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Aires protégées : le Québec retarde le Canada, déplorent des écologistes

La rivière Magpie, dans la région de la Côte-Nord, est l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, avec ses 280 km de longueur.

La rivière Magpie, dans la région de la Côte-Nord, est l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, avec ses 280 km de longueur.

Photo : SNAP Québec/Charlene Daubenfeld

Radio-Canada

Le Canada arrive bon dernier parmi les pays du G7 en ce qui concerne la protection de son territoire, et c'est dû en grande partie au Québec, fait observer la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) dans un rapport publié lundi.

Le gouvernement canadien s’est engagé en 2010 à protéger 17 % de son territoire terrestre d’ici 2020, afin de respecter son engagement envers la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, mais, dans les faits, seulement 10,6 % du territoire a été protégé à ce jour.

Le pays arrive ainsi bien loin derrière les leaders en matière de protection du territoire que sont l’Allemagne (37,8 %), le Royaume-Uni (28,5 %) et la France (25,8 %).

Le Québec, dont seulement 9,35 % du territoire est protégé, n’aide pas à la cause, surtout que les progrès ont été lents au cours des dernières années. Moins de 1 % du territoire s’est ajouté à la liste des aires protégées dans la province en six ans, fait remarquer la SNAP.

On fait le calcul simple : ça va être difficile d’atteindre le 17 % en 2020.

Alain Branchaud, directeur général de la SNAP

Même si les provinces des Maritimes ont un pourcentage encore plus faible, la grandeur du territoire québécois confère à la province une responsabilité plus importante dans ce dossier.

Tableau donnant les informations suivantes : Allemagne : 37 %; Royaume-Uni : 28,5 %; France : 25,8 %; Italie : 21,5 %; Japon 19,4 %; États-Unis : 13 %; 10,6 %Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pourcentage d'aires protégées dans les pays du G7

Photo : Radio-Canada

Besoin d'un « chef d'orchestre »

Or, il existe un manque de cohésion dans l’appareil gouvernemental, affirme Alain Branchaud, directeur général de la SNAP.

« Si on regarde un peu comment fonctionne le gouvernement québécois, il y a plusieurs ministères qui ont une responsabilité au niveau de l’affectation du territoire, dit-il. Il y a des gens qui s’occupent des forêts, il y a des gens qui s’occupent des mines, il y a des gens qui s’occupent de protection de l’environnement de façon plus spécifique. Par contre, la conciliation entre ces différents ministères est difficile. »

« Le message qu’on lance aujourd’hui, c’est que ça prend un leadership. On veut avoir un chef d’orchestre qui va faire en sorte qu’on va agir de manière cohérente », affirme M. Branchaud.

Plusieurs projets sont mûrs et font l’objet d’un consensus de la part des communautés locales, affirme le directeur général de la SNAP, mais « ils finissent par mourir parce qu’il y a de l’obstruction qui est faite par certains ministères à l’intérieur du gouvernement. »

Ce qu’on sait, c’est que le potentiel forestier, minier et hydroélectrique [donne] toutes sortes de raisons pour retarder les annonces. Dans certains cas, on passe à côté de belles occasions. Le consensus qu’on avait bâti s’effrite.

Alain Branchaud, directeur général de la SNAP

Entrevue avec le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Canada, division Québec, Alain Branchaud

La SNAP estime que plusieurs territoires pourraient rapidement être inclus parmi les aires protégées de la province, dont le bassin versant de la rivière Magpie, sur la Côte-Nord, et les montagnes Blanches, au Saguenay–Lac-Saint-Jean. D’une superficie de 10 000 km, cette zone est essentielle à la préservation du caribou forestier.

Même si des engagements ont été pris pour préserver de larges pans du territoire visé par le Plan Nord, il importe de protéger une variété d’écosystèmes, affirme M. Branchaud, afin de respecter les termes des ententes internationales.

La SNAP se réjouit de voir le gouvernement fédéral reprendre du leadership dans ce dossier, contrairement au gouvernement précédent, dit-il.

Il déplore toutefois que Québec poursuive sa propre « feuille de route » et ne participe qu’en observateur au plan fédéral.

La création d’aires protégées constitue une solution idéale pour lutter contre les changements climatiques et créer de l’activité économique régionale durable, estime Alain Branchaud.

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