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Les hauts et les bas de l’égoportrait à l’ère du 150e anniversaire de la Confédération

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L’intérêt pour les égoportraits à Ottawa dans le cadre du 150e génère certaines irritations

L’intérêt pour les égoportraits à Ottawa dans le cadre du 150e génère certaines irritations

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les festivités entourant le 150e anniversaire de la Confédération canadienne à Ottawa mettent en évidence un phénomène social bien ancré : la culture de l'égoportrait. Cet engouement offre une visibilité hors pair à l'événement, mais il peut aussi devenir une source d'irritation.

Un texte de Catherine Lanthier

L’équipe d’Ottawa 2017 voulait cibler la génération du millénaire avec sa programmation, et elle estime avoir gagné son pari.

À preuve, plus de 40 000 clichés font référence au mot-clic #ottawa2017 seulement sur le réseau social Instagram.

À elles seules, les immenses lettres « Ottawa », installées au coeur du marché By uniquement pour se prendre en photo, connaissent un véritable succès, selon le directeur général de l’événement.

Des gens se font photographier devant des lettres géantes formant le mot OTTAWA.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des dizaines de personnes profitaient des installations du Village de l'inspiration du marché By, dimanche matin.

Photo : Radio-Canada

« Ici, on a accueilli jusqu’à maintenant environ 200 000 personnes », lance Guy Laflamme, tout sourire.

La popularité de ces lettres est telle qu’elles deviendront ensuite la propriété de la Ville d’Ottawa.

La Municipalité souhaite en effet les exposer en permanence à proximité de l’hôtel de ville, afin de continuer à faire rayonner la capitale canadienne.

Le tourisme en transformation

Près de 6000 personnes sont abonnées au compte Instagram de Pascal Routhier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Près de 6000 personnes sont abonnées au compte Instagram de Pascal Routhier.

Photo : Radio-Canada

Pascal Routhier compte parmi les jeunes photographes amateurs qui contribuent à faire connaître les attraits touristiques de la région.

Près de 6000 personnes sont abonnées à son compte Instagram.

J’essaie en fait de partager ma passion d’Ottawa aux gens qui me suivent.

Pascal Routhier, photographe amateur

Ces photos prises par les visiteurs constituent une véritable publicité pour Ottawa 2017, puisque les jeunes touristes sont nombreux à les partager sur les réseaux sociaux.

« On se doit d’épouser ces tendances sociales et d’utiliser ces opportunités pour accroître notre rayonnement à un coût qui est minime », explique M. Laflamme.

Un engouement parfois risqué

Une mosaïque de photos prises devant MosaïCanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plus de 40 000 clichés font référence au mot-clic #ottawa2017 seulement sur le réseau social Instagram

Photo : Instagram

À Gatineau, l’exposition MosaïCanada fait elle aussi un tabac sur les réseaux sociaux.

« Il y a énormément de photos qui circulent de MosaïCanada », s'enthousiasme la gestionnaire de projets de Gatineau 2017, Nathalie Brunette.

Mais la course aux clichés originaux devient parfois problématique…

En effet, quelques visiteurs « ont pris certaines libertés pour aller prendre des photos auprès des structures », relate Mme Brunette, qui appelle au respect de l’environnement et d’autrui.

Le constat est le même à Ottawa. Des agents de sécurité ont dû avertir des parents intrépides qui avaient posé leur enfant au sommet d’une lettre haute de plus de deux mètres pour prendre une photo.

« À l’occasion, on doit faire des interventions pour ramener les gens à la réalité », rapporte Guy Laflamme.

Aussi, de nombreux passants dans la cinquantaine et plus nous ont déclaré être gênés et incommodés par l’abondance des perches à égoportrait dans les lieux à vocation touristique.

Le lien social en évolution

Cette tendance préoccupe la professeure de sociologie à l’Université d’Ottawa, Diane Pacom.

« Il y a un espèce de fossé générationnel, ce qui fait que les parents ne connaissent pas le monde dans lequel leurs enfants vivent », explique-t-elle.

La notion de lien social, qui est à la base de la société pour nous les sociologues, est en train de changer.

Diane Pacom, professeure de sociologie, Université d’Ottawa

En effet, le lien social aujourd’hui se fait avec « une personne qui est très éloignée de toi, avec qui tu as plus de communication, qu’avec ceux qui sont autour de toi », explique Mme Pacom.

Mais il faudra s’y faire, selon elle.

« Le phénomène est installé et là pour rester. Cette idée d'être toujours le metteur en scène de nos propres vies. toujours à la remorque des vedettes », estime-t-elle.

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