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Le rapport d’un coroner révèle les blessures infligées à un détenu mort en isolement

Photo de Soleiman Faqiri

La victime, Soleiman Faqiri

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La famille de Soleiman Faqiri est choquée des constats faits dans un rapport du coroner de l'Ontario qui dévoile les blessures qui lui ont été infligées durant les dernières minutes de sa vie. L'homme de 30 ans souffrait de schizophrénie.

Le rapport du coroner, rendu public le 11 juillet, indique que Soleiman Faqiri a été aspergé au poivre de Cayenne et enchaîné. Plus de 50 blessures causées par un traumatisme de force brutale ont aussi été identifiées.

Le coroner dresse la liste de plusieurs ecchymoses, des éraflures, des marques de ligotage sur ses chevilles et poignets et un faible élargissement du coeur. La cause du décès demeure toutefois indéterminée.

Soleiman Faqiri est mort le 15 décembre dernier alors qu'il était en isolement cellulaire au Centre correctionnel du Centre-Est, à Lindsay. Son décès est survenu 10 jours après le début de son incarcération.

Selon son avocat, il était en attente d’une place dans un centre de santé mentale. Il avait été arrêté le 4 décembre pour voies de fait graves et menaces de mort.

Nous avons ressenti beaucoup de douleur et d’agonie alors que nous lisions le rapport. Les larmes n’arrêtaient pas de couler alors que nous apprenions ce qui est arrivé à notre cher Soleiman.

Une citation de : Yusuf Faqiri, frère de Soleiman Faqiri

Le rapport indique que les blessures physiques ont été causées par un traumatisme de force brutale, mais n’était pas suffisamment grave pour causer la mort du détenu. Toutefois, le coroner précise qu'il ne peut exclure l'asphyxie ou l’arythmie cardiaque comme possibles causes de décès.

L'arythmie, selon le rapport, aurait pu être déclenchée par la combinaison d'une lutte physique, d'une agitation émotionnelle, d'une douleur et de la présence d'un médicament antipsychotique, l'olanzapine, dans son système.

Le déroulement des événements

Selon le rapport, le détenu avait été placé en isolement cellulaire, car il présentait des problèmes de comportement. Le 15 décembre, vers 13 h 15, Soleiman Faqiri a été conduit aux douches, où il est demeuré pendant près de deux heures. Il refusait de sortir et lançait de l’eau et des bouteilles de shampoing aux gardes de sécurité.

Les images de vidéosurveillance montrent le détenu en train de résister, alors que les gardes de sécurité tentaient de l’escorter. Aucune image n'a capté ce qui s’est produit à l’intérieur de sa cellule, mais le rapport cite que Soleiman Faqiri a été aspergé à deux reprises au poivre de Cayenne et que les gardes lui criaient d’arrêter de résister.

Le Centre correctionnel du Centre-Est, à LindsayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Centre correctionnel du Centre-Est, à Lindsay

Photo : Google Streetview

Quelques minutes plus tard, un code bleu a été décrété. Cela signifie que les gardes de sécurité sont en difficulté, ou qu’un détenu se débat ou est agressif. D’autres gardes sont pénétrés à l’intérieur de la cellule. Le rapport cite que plusieurs d’entre eux ont décrit avoir été épuisés physiquement, après avoir tenté de maîtriser Soleiman Faqiri.

Un masque anti-crachat a été placé sur sa tête et il a été menotté aux pieds. Ses bras ont ensuite été menottés derrière son dos et les gardes ont quitté sa cellule. Peu de temps après, Soleiman Faqiri a cessé de bouger et il ne respirait plus. Son décès a été constaté à 15 h 45.

Une possible enquête à venir

Il est fort probable qu’une enquête soit déclenchée pour éclaircir les circonstances entourant la mort du détenu, indique le rapport du coroner.

Le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels n'était pas immédiatement disponible jeudi pour commenter les informations rendues publiques.

En entrevue à CBC en décembre, un porte-parole du ministère, Andrew Morrison, avait souligné que le cas de Soleiman Faqiri faisait l’objet d’une enquête policière, mais que si le rapport du coroner déterminait que la mort n’était pas naturelle, une enquête obligatoire serait menée.

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