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Un policier tue un homme : la commissaire à l'information veut rendre la vidéo publique

La commissaire Anne Bertrand

Anne Bertrand, commissaire à l’accès à l’information et à la protection de la vie privée du Nouveau-Brunswick, recommande que l'enregistrement vidéo soit rendu public.

Photo : CBC

CBC

L'enregistrement vidéo d'un policier qui a abattu un homme lors d'une intervention au Nouveau-Brunswick doit être rendu public, selon la commissaire à l'accès à l'information et à la protection de la vie privée, Anne Bertrand.

Un agent du service policier régional de Kennebecasis a abattu David McCaffrey, 26 ans, à l'extérieur de sa maison, à Rothesay, le 28 février 2014. La caméra corporelle du policier a enregistré des images de l’intervention.

Selon une description de l’enregistrement, les policiers ont tenté de raisonner avec M. McCaffrey. Lorsque ce dernier a commencé à s’infliger des blessures, ils ont tenté de le maîtriser avec un pistolet à impulsion électrique Taser, mais ils n’ont pu l’atteindre. L'homme s’est ensuite rué vers eux en brandissant des couteaux. Un policier a tiré deux fois sur lui, le blessant mortellement.

La Gendarmerie royale du Canada a enquêté sur l’affaire et conclu que le policier avait employé une force raisonnable dans les circonstances. Le policier a été exonéré de tout blâme.

CBC a essayé d’obtenir l’enregistrement vidéo pendant 15 mois, mais sans succès. Le service policier régional de Kennebecasis a refusé en expliquant qu’il voulait protéger la vie privée de la famille de M. McCaffrey.

L'intérêt public avant tout

La commissaire Anne Bertrand explique qu’elle a longuement réfléchi et qu’elle conclut que l’intérêt du public prime la vie privée dans ce cas. Il faut, selon elle, que le public comprenne pourquoi le policier a jugé que l’usage d’une telle force était nécessaire.

Mme Bertrand ajoute qu’elle a rédigé sa décision afin qu’elle puisse servir d’exemple en la matière pour les autres services policiers du pays.

Une maison entourée d'un ruban jaune

David McCaffrey a été abattu par un policier à l'extérieur de la maison de sa famille à Rothesay en février 2014.

Photo : CBC/Neville Crabbe

Sa décision peut entraîner des conséquences à l’échelle nationale, selon Michael Boudreau, criminologue à l’Université St. Thomas. Il dit que tous les services policiers au Canada devraient déterminer si cela influencera ou non leurs réponses à des demandes d’information.

Le service policier régional de Kennebecasis n’a toutefois pas l’obligation de respecter la décision de la commissaire Bertrand. Le chef Steve Palmer étudie la décision et il a demandé un avis juridique à ce sujet.

La famille McCaffrey n’a pas voulu faire de commentaires. Elle a demandé que sa vie privée soit respectée.

D’après un reportage de Karissa Donkin, CBC

Nouveau-Brunswick

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