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  • Visite des bases militaires du NORAD en pleine guerre froide

    Images de l'éruption du volcan White Island

    Radio-Canada

    Il y a 60 ans, le Canada et les États-Unis créaient le Commandement de la défense aérienne de l'Amérique du Nord, le NORAD. Dix ans plus tard, on permettait à un journaliste de Radio-Canada de visiter son centre d'opérations au cœur du mont Cheyenne, aux États-Unis. Cette incursion fascinante illustre à merveille le climat de guerre froide qui règne à cette époque.

    Détecter, intercepter et détruire, telle est la mission du NORAD. Ce commandement unifié est instauré alors que les États-Unis et le Canada craignent une attaque aérienne venant de l’Union soviétique.

    Que cela nous plaise ou non et quoi qu’il arrive entre les États-Unis et la Russie, cela va se dérouler au-dessus de nos têtes.

    Major-général David Adamson, chef des opérations au mont Cheyenne

    La mission du centre des opérations du mont Cheyenne est de surveiller l’espace aérien et de détecter tout avion inconnu au-dessus du continent nord-américain. La base militaire a été creusée à même la montagne.

    On y a tout prévu, on peut y vivre 30 jours sans avoir à en sortir.

    Le journaliste André Payette

    Le reportage d’André Payette, diffusé au magazine Le 60 du 15 juin 1976, nous présente les différentes installations du NORAD. Pour celle du mont Cheyenne, le journaliste doit franchir deux portes blindées de 25 tonnes et descendre 600 mètres sous terre. Sa description des lieux nous informe que la peur d’une attaque nucléaire est bien implantée. La base comprend un dortoir de 1000 lits, des immeubles d’acier avec des fondations faites de ressorts géants, un hôpital de campagne et assez de nourriture pour tenir un siège d’un mois.

    Pour bien comprendre la mission du NORAD, le journaliste s’entretient avec quelques généraux des armées canadienne et américaine qui collaborent sur place. On y apprend que les objectifs ont évolué.

    La nouvelle mission met l’accent sur la guerre spatiale, l’alerte avancée et la surveillance de toute attaque-surprise.

    Général Daniel James, base militaire du mont Cheyenne

    Le reportage se poursuit à la base militaire de North Bay, en Ontario. Le seul poste de commande du NORAD situé sur le territoire canadien a aussi été construit sous terre, afin de pouvoir résister à une attaque nucléaire. Pour répondre aux alertes, le groupe canadien de la défense de NORAD compte trois escadrilles de combat, dont une à Bagotville, au Québec. Le journaliste André Payette assiste d’ailleurs à une simulation de l’escadrille des Alouettes. Les deux avions CF-101 Voodoo sont en alerte 24 h sur 24 et doivent répondre à un signal d’alarme en moins de 5 minutes.

    Déjà, le colonel Tousignant, commandant de la base de Bagotville, précise que les avions sont en fin de vie après 20 ans d’opération. Leur remplacement pour des F-14 ou F-15, beaucoup plus sophistiqués et dispendieux, est prévu par le ministère de la Défense nationale. La question de l’achat d’avions de chasse, une dépense publique extrêmement coûteuse, n’a pas fini de faire réagir.

    Plus vieil accord militaire canado-américain en vigueur, le NORAD existe toujours aujourd’hui, bien que sa mission ait évolué au cours des années.

    Le rôle du Canada dans le NORAD

    • C’est en août 1957 que le Canada et les États-Unis créent le Commandement de la défense aérienne de l’Amérique du Nord, le NORAD (pour North American Aerospace Defense Command), d’abord sur une base provisoire.
    • Si la structure militaire est en place depuis le 12 septembre, l’accord proprement dit est signé le 12 mai 1958, déclarant que « la meilleure solution au problème de la défense aérienne de nos deux pays consisterait à déléguer à un quartier général unifié la direction des opérations de toutes les unités de combat des forces nationales affectées à la défense aérienne des deux pays ».
    • La nomination du commandant en chef du NORAD relève du premier ministre du Canada et du président des États-Unis. Elle revient au plus haut gradé de l’un ou l’autre des deux pays.
    • Le quartier général du NORAD se situe aux États-Unis, dans le complexe souterrain de la Peterson Air Force Base, à Colorado Springs, tandis que le commandement et le contrôle sont effectués par le centre d’opérations de Cheyenne Mountain.
    • La première coopération pour la défense de l’Amérique du Nord entre les États-Unis et le Canada remonte à 1938. Le président Roosevelt et le premier ministre Mackenzie King s’étaient entendus pour se porter assistance mutuelle au cas où des forces ennemies attaqueraient l’un des deux pays.
    • Durant la Seconde Guerre mondiale, les deux pays signent tout d’abord la déclaration d’Ogdensburg, en août 1940, qui crée la Commission permanente mixte de défense (CPMD). En avril 1941, les deux États voisins renforcent leur entente avec la déclaration de Hyde Park.
    • En 1954, de nouveaux accords pour l’installation de systèmes de détection avancée sont conclus, créant le réseau Mid-Canada, également appelé McGill Fence, le long du 55e parallèle.
    • En juillet 1957 est achevé le troisième réseau de détection. Le réseau DEW est implanté le long du 77e parallèle.
    • Lorsque éclate la crise des missiles cubains, en 1962, le président américain John F. Kennedy déclare un état d’alerte élevé et dès le 22 octobre utilise les forces armées, dont celles du NORAD, et ce sans aucune consultation avec le premier ministre canadien John Diefenbaker.
    • En juin 2000, la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright et le ministre des Affaires étrangères du Canada Lloyd Axworthy reconduisent l’accord du NORAD.
    • Le 5 août 2004, l’accord du NORAD est modifié. Malgré les pressions américaines, le Canada y exclut la participation au projet d’élaboration et de développement du bouclier antimissile américain.
    • En mai 2006, une nouvelle version est adoptée en Chambre des communes. Plus vieil accord militaire canado-américain en vigueur, le NORAD devient permanent.
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