•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Archives
  • Un concept canadien pour combattre les feux de forêt

    Reportage au bulletin de nouvelles Ce soir, 28 mai 1980
    Radio-Canada

    De la Colombie-Britannique à la Provence en passant par la Californie, des feux de forêt dévastateurs font rage ces jours-ci. L'avion-citerne est de loin le plus spectaculaire des moyens aériens utilisés dans la lutte contre les incendies forestiers. Retour en archives sur ce concept de bombardier d'eau connu mondialement sous le nom de « canadair ».

    En 1969, Canadair innove en mettant sur le marché l’avion bombardier d’eau CL-215. Jusqu’alors, les incendies n’étaient combattus qu’au sol, à l’aide d’outils et d’équipements mécaniques de toutes sortes : pioches, pelles, scies, réservoirs d’eau portatifs, boyaux, motopompes, camions-citernes, etc.

    Le bombardier peut désormais intervenir dès que l’incendie est détecté en larguant plusieurs charges d’eau parfois additionnée de retardant ou de mousse extinctrice. Il freine ainsi la progression du feu et facilite l’intervention des pompiers forestiers sur le terrain.

    Dans son reportage diffusé au Ce soir du 28 mai 980, le journaliste Claude Desbiens se trouve à Chibougamau, dans un avion-citerne Canadair CL-215, conçu et fabriqué à Montréal. Le pilote lui confirme que cet avion est probablement le meilleur au monde pour lutter contre les incendies de forêt qui sévissent alors au Québec et à Kenora en Ontario.

    C’est ce même type d’avion, communément appelé le « canadair » qui survole encore aujourd’hui le ciel rouge du parc Yosemite ou du Var pour arroser les forêts embrasées dans le but d’éteindre ces monstres de feu.

    Le bombardier d'eau de Canadair

    • Le premier vol de détection aérienne en territoire canadien, mais aussi le premier vol de brousse au monde, a lieu au Québec. L’hydravion, un Curtiss HS-2L acheté de la marine américaine par le gouvernement canadien, effectue un premier vol de reconnaissance au-dessus du secteur du lac à la Tortue, dans la région de Grand-Mère, à l’été 1919. Le succès de cette première expérience entraîne la création d’une flotte d’hydravions pilotés par d’anciens pilotes de guerre, qui sera mise à la disposition des papetières pour la protection des forêts contre le feu.
    • Après le CL-215 et le CL-215T, Canadair lance en 1993 le Bombardier 415, le nec plus ultra des avions amphibies québécois. Plus moderne et plus puissant que ses prédécesseurs, il peut aussi écoper une charge d’eau plus importante. Quant au Bombardier 415 multimission, semblable à son cousin, il a été adapté pour satisfaire aux exigences des missions de surveillance maritime, notamment dans les régions côtières.
    • Le terme canadair est passé dans l’usage de la langue française en 1972 pour désigner les bombardiers d’eau conçus par la firme québécoise.
    • En 10 secondes, le CL-215 peut écoper une charge d’eau de 5400 litres à même les lacs et rivières et la libérer d’un seul coup.
    • Au Canada, les avions amphibies de Bombardier sont surtout utilisés dans les Territoires du Nord-Ouest, dans la zone s’étendant de l’Alberta au Québec, ainsi qu’à Terre-Neuve. Le bassin hydrographique important de même que la topographie du territoire en justifient l’emploi.
    • Le CL-215 compte au nombre des initiatives qui ont permis au Québec de développer une expertise reconnue dans de nombreux pays. De fait, depuis 1969, le CL-215 a été exporté dans huit pays, sur quatre continents. L’Espagne possède quinze CL-215T. Quant au Bombardier 415, il est maintenant utilisé en Europe, notamment aux abords de la Méditerranée. Au Québec, les coûts d’opération élevés ont cependant obligé la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) à réduire sa flotte d’appareils au cours des années 1990.
    Encore plus de nos archives  

    Archives

    Société