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Un projet immobilier controversé à Pierrefonds

Le groupe de citoyens Sauvons l'Anse-à-l'Orme estime que du remblai illégal a été fait sur le site. On voit sur la photo à gauche, des roseaux, et à droite une montagne de gravier.

Le groupe de citoyens Sauvons l'Anse-à-l'Orme estime que du remblai illégal a été fait sur des milieux humides.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des opposants au gigantesque projet immobilier Cap-Nature à Pierrefonds, dans l'ouest de l'île de Montréal, soutiennent qu'il y a eu du remblai illégal dans des milieux humides.

Mise au point

Cet article a été publié à l'origine le lundi 24 juillet 2017 sous le titre « Un projet immobilier controversé à Pierrefonds ». Dans cette première version, nous omettions de donner un droit de réplique au promoteur du projet Cap-Nature et à la Ville de Montréal afin qu'ils répondent aux accusations portées par les opposants au projet. Nous publions ici une nouvelle version de notre article avec leur réponse. Radio-Canada s'excuse des inconvénients que cela a pu causer.

Le groupe de citoyens Sauvons l'Anse-à-l'Orme estime que ce remblai bouleverse l'écosystème. « Et ça ne devrait jamais se faire sans permis », déplore l'une des opposantes au projet, Alison Hackney, qui affirme avoir été témoin de travaux illégaux.

Sauvons l'Anse-à-l'Orme allègue que le remblai a été fait sans certificat d'autorisation, ce qui est pourtant obligatoire en zones humides.

On peut constater que le niveau du sol est beaucoup plus élevé. Le printemps, ça occasionne un gros problème, parce que l'eau ne peut plus s'écouler vers le ruisseau Lauzon.

Gilles Paquin, membre du regroupement Sauvons l'Anse-à-l'Orme

Dans les plans des promoteurs, le ruisseau Lauzon ainsi que la rivière à l'Orme, l'une des dernières rivières à l'état sauvage de l'île, sont pourtant préservés.

« C'est un projet qui n'a vraiment pas de sens, ajoute Alison Hackney. Avec les inondations de cette année, beaucoup de gens vont comprendre la valeur du terrain. »

D'ailleurs, le site a été partiellement inondé ce printemps. Le secteur submergé est cependant celui que les promoteurs entendent transformer en parc.

La réponse des promoteurs

La présidente des Immeubles L'Équerre, Marie-Pierre Durand, est l'une des cinq entrepreneurs derrière le projet Cap-Nature. Elle ne peut pas dire ce qui s'est passé au fils des ans sur l'ensemble des terrains. Elle affirme cependant que les terrains qu'elle possède « semblent très bien ».

Les gens de l'Anse-à-l'Orme peuvent dire ce qu'ils veulent, mais on est des promoteurs responsables. On agit avec respect de l'environnement, en collaboration avec Canards Illimités, la Ville de Montréal, les grands parcs, l'arrondissement de Pierrefonds et le ministère de l'Environnement.

Marie-Pierre Durand, présidente des Immeubles L'Équerre, l'une des cinq entrepreneurs derrière le projet Cap-Nature

Elle ajoute que tous les promoteurs participant avec elle au projet agissent pour préserver les milieux humides et les espèces animales et végétales qui y vivent.

Gilles Paquin et Alison Hackney du groupe de pression Sauvons l'Anse-à-l'Orme. Ils posent sur les anciennes terres agricoles où la nature semble avoir repris ses droits. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gilles Paquin et Alison Hackney du groupe de pression Sauvons l'Anse-à-l'Orme

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Requête en Cour supérieure

Le groupe de citoyens Sauvons l'Anse-à-l'Orme s'est adressé à la Cour supérieure pour demander que l'état naturel des lieux soit restauré.

La requête vise uniquement la Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec, car il s'agit du terrain où doit être construit un boulevard urbain qui relierait le boulevard Gouin à l'autoroute 40.

Selon la poursuite, plus de 3000 chargements de gravier auraient été déversés dans ce secteur, ce qui aurait éliminé jusqu'à 13 700 mètres carrés de milieux humides.

En raison des délais qui ont cours dans le système judiciaire, Alison Hackney de Sauvons l'Anse-à-l'Orme estime qu'il faudra attendre environ deux ans que la cause ne soit entendue.

Or, le projet vient tout juste de faire l'objet d'audiences auprès de l'Office de consultation publique de Montréal, dont les recommandations sont attendues sous peu.

Ces consultations constituaient la dernière étape avant l'autorisation finale du projet par la Ville.

Appuis politiques

Le groupe de citoyens Sauvons l'Anse-à-l'Orme a reçu des appuis politiques dans sa lutte contre le développement immobilier.

Projet Montréal a manifesté son opposition dans un mémoire qui recommandait plutôt la création d'un parc national sur le site. Ce parc regrouperait les terres de l'Anse-à-l'Orme, du parc agricole du Bois-de-la-Roche, de l'arboretum Morgan et du parc-nature du Cap-Saint-Jacques.

Le parti Vrai changement pour Montréal est lui aussi contre le projet.

Cap-Nature reçoit cependant le soutien de l'administration Coderre et de l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.

La Ville de Montréal n'a pas l'intention de commenter le dossier qui est devant les tribunaux. Dans sa défense déposée en cour, la Ville nie les allégations de Sauvons l'Anse-à-l'Orme et demande à la cour de rejeter la requête.

La Ville soutient entre autres que les demandeurs « n'ont pas l'intérêt juridique pour s'immiscer dans les relations juridiques entre le MTQ et la Ville de Montréal ».

De son côté, le ministère des Transports préfère ne pas commenter le dossier en raison de sa judiciarisation.

Une carte du développement immobilier de Cap-Nature à Pierrefonds à MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une carte du développement immobilier de Cap Nature à Pierrefonds

Photo : Cap Nature

Le projet Cap-Nature en quelques mots

Cap-Nature est le plus important projet immobilier en cours à Montréal. Il prévoit la construction de 5500 unités d'habitation dont 1500 logements abordables et sociaux. À terme, 15 000 personnes devraient y habiter. La superficie totale du projet est de 365 hectares, soit environ 500 terrains de football. La moitié du terrain serait préservée sous forme de milieux naturels boisés et de milieux humides.

Avec les informations de René Saint-Louis

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