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Un Canadien dirigeait un marché noir sur le web démantelé par la police

Le Trifluvien Alexandre Cazes

Le Trifluvien Alexandre Cazes

Photo : Facebook

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le département américain de la Justice annonce avoir démantelé la plateforme Internet AlphaBay, où se vendaient en secret des armes, de la drogue et des substances chimiques dangereuses. Le Trifluvien Alexandre Cazes était considéré comme le créateur et l'administrateur de ce site lucratif.

L’homme de 26 ans a été retrouvé mort dans sa cellule, le 12 juillet dernier, en Thaïlande. Il avait été arrêté une semaine plus tôt par la police locale, à la demande du FBI, relativement à des accusations de trafic de drogue et d’activités illégales sur le web profond. Le programmeur informatique, qui devait être extradé vers les États-Unis, se serait pendu avec sa serviette, selon la police thaïlandaise.

« Il avait mis sur pied cette plateforme, avait l’autorité absolue sur les employés, les vendeurs. C’était le projet d’un homme : Alexandre Cazes », explique Vincent Larouche, journaliste spécialisé en affaires criminelles du quotidien La Presse.

« Derrière une apparence de consultant et de travailleur en informatique légitime, il dirigeait une entreprise planétaire et multimillionnaire dont le chiffre d’affaires a atteint un milliard selon les autorités, ajoute le journaliste. Tout ça, derrière un pseudonyme. »

Le site de vente illégale était d’une redoutable efficacité, selon M. Larouche. « Une des forces d’AlphaBay, c’était l’organisation du côté commercial. Les vendeurs étaient cotés par les usagers, qui pouvaient avoir une idée à qui ils avaient affaire. Un système permettait de geler l’argent jusqu’à ce qu’on reçoive les produits, pour éviter la fraude. Il y avait aussi des modérateurs pour résoudre les conflits entre vendeurs et acheteurs. »

Masarah Paquet-Clouston

Masarah Paquet-Clouston, chercheuse en cybersécurité à Go Secure

Photo : Radio-Canada

Pour Masarah Paquet-Clouston, chercheuse en cybersécurité à Go Secure, AlphaBay a profité d'un contexte favorable en récupérant le fond de commerce d'autres sites fermés. « Alpha Bay a été là au bon moment. Au moment ou d’autres sites comme Silk Road 2 et Evolution ont fermé. C’était une bonne plateforme, c’était facilement utilisable, donc plusieurs utilisateurs ont seulement été vers ce marché-là. »

Le jour de l'arrestation de Cazes, le site AlphaBay a arrêté de fonctionner, mais les deux événements n'ont pas été officiellement reliés. Les utilisateurs se sont alors dirigés vers un autre site, Hansa, dont la police néerlandaise avait pris le contrôle en juin, permettant aux enquêteurs d'identifier les vendeurs et les acheteurs. La police a mis hors service le site Hansa en juillet et a arrêté au moins deux personnes en Allemagne.

« La police s’est coordonnée, entre le FBI, Interpol, Europol et la police néerlandaise. Ils n’ont pas annoncé la fermeture d’AlphaBay immédiatement. Ils ont attendu que tout le monde aille sur Hansa pour ramasser beaucoup d’informations et faire vraiment mal à l’écosystème », explique Masarah Paquet-Clouston, chercheuse en cybersécurité à Go Secure.

« Nous avons les moyens d'identifier les criminels et de répliquer, même dans les secteurs du dark Web. D'autres opérations de ce genre vont avoir lieu », a assuré le directeur d’Europol, Rob Wainwright.

Message du département de la Justice des États-Unis qui s'affiche désormais sur la page d'AlphaBay.
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Message du département de la Justice des États-Unis qui s'affiche désormais sur la page d'AlphaBay.

Photo : Reuters / Departement de la Justice des États-Unis

Des dizaines de milliers de vendeurs pour des centaines de milliers de clients

AlphaBay était le plus gros supermarché de la drogue sur le web profond (dark Web), selon Washington. Plus de 250 000 types de drogues et de produits chimiques illégaux y étaient vendus au plus offrant, d’après des données compilées par l'agence de police européenne Europol.

Sur ce site logé dans la partie obscure d’Internet, c’est-à-dire là où les moteurs de recherche traditionnels ne peuvent pas les détecter, plus de 40 000 vendeurs et plus de 200 000 acheteurs procédaient à des transactions régulières d’armes et de drogues, notamment de dangereux opioïdes, tel le fentanyl, qui ont contribué à la recrudescence de leur consommation aux États-Unis, selon le procureur général des États-Unis, Jeff Sessions.

D’après le directeur du FBI par intérim, Andrew McCabe, AlphaBay était 10 fois plus important que Silk Road, un autre site du web profond fermé par le FBI en 2013.

Selon Jeff Sessions, beaucoup de jeunes Américains ont été tués par des drogues toxiques achetées sur AlphaBay.

Il est facile de trouver du fentanyl sur le web invisible.
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Il est facile de trouver du fentanyl sur le web invisible.

Photo : Radio-Canada

S’adressant, lors d’un point de presse, à celles et ceux qui seraient tentés de cacher leurs activités illégales sur le web profond, Jeff Sessions a déclaré que « le dark net n’est plus un endroit où les criminels peuvent s’embusquer ».

Le démantèlement d’AlphaBay est l’aboutissement d’une longue enquête internationale à laquelle ont participé le FBI, la DEA, les polices néerlandaise, française, britannique, canadienne, lituanienne et thaïlandaise, qui ont réalisé plusieurs arrestations, dont celle d’Alexandre Cazes.

Avec les informations de BBC, Reuters, et Agence France-Presse

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