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Une détenue transgenre obtient son transfert dans une prison pour femmes

Fallon Aubee, une détenue transgenre

Fallon Aubee, une détenue transgenre qui purge une peine de prison à perpétuité.

Photo : Photo soumise

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour la première fois, le Service correctionnel du Canada a approuvé le transfert d'une détenue transgenre vers une prison pour femmes, en se fondant sur l'identité de genre plutôt que sur les organes génitaux. Fallon Aubee, qui était incarcérée dans un pénitencier pour hommes, affirme avoir subi des railleries, des menaces et des violences corporelles.

Mme Aubee, qui purge une peine d’emprisonnement à Mission, en Colombie-Britannique, a indiqué à CBC que sa demande de transfert vers un établissement carcéral pour femmes a été approuvée et qu’elle sera transférée dans une prison pour femmes de la vallée du Fraser mardi. « C'est un euphémisme que de dire que je suis très contente », a-t-elle affirmé.

C’est le premier ministre Justin Trudeau qui a lancé la nouvelle politique d’accommodement en janvier lors d’une réunion communautaire à Kingston, en Ontario, durant laquelle il a promis de promouvoir l’égalité pour tous les Canadiens transgenres, y compris ceux qui purgent une peine de prison.

Nous devons veiller à défendre la dignité et les droits de chacun dans tous les sens possibles.

Justin Trudeau, le 12 janvier 2017 lors d’une réunion communautaire à Kingston, en Ontario

La politique intérimaire permet au Service correctionnel du Canada d'étudier les demandes de transfert et d’accommodement au cas par cas, en pouvant se fonder notamment sur l'identité de genre.

Il s'agit d'un changement par rapport à l’ancienne politique qui décidait du placement en fonction des organes génitaux. Selon ce règlement, les détenus n’avaient droit aux transferts qu’après une intervention chirurgicale de réattribution sexuelle.

Fallon Aubee a été reconnue coupable de meurtre au premier degré en 2003. Elle raconte que, lorsqu'elle a été détenue dans un premier temps de manière préventive à la prison pour hommes, elle a été placée en isolement pendant six mois après avoir averti les autorités qu’elle était transgenre.

Mme Aubee dit avoir subi de la discrimination de la part des autres détenus et du personnel, qui manquait de formation `à propos des besoins des personnes transgenres.

Si ces changements interviennent au niveau fédéral, ils ont eu lieu plus tôt à l'échelle provinciale.

L’année dernière, l’Ontario est devenu la première autorité au Canada à permettre aux personnes incarcérées de purger leur peine dans des établissements choisis en fonction de leur identité de genre, et de se faire appeler de la manière qu'elles souhaitent. La Colombie-Britannique est la deuxième province à permettre les placements fondés sur l’identité du genre.

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