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Une mouche à fruits qui détruit les récoltes de framboises

Une framboise malade, abîmée par la drosophile à aile tachetée

Millar Berry Farms, à London, a perdu toute sa culture de framboises à cause de la drosophile à ailes tachetées.

Photo : Document remis par Matt Millar

Radio-Canada

Les framboises du marché alimentaire Millar Berry Farms étaient parfaites. Prêtes à être cueillies et vendues dans le Sud-Ouest de l'Ontario. C'était sans compter sur les dégâts d'un microscopique, mais ravageur insecte : la drosophile à ailes tachetées. Cette mouche à fruits peut détruire des cultures fruitières entières.

Il s'agit d'une mouche à fruits envahissante d'origine asiatique qui s'est propagée dans la plupart des régions productrices de fruits de l'Ontario. Le parasite rend les fruits impropres à la consommation.

Malgré une minutieuse surveillance, la petite bête a fait son chemin jusqu'à Millar Berry Farms.

« C'est très dévastateur. Nous avons travaillé dur et maintenant, nous devons abandonner toute la récolte », se désole le propriétaire, Matt Millar.

La mouche à fruits a commencé à causer des sueurs froides aux cultivateurs de petits fruits il y a cinq ans dans la province. L'insecte ne s'attaque pas qu'aux framboises, mais à toutes sortes de baies, comme les fraises, les abricots ou les canneberges.

Cette saison, l'invasion semble toutefois être la pire enregistrée jusqu'à présent.

« J'ai entendu des cultivateurs me dire que cette saison elles [les drosophiles à ailes tachetées] sont arrivées plus tôt cette année et que c'est tout un défi », explique Erica Plate, spécialiste des cultures fruitières du ministère de l'Agriculture de l'Ontario.

Un aperçu des cultures de framboises de la ferme Millar Berry, endommagées par la drosophile à ailes tachetées.

Un aperçu des cultures de framboises de la ferme Millar Berry, endommagées par la drosophile à aile tachetée.

Photo : Document remis par Matt Millar

Aucun remède et plus de travail

Il n'existe pas d'insecticide enregistré pour combattre la drosophile à ailes tachetées en Ontario. Le ministère donne en revanche quelques conseils, comme mettre d'autres pesticides viticoles pour garder autant que possible l'insecte éloigné des cultures ou raccourcir l'intervalle entre les cueillettes.

Chez Millar Berry Farms, on explique que tout ce travail en amont était exécuté, mais que cela n'a pas suffi à empêcher la venue de la mouche à fruits.

Après plus de 30 ans à travailler dans la culture des baies, la perte de celle-ci a laissé la famille de producteurs frustrée. Ils envisagent d'abandonner la culture de petits fruits, comme d'autres agriculteurs de la province l'ont déjà fait.

Un agriculteur dans un champ de bleuets.

Morris Gervais, propriétaire de la Ferme Barrie Hill, doit lutter contre la drosophile à ailes tachetées depuis quelques années.

Photo : Radio-Canada / Paul-André St-Onge

« Depuis les dernières sept, huit années, elle est venue, cette mouche et c'est vraiment un défi pour nous », explique Morris Gervais, propriétaire de la Ferme Barrie Hill, au nord de Toronto. Il se dit chanceux : jusqu'à présent cette mouche à fruit n'a que peu affecté ses cultures, du moins cette année.

Selon le directeur exécutif de l'Ontario pour l'Association Berry Growers, jusqu'à il y a quelques années, la culture de framboises était pourtant l'une des plus faciles à gérer.

Les spécialistes de la culture à travers l'Amérique du Nord demandent aux agriculteurs de les contacter dès les premiers signes de présence de la drosophile à ailes tachetées.

Vers une pénurie de framboises?

Les productions de framboises ont lieu deux fois dans l'année. Celle de Matt Millar est d'ores et déjà perdue pour la première récolte.

Il s'inquiète que le parasite soit encore là cet automne et détruise davantage de récoltes, ce qui pourrait augmenter les prix pour les consommateurs, selon lui.

D'autant qu'il n'est pas le seul à qui c'est arrivé. « D'autres producteurs publient sur notre page Facebook pour nous dire qu'ils connaissent le même problème », conclut-il.

Toronto

Agro-industrie