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L'Alberta investit dans l'enseignement des langues autochtones

Le gouvernement albertain investit dans la formation d'enseignants spécialisés dans les langues autochtones.

Le gouvernement albertain investit dans la formation d'enseignants spécialisés dans les langues autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En partenariat avec l'Université de l'Alberta, le ministère de l'Éducation de la province veut former des enseignants pour permettre à davantage d'élèves du primaire et du secondaire d'apprendre les langues autochtones.

Un texte de Nicolas Pelletier

Dans une classe d’été de l'Institut canadien pour le développement des langues et de la littératie autochtone (CILLDI), des instructeurs perfectionnent leurs méthodes pour enseigner le cri, le déné ou encore le nakota.

Le gouvernement a décidé de les soutenir financièrement et d'encadrer leur formation, comme c’est le cas pour Laverne Firstrider, membre de la Première Nation de Blood, dans le sud de l’Alberta.

« J’enseigne déjà le pied-noir, indique-t-elle, mais ici j’apprends à mieux dispenser les leçons et les devoirs. C’est ma grande faiblesse! »

Laverne Firstrider enseigne le pied-noir dans le sud de l'Alberta.
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Laverne Firstrider enseigne le pied-noir dans le sud de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada

À son avis, il est crucial que les jeunes de sa communauté apprennent leur langue.

« Il faut enseigner ces langues en bas âge, mais jusqu'à présent, c'est l'anglais qui s'est imposé. Maintenant, la réalité nous rattrape : nous perdrons notre langue si nous n'agissons pas. »

— Une citation de  Laverne Firstrider, enseignante

Le saviez-vous?

  • Le pied-noir est l’une des dix langues maternelles autochtones les plus déclarées au pays.
  • Ses locuteurs sont concentrés à 97,5 % en Alberta.
  • 13,2 % des Albertains déclarent avoir une langue maternelle autochtone.

Source : Statistique Canada (2011)

Le chef de la Première Nation de Lubicon Lake, Billy Joe Laboucan, aussi linguiste cri, partage cet avis.

« C’est tellement important de connaître nos histoires, nos contes. Ils sont le fondement de la pédagogie », fait-il valoir devant un auditoire constitué de futurs enseignants.

Billy Joe Laboucan, chef de la Première Nation de Lubicon Lake et linguiste cri
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Billy Joe Laboucan, chef de la Première Nation de Lubicon Lake et linguiste cri

Photo : Radio-Canada

Lui-même conteur, Billy Joe Laboucan a dénoncé le fait qu’il n’ait pas eu accès à certains textes en langue crie avant ses 50 ans.

« Ce travail de revitalisation des langues autochtones est une étape importante pour aborder les erreurs historiques en éducation. Il en va de la vérité et de la réconciliation. »

— Une citation de  Billy Joe Laboucan, linguiste cri et chef de la Première Nation de Lubicon Lake

Immersion autochtone

Le ministre de l'Éducation, David Eggen, a annoncé un financement de 665 000 $ sur trois ans afin de former 120 enseignants.

L’ancien enseignant est convaincu que son initiative sera bénéfique pour la vitalité des cultures autochtones, mais aussi pour le développement des élèves.

« Les études démontrent que l’apprentissage et l’habileté de parler des langues autochtones augmentent les performances académiques et renforcent le lien entre les peuples et leurs cultures. »

— Une citation de  David Eggen, ministre albertain de l'Éducation

À long terme, il souhaite jeter les bases d'un éventuel programme d'immersion pour les langues autochtones, semblable au programme d’immersion française.

 

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