groupes autochtones » et qu'il avait pris des accommodements pour atténuer les risques.

Enbridge a salué la décision de la Cour suprême et s’est engagée à maintenir des relations fortes avec toutes les communautés autochtones.

Les Inuits solidaires des Chippewas

Dans une autre décision, également publiée mercredi, la Cour suprême a donné raison à la communauté inuite de Clyde River qui s'opposait à des essais sismiques auxquels l'ONE avait donné le feu vert.

Jerry Natanine, ex-maire de Clyde River au Nunavut, salue la décision de la Cour suprême lors d’une conférence de presse sur la colline du Parlement à Ottawa le 26 juillet 2017. À l’arrière-plan, le conseiller légal Nadar Hasan

Jerry Natanine, ex-maire de Clyde River au Nunavut, salue la décision de la Cour suprême lors d’une conférence de presse sur la colline du Parlement à Ottawa le 26 juillet 2017. À l’arrière-plan, le conseiller légal Nadar Hasan

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le leader de la communauté inuite, Jerry Natanine, a affirmé que les habitants de Clyde River se montreront solidaires des Chippewas. Ces derniers, en dépit de leur défaite en Cour suprême, maintiennent leur opposition au projet d'Enbridge sur leurs terres et n'excluent pas de recourir à la désobéissance civile.

Vendredi, Jerry Natanine s'est rendu dans la communauté des Chippewas afin d'assister à l'assermentation du nouveau chef.

Par communiqué, le leader inuit a fait la déclaration suivante : « Nous avons des droits et nous disposons de ressources. Nous sommes plus forts que ce que nos adversaires veulent nous laisser croire ».

Jerry Natanine affirme que les communautés autochtones doivent défendre leurs maisons, leurs terres et leurs eaux et qu'elles doivent « affirmer [leur] droit à l’autodétermination ».

 
Avec les informations de CBC

Autochtones

Justice et faits divers