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Marina Fontaine, nomade organisée, de Palmarolle au monde entier

Marina Fontaine dans le désert de Death Valley, aux États-Unis.

Marina Fontaine dans le désert de Death Valley, aux États-Unis.

Photo : Gracieuseté : Marina Fontaine

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Marina Fontaine a 26 ans. De l'Inde à l'Antarctique, elle voyage à travers le monde pour le travail, mais surtout pour faire un pied de nez au mode vie routinier qui s'impose parfois avec la vie adulte.

Une rencontre d'Angie Landry

Grande blonde tatouée, visage d'ange enjoué, elle se présente à notre rendez-vous, un grand Tim à la main, épuisée par les heures qui la séparent de son plus récent voyage en Inde, mais plus que ravie d'être enfin de retour dans son Abitibi natale pour quelques semaines. C'est son sourire qui la trahit.

La jeune femme native de Palmarolle, en Abitibi-Ouest, est photographe. Officiellement.

Officieusement, Marina Fontaine est une artiste, autant sur papier (photo) que dans l’âme; elle roule depuis quelques années sa bosse en tant que pigiste en photographie mais aussi en tant que propriétaire d'Emme Atelier, une petite entreprise de bijoux faits à la main... Et à la mémoire.

Quand on demande à l’Abitibienne ce que représente Palmarolle, elle répond : « C’est la vie! »

« Je n’ai pas eu de cercle d’amis proches avant le secondaire 3, avant d’arriver à la Polyno à La Sarre, admet Marina Fontaine. Moi mon trip, c’était de débarquer de l’autobus et d’aller jouer avec les vaches dans le champ! Palmarolle c’est tranquille. Ça sent la crotte et tout le monde se connaît », lance-t-elle le plus honnêtement du monde.

« Toute ma famille vient de là. Je viens d’une famille unie », soutient la jeune femme, avec fierté et nostalgie dans le bleu de ses yeux.

Marina FontaineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marina Fontaine

Photo : Gracieuseté : Marina Fontaine

Voyager pour se souvenir

Celle pour qui le voyage est devenu un mode de vie ne voyait pourtant aucun intérêt à investir ses avoirs dans de quelconques périples il y a six ans.

Le meilleur ami d’enfance de Marina Fontaine, un friand globe-trotter, partait jadis dans différentes contrées pour y voir du pays et parcourait la planète à l’aide de différents emplois un peu partout dans le monde.

Un jour, cet ami proposa à Marina Fontaine un voyage « pour commencer », un voyage peu fastidieux qui ne nécessite pas beaucoup de logistique.

Marina Fontaine et son meilleur ami ChristopheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marina Fontaine et son meilleur ami Christophe

Photo : Gracieuseté : Marina Fontaine

« Il voulait simplement aller à Niagara Falls et Toronto, et je me souviens, ça me faisait suer, raconte Marina. Ça ne me tentait pas, à ce moment, de mettre mon argent pour aller à Niagara Falls ou Toronto… Et lui me disait toujours « Envoye, on va le faire, tu vas voir tu vas triper », soutient-elle.

Le meilleur ami de Marina est décédé tragiquement le 4 juillet 2011.

Ça bouleverse, veut, veut pas. C’est arrivé la semaine avant notre départ. Et je me suis dit, ayoye, je suis en train de manquer une expérience de ma vie et je ne peux pas la vivre parce que je n’ai pas le guts d’y aller toute seule.

Marina Fontaine

Confrontée à cette épreuve, Marina Fontaine entreprend une grande réflexion sur son mode de vie. C'est ce qui la pousse à voyager plutôt que de construire une routine de vie stable et rangée.

Entrepreneuriat et voyage : un duo qui rapporte

La jeune femme part de façon ponctuelle en voyage. Tantôt des voyages d’affaires, tantôt des voyages personnels. Dans un cas comme dans l’autre, elle fouille toujours pour des opportunités d’entrepreneuriat, qui engendre, finalement, d’autres départs à l’étranger.

« Quand je pars en voyage c’est sûr que je pars avec ma caméra. Je pars avec le moins possible de choses dans mon sac à dos », dit-elle.

Marina Fontaine en IndeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marina Fontaine en Thaïlande

Photo : Gracieuseté : Marina Fontaine

J’essaie de rencontrer beaucoup de gens, des joailliers, par exemple, pour ramener des choses légales à rapporter parce que c’est pour mon entreprise. Ce n’est pas juste pour le trip de mettre ça sur mon étagère.

Marina Fontaine

Selon ses dires, Marina Fontaine voyage intelligemment et ce serait la clé de son mode de vie.

« Quand j’étais dans l’Himalaya, j’ai jasé près de deux heures avec des petits cocos qui vont dans les grottes et qui ramassent du cristal. Ils mettent ça ensuite dans leur boutique. C’est en prenant le temps de parler avec eux, de comprendre leur mode de vie qu’au final ils finissent par te partager ces bouts de roches, des matériaux, des tissus, etc. », raconte-t-elle.

100% des produits fabriqués par Marina Fontaine, pour son entreprise, sont fabriqués à partir de souvenirs ramenés de ses périples autour du monde.

Dans Monument Valley, en Arizona avec une jeune femme  peuple Navajo.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marina Fontaine dans Monument Valley, en Arizona, avec une jeune femme peuple Navajo.

Photo : Gracieuseté : Marina Fontaine

Selon elle, la valeur de ce qu’elle offre se situe davantage au niveau des souvenirs rattachés aux pièces qu’elle offrent à ses acheteurs, au partage d’histoires qui sont collés à la confection.

De Palmarolle… au monde entier

« J’ai fait la côte Ouest des États-Unis, du Texas jusqu’en Californie en passant par l’Utah, le Nevada, etc. Je suis allée en Grèce, j’ai fait le Costa Rica, la Thaïlande, l’Inde, le Portugal, et là-dessus, je pense que j’en oublie au moins trois ou quatre! », ricane Marina.

Point de vue de la Grèce sur le bord d'une falaise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marina Fontaine est aussi allée en Grèce lors de ses nombreux périples.

Photo : Gracieuseté : Marina Fontaine

Mais par-dessus le marché, celle qui souhaite mettre à profit son amour des paysages en photo réalisera un rêve en 2018, celui de fouler le sol de l'Antarctique.

Celle qui parle du pôle sud avec les étoiles dans les yeux demeure toutefois terre à terre, sachant que son mode de vie ne dépend pas que de sa motivation à vouloir découvrir le monde. « J’ai des engagements pour le travail, et j’ai un salaire moyen. Je pouvais pas m’imaginer le faire en disant que ça se peut si on le veut », dit-elle, malgré la facilité d’accès à l’immensité du monde entier avec les réseaux sociaux et les blogueurs-voyages qui vendent, parfois à tort, du rêve en canne.

Ce sont plutôt ses contrats photos qui lui dictent un horaire, en plus de lui offrir, inévitablement, un salaire.

Au fil du temps, j’ai compris que je voulais que ce soit un mode de vie. Pas juste des voyages. Je voulais voir ce qui était sur les cartes postales, je voulais le voir de mes yeux. Et souvent.

Marina Fontaine

À l’inverse des premiers objectifs de sa vie d’adulte, Marina Fontaine décide de prendre le virage d’une vie sans attaches, en n’ayant qu’un seul but : être heureuse.

Être heureuse émotivement, mais rationnellement du même coup.


Vous connaissez quelqu'un de la région qui laisse sa marque régionale à l'international ? Écrivez-nous : angie.landry@radio-canada.ca

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